Le 11 février est dédié à la Journée internationale des femmes et des filles en science. C’est bien plus qu’une simple date sur le calendrier déclarée par les Nations unies en 2015 : c’est l’occasion de saluer ces pionnières qui ont osé franchir les portes des STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques), des domaines longtemps considérés comme des bastions masculins.
En tant que neurochirurgienne franco-libanaise, cette journée a pour moi une résonance toute particulière. Pendant mes années de médecine, pas une seule femme chirurgienne à qui m’identifier ! Quand j’ai choisi la neurochirurgie, les regards surpris ont fusé, mes professeurs ont tenté de me dissuader « ce n’est pas une spécialité de femmes » et j’ai souvent eu droit à cette fameuse « blague » qui revenait sans cesse : « Qui oserait confier sa tête à une femme ? »
Les stéréotypes de genre et les attentes sociétales continuent de dresser des obstacles sur le chemin de celles qui aspirent à des carrières dans les STIM. Mais des femmes extraordinaires nous ont démontré qu’il était possible de les surmonter.
Pensez à Rosalind Franklin, dont les travaux sur la cristallographie aux rayons X ont été décisifs dans la découverte de la structure de l’ADN, bien qu’elle n’ait jamais reçu la reconnaissance méritée de son vivant. Ou à Ada Lovelace, qui a rédigé le tout premier algorithme destiné à être exécuté par une machine, des décennies avant l’invention des ordinateurs.
Katherine Johnson, mathématicienne de la NASA, a calculé les trajectoires des missions spatiales emblématiques à une époque où les femmes, en particulier les femmes afro-américaines, faisaient face à une discrimination systémique. Chien-shiung Wu, physicienne sino-américaine, a mené des expériences cruciales en physique quantique, tandis que ses collègues masculins recevaient le prix Nobel pour des travaux auxquels elle avait pourtant largement contribué.
Hedy Lamarr, actrice et inventrice, dont les travaux ont posé les fondations des technologies modernes comme le Wi-Fi et le Bluetooth, mais dont l’histoire n’a retenu que sa carrière au cinéma. Et bien sûr, Marie Curie, première femme à recevoir un prix Nobel et unique personne à en avoir obtenu deux dans des disciplines différentes.
Ces femmes ont bravé le sol collant – ces normes sociales et culturelles qui cherchent à les cantonner à des rôles traditionnels, à des « métiers de filles » (comme si les métiers étaient genrés) – pour tenter de briser le plafond de verre qui limite l’ascension des femmes dans les sphères scientifiques.
Pour les jeunes filles d’aujourd’hui, le message est simple et puissant : vos rêves sont légitimes, vos compétences sont précieuses et votre place dans les sciences vous attend. Le chemin ne sera pas droit, ni facile –
peu de parcours le sont –, mais chaque pas que vous ferez ouvrira un peu plus la voie à celles qui vous suivront.
Alors, osez poser des questions, osez rêver grand et, surtout, osez croire en vous. La science n’attend que vous ! Osez les sciences !
Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

