Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, lors d’un discours prononcé en octobre. Capture d’écran.
Dire la chose et son contraire. Voilà en une phrase le résumé des propos tenus dimanche soir par le nouveau leader du Hezbollah. « Nous entrons dans une nouvelle phase, sans aucun doute. Mais cette phase ne signifie pas un changement de principes, seulement une évolution des méthodes », a lancé Naïm Kassem, le secrétaire général du parti, lors du premier entretien depuis sa prise de fonction le 29 octobre dernier, accordé à la chaîne du Hezbollah al-Manar. « Nous voulons bâtir un État juste et efficace, capable de répondre aux besoins du peuple. Notre engagement dans les élections législatives, notre participation au gouvernement, aux élections municipales, visent à représenter le peuple », a-t-il poursuivi. Dans la continuité de son discours prononcé lors des funérailles populaires de son prédécesseur Hassan Nasrallah le 23 février, Naïm Kassem a continué à poser les jalons du Hezbollah politique, insistant notamment sur le rôle des autorités libanaises dans la lutte contre l’occupation israélienne et au niveau de la reconstruction. Il a appelé « ceux qui ne sont pas réalistes (à) remettre les pieds sur terre ».
« Qu’ils nous montrent qu’ils sont capables ! » L’étonnement a alors semblé gagner la présentatrice Manar Sabbagh : « Permettez-moi de préciser une idée. Certains pourraient comprendre vos propos (...) comme si vous prépariez l’abandon du côté militaire et de vos armes, pour vous concentrer uniquement sur l’action politique ». Naïm Kassem a alors répondu que le Hezbollah entre « dans une nouvelle phase, sans aucun doute », sans que celle-ci ne « signifie un changement de principes, seulement une évolution des méthodes ». S’il a dit soutenir le principe du « monopole des armes » aux mains de l’État, il a affirmé que cela concernait uniquement le désarmement des « milices, et non pas de la résistance ».
Toutefois, Naïm Kassem a indiqué que le Hezbollah ne répondra « pas systématiquement à chaque frappe israélienne comme nous le faisions auparavant ». « Tout ce que je veux dire aux gens, c’est : attendez un peu, soyez patients avec nous (…) dans ce moment précis, nous devons patienter un peu pour voir où mènera l’accord » a insisté le secrétaire général du parti. « Si l’on nous dit que l’État suffira à faire face à l’ennemi israélien, qu’ils nous montrent ce qu’ils sont capables de faire contre lui ! Nous n’avons aucun problème à ce qu’ils prennent en charge cette mission » a-t-il encore déclaré.
Le secrétaire général du Hezbollah a également réagi à des propos de Joe Raggi, ministre des Affaires étrangères proche des Forces libanaises, qui a estimé il y a quelques jours que le maintien des armes du parti chiite « donne à Israël un prétexte pour frapper le Liban ». Le cheikh a retourné l’accusation, estimant que c’est le chef de la diplomatie qui « donne à Israël des prétextes », en affirmant que certains Libanais justifient ses agressions. Le numéro un du parti chiite a également reproché à M. Raggi de ne pas condamner l’occupation israélienne, qualifiant ses déclarations d’ « inadmissibles » pour un responsable gouvernemental, et encore plus pour un chef de la diplomatie.
Réagissant à son tour lundi matin, dans un communiqué publié sur son site, le parti de Samir Geagea a estimé que ce sont « ceux qui s’accrochent à leurs armes » qui fournissent à Israël « des prétextes pour ne pas respecter intégralement les accords de cessez-le-feu ». Le parti chrétien a de nouveau reproché au Hezbollah d’avoir ouvert lui-même son front de soutien à Gaza et entraîné le Liban dans une guerre totale avec l’État hébreu et de s’être de ce fait arrogé le pouvoir de décider de la guerre et de la paix, empiétant ainsi sur les prérogatives de l’État.
