Chère lectrice, cher lecteur,
De Berlin à Beyrouth, le cinéma arabe ne se contente pas d’exister : il s’impose, il bouscule, il raconte. L’acteur, dramaturge et réalisateur Georges Khabbaz, le sourire aussi éclatant que sa fierté, brandit son identité à la Berlinale, alors que Nidal el-Achkar, monstre sacré du théâtre, avoue un pincement au cœur avoir voulu s’aventurer plus fréquemment sur les plateaux de tournage.
La réalisatrice palestinienne Lina Soualem, elle, réveille les fantômes avec Bye bye Tibériade. Son documentaire tisse les voix palestiniennes en une fresque bouleversante où la parole devient une arme, la mémoire un lieu de résistance. Car l’oubli est un luxe que certains peuples ne peuvent pas se permettre.
Pendant ce temps, au Casino du Liban, la nostalgie s’invite en musique avec les Nuits Nostalgie, cette madeleine sonore dont les libanais sont très friands.
L’art se fait aussi mémoire dans les formes les plus inattendues. Ali Cherri et le Collective for Architecture Lebanon réinventent le souvenir à travers des installations qui résonnent entre ombres et lumières.
Dans cette même veine, Milia M. coud la mémoire dans ses étoffes. Ses créations textiles racontent les corps, les exils, les mouvements.
Du grand écran aux fils de soie, du son au silence, une seule quête pour ces artistes : s’ancrer dans la mémoire collective. En réanimant les fantômes.
Bonne lecture !
Maya Ghandour Hert
Cheffe du service culturel
OLJ /
le 26 février 2025 à 16h05