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Société - Francophonie

Des écoliers du Liban s'essaient à l'écriture journalistique avec l'Institut français et « L'Orient-Le Jour »

Âgés de 14 à 16 ans, 84 élèves d'établissements privés francophones à programme libanais ont rédigé 27 portraits de personnalités issues de leurs régions. Leurs rédactions font l'objet d'une exposition qui démarrera le 14 mars, à l'ALBA.

Des écoliers du Liban s'essaient à l'écriture journalistique avec l'Institut français et « L'Orient-Le Jour »

Un cours sur l'écriture du portrait journalistique à l'Institut français du Liban, à Jounieh. Photo Yomkom

Âgés de 14 à 16 ans, 84 élèves scolarisés dans 28 établissements francophones privés à programme libanais se sont mis dans la peau d’un journaliste le temps d’un article, avec pour consigne de brosser en français le portrait d’une personne ayant développé une initiative citoyenne dans leur région. L’occasion pour ces élèves de toutes les régions du pays de manier la langue française qu’ils ont peu l’occasion de pratiquer en dehors de leur établissement scolaire, de faire preuve d’audace et de créativité et de montrer que même en pleine crise, que le Liban traverse depuis 2019, des citoyens font avancer les choses de leur propre chef.

« Plumes engagées, la jeunesse libanaise s’exprime ! » est l'intitulé de ce projet réalisé par l’Institut français du Liban (IFL), en partenariat avec la plateforme médiatique pour adolescents Yomkom, l’Académie libanaise des beaux-arts (ALBA) et L’Orient-Le Jour, ainsi qu'avec le financement de ALAM (Association Liban avenir meilleur), et du groupe de réflexion Change Lebanon. En tout, ces groupes d'élèves ont rédigé 27 portraits, tous publiés sur Yomkom, assortis d’illustrations et de photos d’étudiants de l’ALBA. Les participants ont d'abord été formés aux techniques d’écriture du portrait journalistique par six journalistes de L’OLJ. Puis, après avoir préparé leurs interviews, les élèves se sont lancés, forts du soutien de leurs professeurs de français et de l’encadrement des journalistes, malgré la peur de mal faire, les difficultés liées à la langue et la nouveauté de la tâche.

Trois portraits publiés par « L'OLJ »

« Au départ, j’avais peur d’écrire en français. Je pensais que la difficulté était insurmontable. En tant qu’élève du bac libanais, je n’avais jamais eu l’occasion d’un tel défi hors de l'école. Au final, c’était une belle expérience pour mes camarades et moi. Nous continuons d’écrire aujourd’hui pour Yomkom », raconte Sarah Salloum, qui était en classe de seconde à l’école Notre-Dame des Apôtres de Qabb Élias, dans la Békaa, lors du déroulement du projet durant l’année scolaire 2023-2024. « Je me suis éclatée ! Et pourtant, je me suis demandée à plusieurs reprises si je saurai comment faire », résume Julia Idriss, élève du lycée as-Safir de Ghaziyé, au Liban-Sud.

« J’étais stressé avant l’interview de Nizar Hani, directeur de la réserve des cèdres du Chouf, dont nous devions faire le portrait. Il est tellement connu dans notre région vu son engagement pour la protection de l’environnement ! Mais ça s’est très bien passé. La seule grosse difficulté a été de traduire ses propos de l’arabe au français », souligne Adam Kerbaj, élève de l’école al-Marj de Baakline, dans le Chouf. Nizar Hani est aujourd’hui ministre de l’Agriculture dans le gouvernement de Nawaf Salam.

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« L’initiative de l’IFL avait pour but de pousser la jeunesse libanaise à s’exprimer » et à faire narration de sa réalité, explique à L’OLJ Ludovic Zmitrowicz, attaché de coopération pour le français. Les 28 établissements scolaires ont été sélectionnés dans le cadre de leur coopération avec l’institut, « à raison de 5 établissements par région (Jounieh, Tripoli, Akkar, Zghorta, Koura, Minieh, Baalbeck, Qabb Élias, Zahlé, Rayak, Chouf, Baabda, Saïda, Tyr et Nabatiyé) et 3 à Beyrouth », détaille-t-il. « Ce projet a été proposé aux établissements de cursus libanais francophone, labellisés LFE ou CELF », précise Alexandre Khouri, directeur délégué de l’IFL, antenne de Jounié. « Des établissements que l’IFL a à cœur de soutenir pour dynamiser la francophonie et stimuler les élèves », ajoute-t-il.

L’OLJ a choisi de publier trois portraits : ceux de Nizar Hani, d’Amal Chebli et de Dina Sidani. Tous ont été sélectionnés à la fin de l'été dernier, avant l’opération militaire israélienne de grande ampleur au Liban-Sud et dans la Békaa, le lundi 23 septembre 2023, et la guerre à grande échelle entre le Hezbollah et l’État hébreu qui a suivi jusqu’au 27 novembre 2024.

Dans le cadre du mois de la francophonie, les portraits écrits et photographiés seront exposés à l’ALBA, dès le 14 mars, date du vernissage qui débutera à 15h30 en présence de l'ambassadeur de France, Hervé Magro. L’exposition devait initialement se dérouler au mois de novembre 2024, à l’issue du Sommet de la francophonie qui s’est déroulé en France les 4 et 5 octobre 2024, mais les circonstances au Liban en ont décidé autrement. L’événement, qui est ouvert au grand public, entend bien susciter des vocations.

Âgés de 14 à 16 ans, 84 élèves scolarisés dans 28 établissements francophones privés à programme libanais se sont mis dans la peau d’un journaliste le temps d’un article, avec pour consigne de brosser en français le portrait d’une personne ayant développé une initiative citoyenne dans leur région. L’occasion pour ces élèves de toutes les régions du pays de manier la langue française qu’ils ont peu l’occasion de pratiquer en dehors de leur établissement scolaire, de faire preuve d’audace et de créativité et de montrer que même en pleine crise, que le Liban traverse depuis 2019, des citoyens font avancer les choses de leur propre chef.« Plumes engagées, la jeunesse libanaise s’exprime ! » est l'intitulé de ce projet réalisé par l’Institut français du Liban (IFL), en partenariat avec la...
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