Chère lectrice, cher lecteur,
Cette semaine, dans les sections Culture et Lifestyle, nos récits oscillent, comme la vie, entre légèreté et gravité. Abdel Hamid Baalbaki, auquel le Musée Sursock consacre une belle rétrospective, raconte à travers ses toiles les douleurs et les espoirs de son Sud natal. Son art, sans fard, parle d’humanité, de silences brisés, de vies suspendues. On y lit une mélancolie, mais aussi une étrange beauté, comme un soleil qui perce après l’orage.
Alexandre Boldachev, musicien échappé de Russie, traverse les frontières avec sa harpe pour seul bagage. Lors d’une escale au festival al-Bustan, il raconte l’exil, la solitude, mais aussi cette liberté qu’on arrache à force de courage.
Quant à Tiny Tim, l’artiste excentrique des années 60 à 90, icône de la contre-culture américaine, on lui découvre des racines libanaises et il ajoute une touche de folie à ce tableau.
Guillaume Gallienne, dans un témoignage sans détour, parle de son combat contre l’homophobie et la dépression. Ses mots, simples et vrais, touchent droit au cœur. On y sent la fragilité, mais aussi cette force qui pousse à se relever, à continuer.
Enfin, la collaboration entre la Beirut Dance Company et l’Opéra de Paris, au théâtre al-Madina, offre une parenthèse enchantée. Les danseurs, légers et puissants, dessinent dans l’air des histoires sans mots. On y voit des corps qui parlent, qui vibrent, qui transcendent et qui s’envolent vers d’autres cieux. Comme cet objet de design intitulé « Saj Voyage » qui fait le bonheur des expats nostalgiques des galettes levantines au zaatar.
Ces récits, comme des fragments de vie, se croisent et se répondent. En apesanteur.
Bonne lecture !
Maya Ghandour Hert
Cheffe du service culturel
OLJ /
le 12 mars 2025 à 15h45