La façade de la Banque du Liban. Photo P.H.B.
Revenus à un niveau modeste mais nettement plus élevé que leur moyenne depuis plus d’un an dans le sillage de l’élection de Joseph Aoun à la présidence de la République, les cours des eurobonds sont en train de lentement glisser depuis le début de la semaine.
Alors qu’ils avaient clôturé la semaine dernière à 16,7 cents pour un dollar après un pic à 17 cents, marquant une première depuis août 2021, les prix de ces titres de dette en dollars, qui ne s’échangent plus qu’entre détenteurs depuis le défaut de paiement du Liban en mars 2020, sont passés en-dessous de la barre des 16 cents, mercredi, après l'avoir maintenue depuis le 13 janvier.
Jeudi à la clôture à 17h, ils s’étaient stabilisés à 15,6 cents pour un dollar, toujours selon les informations fournies par le département de recherche de Bank Audi.
Pour son directeur, Marwan Barakat, « la chute des prix s'inscrit dans le contexte des incertitudes politico-sécuritaires de ces derniers jours, à la suite de la dérive sécuritaire dans le Sud et de la stagnation des efforts de formation du Cabinet dans un contexte de querelles politiques intenses ».
Les 60 jours initialement prévus pour la mise en œuvre du cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël ont été prolongés pour trois semaines supplémentaires, repoussant la date du retrait israélien au 18 février prochain. Bien que des habitants du Liban-Sud aient tenté de rentrer chez eux, sans succès, Israël a mené plusieurs frappes faisant notamment 24 morts dimanche, jour censé marquer le retour des habitants. L’armée israélienne continue aussi de dynamiter des bâtiments et tente de poursuivre son déploiement.
En parallèle, la formation du gouvernement que tente de finaliser le Premier ministre désigné Nawaf Salam, nommé dans le sillage de l’élection de M. Aoun, est retardée par des querelles politiques internes, notamment celles provoquées par le tandem chiite Amal-Hezbollah, qui fait pression pour obtenir des ministères clés. Il est cependant encore tôt pour parler d’échec : M. Salam poursuit ses consultations et l’armée libanaise continue, même au ralenti, d’encadrer le retour des déplacés du Liban-Sud.
La perspective d’un rebond des cours reste possible, notamment en raison de l’effet de levier de la demande de spéculateurs, plus ou moins bien intentionnés, prêts à parier sur une stabilisation des cours autour de 25 cents, anticipée par plusieurs observateurs du marché dans le cas où le gouvernement serait formé et que le pays entamerait un processus de réforme et de restructuration de ses dettes.


