La directrice de l’Institut français du Liban et conseillère de coopération et d’action culturelle Sabine Sciortino, le conseiller presse de la chancellerie Marwan el-Tibi et la directrice adjointe de l’IFL Marion Eynard. Photo L'OLJ
« Le recul du français n’est pas une fatalité ». Ces quelques mots de la directrice de l’Institut français du Liban (IFL) et conseillère de coopération et d’action culturelle Sabine Sciortino résument à eux seuls l’état de l’usage de la langue française. En même temps, ils relèvent le dynamisme de l’action francophone au sein de l’IFL à l’orée du mois de mars, consacré à la francophonie. Certes on n’entend plus beaucoup parler français dans la rue, mais il ne s’agit pas ici de sonner le tocsin. La francophonie, c’est avant tout une culture et des valeurs particulières. Et c’est dans le cadre d’un échange informel organisé par l’IFL que les activités du mois de la francophonie ont été dévoilées, tout comme les efforts éducatifs qui sont déployés pour maintenir et renforcer la francophonie au Liban– les deux axes opérant dans le cadre d’une transversalité essentielle. Il ne s’agit pas d’opposer des langues voire des cultures mais de mettre en exergue la plus-value de cette langue et le point d’entrée qu’elle représente dans l’employabilité par exemple, ou dans son ouverture sur d’autres continents et de nombreuses autres fonctions.
Le plus grand réseau d’établissements homologués
Il convient de rappeler que le Liban recense le plus grand réseau d’établissements homologués dans le monde, avec 62 000 élèves. Plus globalement, le français est la 5e langue la plus parlée dans le monde avec quelque 321 millions de francophones. C’est aussi la langue officielle de 32 États et gouvernements et, dernier aspect et pas des moindres, la 4e langue sur internet.
Le conseiller presse de la chancellerie Marwan el-Tibi a ouvert la séance en insistant sur la nécessité d’entendre le son de cloche des différents interlocuteurs présents concernant les moyens de développer cette francophonie avec l'ensemble des acteurs avant que Sabine Sciortino ne revienne sur le sujet de la francophonie plus globalement, une œuvre de tous les jours de l’année. La directrice de l’IFL a souligné la singularité de la francophonie au Liban qui, contrairement à d'autres pays, « n’est pas une histoire coloniale ». Pour rappel, la langue française a été véhiculée dans le pays avec des congrégations religieuses, d’où son ancrage profond dans l’identité libanaise et le rôle du Liban qui participe au rayonnement de la francophonie à l’international. Sabine Sciortino admet, à regret, que la francophonie et la qualité du français au Liban sont en recul. Avec une nuance, puisque ce recul s’opère de manière inégale en fonction des régions. Le départ des enseignants à cause de la crise, l’accessibilité plus coûteuse à la langue française et la perception du français considéré comme moins porteur face à l’anglais sur le marché du travail sont trois défis sur lesquels l’IFL se concentre.
La culture pôle central
En ce mois de la francophonie, la culture reste évidemment à l’honneur. Mars sera jalonné d'événements phares comme la grande finale du concours défi d’écriture/lecture à voix haute « Mon Liban à moi », les séances de cinéma francophone – mais pas que – avec des débats, comme l’a expliqué la directrice adjointe de l’IFL Marion Eynard, le « Quart d’heure de lecture national », l’exposition « Jeunes plumes engagées » qui, comme son nom l’indique, implique les jeunes, la remise du prix lycéen de la traduction francophone 2025 et la table ronde « Interprète au plus haut sommet de l’État », l’exposition « Mais fichez-nous la paix – L’humour, l’amour la guerre, la paix » de Serge Bloch et Chaker Bou Abdallah tout comme l’exposition « Océans et mers plastifiés » pour ne citer que ceux-là. Une multiplicité d'événements qui attestent d'une vigueur soutenue de la francophonie au pays du Cèdre.
Le français langue d’employabilité
La promotion du français comme une langue d’employabilité constituera un temps fort de la programmation éducative de ce mois qui planchera sérieusement sur la perception de cette langue qui a la réputation d’être très difficile. C'est ce qui explique l’avènement d’un bac français international, le BIF, qui « repose sur une base de programme français mais qui favorise le plurilinguisme », précise Isabelle Picault, conseillère adjointe de coopération et d’action culturelle. Le français ne se pratique d'ailleurs pas qu'à l'école. Un coopérant francophonie travaille par exemple avec l’armée libanaise, comme une lame de fond à des fins stratégiques, notamment au niveau de l’interopérabilité entre les forces armées françaises et libanaises, étant donné l’importance d’un vocabulaire militaire très spécifique dans des exercices tactiques conjoints.
L'attaché de coopération pour le français, Ludovic Zmitrowicz, a pour sa part mis en exergue les actions de son service pour labelliser la qualité du français. Il a par ailleurs évoqué la formation de jeunes sélectionnés dans tout le Liban par des journalistes de L’OLJ. Ces élèves ont choisi 27 portraits visant à mettre en relief des personnalités libanaises engagées pour la liberté d’expression et la citoyenneté, qui font l’objet d’une exposition. Un programme dense, pour une francophonie plus vivante que jamais et loin de s’éteindre.
Toute la programmation du mois de la francophonie est à retrouver sur le site de l’IFL : institutfrancais-liban.com



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Suite... Films psuchologiques ou compris par des gens vivant en europe seulement.Il faut proposer les films "comiques" ( ca marche auprès des libanais), marrants,lire des BD déjà et non des bouquins ennuyeux. Il faut encourager les programmes de jeux en langue FR et pq pas, recréer une chaine TV au liban, pour les libanais en langue FR? Comme les EX-canal 9 ou la C33? Encourager les pièces de théatre en langue FR ( et là aussi : pas les monologues ennuyeux mais des vaudevilles: Le libanais a besoin de rire aujourd'hui.Puis c son caractère joyeux (et pas comme en Fr). Faut investir activement.
11 h 26, le 27 février 2025