Des habitants entrant à Yaroun, au Liban-Sud, en janvier 2025. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
L'armée libanaise s'est déployée samedi à Aïtaroun, village du Liban-Sud qui restait occupé par les forces israéliennes, mais les habitants ont été appelés à ne pas s'approcher des lieux jusqu'à en avoir obtenu « l'autorisation officielle » de la troupe, selon les informations de notre correspondant Mountasser Abdallah.
En fin de journée, l’armée libanaise a confirmé sur la plateforme X le déploiement de ses unités dans la localité de Aïtaroun (Bint Jbeil) du secteur central du Liban-Sud et dans d’autres villages au sud du Litani. Elle a précisé dans un communiqué que ce déploiement s’est déroulé en coordination avec le comité pour la supervision de l’accord de cessez-le-feu formé de cinq pays membres.
L'armée a cependant dénoncé « les agressions israéliennes qui se poursuivent », notamment « la mise à feu d’habitations dans plusieurs localités à Aïtaroun, Bint Jbeil, Rebb el-Thalatine et Adaïssé », ainsi que « les deux raids qui ont ciblé les véhicules qui retiraient des dépouilles mortelles dans le village de Taïbé ».
Face à ces attaques, le commandement de l’armée appelle les citoyens « à se conformer aux directives émises dans ses déclarations officielles, à respecter les instructions des unités militaires déployées et à coordonner avec les autorités locales afin de préserver leur vie et leur sécurité ».
L’armée assure qu’elle continuera à accompagner les citoyens dans les villes frontalières, à appliquer la résolution 1701 et à prendre les mesures nécessaires sur le terrain au sud du Litani.
Plus tôt, la municipalité de Aïtaroun avait indiqué que, selon les informations disponibles, la troupe était entrée dans le nord de la localité, jusqu'au supermarché « Tawfeer » et qu'elle déblayait les lieux des nombreux explosifs et mines qui s'y trouvaient. Ce déploiement « devrait se poursuivre dans le village et ses environs pendant les deux prochains jours », a ajouté la municipalité, qui précise qu'aucune présence israélienne n'a été observée « ni dans le village, ni près des murets de terre à l'entrée » de la localité. Elle rappelle que les habitants sont appelés à attendre avant de se rendre sur les lieux, le temps que l'armée libanaise démine les rues.
Peu avant, la municipalité de Aïtaroun, avait déjà exhorté les citoyens à ne pas regagner le village, disant comprendre et respecter la « nostalgie » des habitants qui n'ont pas encore pu regagner leurs terres toujours occupées par l'armée israélienne et leur « détermination à revenir enterrer les martyrs et reconstruire ». Un retour trop rapide au village « représente un danger », avait-elle ajouté.
Dans la matinée, des soldats israéliens avaient mis le feu à des maisons du quartier de Harika, aux alentours du village, selon notre correspondant.
La période d'application des modalités du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, qui prévoyait notamment un retrait total des forces israéliennes du Liban-Sud, devait se terminer le 27 janvier. À cette date, des centaines d'habitants des villages frontaliers ont marché vers le Sud avec l'armée libanaise et ont pu reprendre quelques localités, malgré des tirs de l'armée israélienne qui ont fait plusieurs dizaines de morts. Le délai a ensuite été prolongé de 22 jours, jusqu'au 18 février.
Par ailleurs, un drone a lancé six bombes sur des pelleteuses qui déblayaient des décombres, afin d'y retrouver des corps et des disparus, dans le centre de Taybé (Marjeyoun). L'aviation israélienne continue également de survoler le secteur ouest de la bande frontalière, tandis que l'armée israélienne a mis le feu à plusieurs maisons de Rab el-Thalathine.


