Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, dans un discours télévisé, le 2 février 2025. Capture d'écran
Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a annoncé la tenue de « funérailles populaires », le dimanche 23 février, pour l'ancien leader du parti, Hassan Nasrallah, tué le 27 septembre par une frappe israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth. Ces funérailles seront également celles de Hachem Safieddine, ancien président du conseil exécutif du parti chiite et successeur pressenti de Nasrallah, dont la mort a été officialisée le 23 octobre dernier après avoir été la cible d’une frappe aérienne massive dans la nuit du 3 au 4 octobre. Hassan Nasrallah sera enterré « dans un terrain situé entre l'ancienne et la nouvelle route menant à l'aéroport », a révélé Naïm Kassem, tandis que Hachem Safieddine sera inhumé dans son village natal de Deir Kanoun el-Nahr, dans le caza de Tyr, au Liban-Sud.
Le cheikh Kassem a par ailleurs appelé, dans un discours télévisé dimanche, l'État libanais « à assumer ses responsabilités » face aux violations israéliennes du cessez-le-feu, dont le délai d'application devait prendre fin le 26 janvier mais a été prorogé jusqu'au 18 février. Depuis, Israël continue d'occuper des localités du Liban-Sud. « L'État libanais a accepté de proroger le délai jusqu'au 18 février. Nous considérons que l'État est responsable de faire pression (...) pour que les violations et agressions israéliennes prennent fin », a déclaré Naïm Kassem. « Le Hezbollah et la résistance ont patienté parce qu'ils veulent que l'État saisisse sa chance de mettre en place le cessez-le-feu. Nous savons qu'Israël viole cet accord (...) mais l'État doit assumer ses responsabilités. Nous, en tant que résistance (...) nous agirons selon notre évaluation et au moment opportun », a-t-il ajouté, comme pour signifier qu'en cas de non-retrait d'Israël à la date du 18 février, la milice chiite ne se considérerait pas tenue automatiquement d'engager des hostilités.
Naïm Kassem a ensuite évoqué les nombreuses critiques face à la « victoire » proclamée par le Hezbollah à la fin de la guerre. « Nos partisans savent qu'ils ont gagné dans certains aspects et qu'ils ont perdu dans d'autres. Nous n'avons pas parlé de victoire complète, mais d'une victoire liée à la pérennité de la résistance (...), a-t-il admis. En contrepartie, il y a des pertes et des sacrifices, tels la mort du sayyed Hassan Nasrallah ou de Hachem Safieddine (...), il y a aussi de nombreux martyrs, des blessés, des prisonniers, des maisons et des villages détruits », a-t-il dit.
Le chef du parti chiite a par ailleurs condamné, avec une semaine de retard, la parade des motos menée dimanche dernier par des partisans du Hezbollah dans plusieurs quartiers chrétiens de la capitale. « Certaines motos sont sorties de la banlieue sud pour célébrer ce qui s'est passé au Liban-Sud (...) Nous condamnons ces agissements et le fait qu'ils se soient rendus dans certaines régions. Ces comportements ne servent ni l'intérêt national, ni l'unité islamique, ni la résistance (...) Nous n'avons rien à voir avec ces parades qui ont été organisées à l'extérieur de la banlieue sud de manière provocatrice. Même dans la banlieue sud, nous appelons à éviter certains comportements et slogans », a souligné le leader du Hezbollah.
Pour célébrer le retour au Liban-Sud des habitants déplacés, des partisans du tandem chiite Hezbollah-Amal avaient paradé à mobylette dans la soirée de dimanche denier à Beyrouth dans certains secteurs chrétiens qui leur sont défavorables, arborant armes, drapeaux partisans et slogans provocateurs, notamment dans les quartiers de Furn el-Chebbak et de Aïn el-Remmané, Gemmayzé, et Hazmié, selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux.
Le cheikh Kassem a également appelé à éviter de tirer en l'air lors des funérailles de Hassan Nasrallah, une pratique souvent observée dans la banlieue sud ainsi que dans d'autres régions du pays lors de célébrations.



C’est plutôt à Lokman Slim que les Libanais et surtout les Chittes devraient rendre hommage, un homme ouvert, intelligent, cultivé, courageux et indépendant. Pour Nasrallah c’est plutôt Khamenei et consorts qui devraient lui rendre hommage, il leur a servi leur intérêts au-delà de leur investissement.
17 h 30, le 03 février 2025