Naïm Kassem a toutefois appelé à l’unité nationale lors de son interview. « Maintenant, nous voulons construire ensemble notre pays, nous voulons qu’il soit fort, nous voulons reconstruire ce que l’ennemi israélien a détruit, nous voulons résoudre la crise économique et sociale, restaurer l’intégrité du système judiciaire, restituer l’argent des déposants, combattre la corruption. Ce sont tous des axes sur lesquels nous voulons travailler », a-t-il assuré. Dans ce cadre, Kassem a expliqué qu’il incombe à l’État de financer la reconstruction des zones détruites par la guerre contre Israël. Face à l’étonnement de la présentatrice sur cette « nouvelle approche », le dignitaire chiite a expliqué que son parti « viendrait en aide à l’État, au besoin ». Il a également indiqué que les réformes ne devaient pas être une précondition à la reconstruction. Lundi, le président de la République a implicitement répondu au chef du Hezbollah, affirmant devant ses visiteurs que « les réformes sont une demande nationale ».
Brèches sécuritaires au sein du Hezbollah
Interrogé par la journaliste d’al-Manar sur les déclarations du président de la République qui, devant une délégation iranienne, a affirmé que le Liban « est fatigué de la guerre des autres sur son territoire », Naïm Kassem a rejeté ces propos. « Notre guerre n’est pas celle des autres, a-t-il martelé. Ceux qui sont morts sont Libanais, ceux qui ont été bombardés sont Libanais et notre cause est la libération du territoire libanais. » Concernant l’accord de cessez-le-feu qu’Israël ne cesse de violer, il a affirmé que son parti n’a « pas négocié en position de faiblesse, mais nous ne voulions pas de cette guerre. (…) Ainsi, lorsque l’ennemi israélien a proposé un cessez-le-feu dans le cadre de la résolution 1701 (du Conseil de sécurité de l’ONU, NDLR), nous n’avons pas eu d’objection ». Dans ce cadre le secrétaire général du Hezbollah s’en est pris au général américain Jasper Jeffers, à la tête du comité de surveillance du cessez-le-feu. « Le problème, c’est que le président du comité de supervision est « le voleur qui joue au gardien ».
Emboîtant le pas à l’ancien député de Tyr Nawaf Mouassoui, Naïm Kassem a reconnu « des brèches sécuritaires et certaines failles » au sein du parti pendant la guerre, ainsi que l’établissement d’une enquête pour en « analyser les causes ». Il s’est notamment longuement attardé sur les « dix jours extrêmement difficiles, de chaos » entre l’assassinat de Hassan Nasrallah le 27 septembre et son deuxième discours après l’élimination de son prédécesseur, le 8 octobre : « Le commandement a été visé, les centres de commandement détruits, les communications interrompues, et plusieurs cadres sont tombés en martyrs » a-t-il ainsi confié. Jeudi soir, le Hezbollah avait publié une vidéo de quatre minutes rendant hommage à des dizaines de cadres du parti tués par Israël.Interrogé enfin sur les événements en cours en Syrie, où le Hezbollah a combattu aux côtés du régime Assad pendant la guerre civile syrienne, Naïm Kassem a expliqué que le « tableau » était encore « flou » : « Je ne peux pas dire si la Syrie va réussir à se stabiliser ou sombrer dans le chaos. Nous espérons qu’elle retrouvera sa stabilité, que ses différentes forces parviendront à s’entendre et à construire un État fort. »



Trump juge « totalement inacceptable » la réponse de l'Iran pour mettre fin à la guerre
Suivre un nul de cette trempe c'est franchement perdre son temps. Toute son allocution ne nous a prouvé qu'une seule chose, il tergiverse pour limiter autant que possible les dégâts. Il espère ainsi parvenir a garder les municipalité qu'il spoliait et l’année prochaine, autant que possible, la rue chiite. Cette fois il sont bel et bien fini ! Il auront difficilement plus de 5 députés car la reconstruction n'aura pas lieu s'il ne remet pas ses armes a l’état. Il peut menacer, geindre, pleurer ou faire des caprices, il rendra ses armes, toutes ces armes ou il partiront !
13 h 09, le 11 mars 2025