Capture d’écran d’une des vidéos présentées comme montrant l’intérieur du tunnel Imad 4 du Hezbollah, qui ont circulé sur internet et ont été reprises par les médias.

L'information
Le tunnel du Hezbollah Imad 4 serait désormais entre les mains de l'armée libanaise.
Considéré comme l'un des plus importants du parti chiite, il serait situé entre Jouaya et Aïtit dans le caza de Tyr au Liban-Sud. Il aurait eu pour vocation d'abriter des cadres du Hezbollah et de servir de cache à ses camions de contrebande d'armes et de drogue.
Plusieurs vidéos liées à cette prise circulent ainsi sur la toile :
- Une première montre un très large, très long et très haut tunnel, éclairé à l'électricité et doté de canalisations, avec plusieurs hommes de dos, revêtant l'habit militaire, visiblement des soldats de l'armée libanaise, qui y marchent en ouvrant des portes.
- Une deuxième montre une enfilade de chambres sans fenêtres, aménagées de tapis, de canapés et de lits. Les lieux sont en désordre : des vêtements sont jetés à terre et sur les canapés. Sur les murs, des inscriptions saluant la mémoire de Hussein, petits-fils du prophète Mohammad et vénéré par la communauté chiite. Les murs portent également des portraits de dirigeants iraniens et du Hezbollah.
- Une troisième, plus courte, montre des poids lourds qui auraient été trouvés dans le tunnel et qui auraient servi à la contrebande d'armes et de drogue.
- Une quatrième révèle que l'armée libanaise a trouvé « du matériel de fabrication d'armes dans le réseau souterrain stratégique du Hezbollah ».

Qui est à l'origine de cette information :
Des vidéos ont été diffusées le 28 janvier 2025 sur les réseaux sociaux.
Selon un internaute, Fadi Ghosn, qui a diffusé la vidéo du tunnel sur le réseau X et qui se présente comme un défenseur de la liberté d'expression, « ce tunnel a coûté des millions de dollars, de l'argent qui aurait mieux servi à construire des écoles, des universités et instituts, et à améliorer la couverture sociale ».
Toujours sur X, Chadoua Jbeli publie d'autres vidéos de salles où se seraient donc réfugiés les dirigeants du Hezbollah, les murs portant l'inscription « al-Hussein » et affichant des inscriptions religieuses et portraits de dirigeants. Des images montrent également des camions de contrebande présumée d'armes et de drogue.
« Tout cela, c'est des mensonges, le réseau Imad 4 tant décrié (...) s'est avéré être en Syrie », réagit pour sa part l'internaute Ahmad Yassine sur le même réseau social, en se moquant des messages hostiles envers le Hezbollah. L'internaute fait allusion à des informations, diffusées en décembre 2024, selon lesquelles le réseau de sous-terrains Imad 4 se trouverait en Syrie.
Nous n'avons pas réussi à vérifier si ces personnes ont été les premières à publier l'information ou si d'autres internautes l'ont diffusée avant elles.

Le contexte et les faits réels :
L'armée libanaise n'a publié aucun communiqué sur la question. « L'armée n'a pas l'habitude d'annoncer ses prises », commente à L'OLJ une source informée. Sur son compte X officiel, @LebarmyOfficial, la troupe publie en revanche chaque étape de son déploiement dans les villages du Liban-Sud.
Mais selon une autre source militaire sous couvert d'anonymat également, l'information sur la prise d'un réseau souterrain du Hezbollah est avérée : « L'armée libanaise a effectivement pris le contrôle d'un important tunnel du Hezbollah au Liban-Sud. L'opération s'est déroulée il y a deux jours tout au plus, disent nos informations. Et de préciser : Ce tunnel est situé à Wadi Jilo, entre les localités de Jouaya et Aïtit, dans le caza de Tyr. »
En revanche, ajoute la source militaire, « il n'est pas sûr que ce tunnel soit bien le tunnel Imad 4 », un réseau de passages souterrains du Hezbollah qui auraient été baptisés en référence au commandant du Hezbollah Imad Moughnieh, tué dans une attaque à Damas en 2008 attribuée à Israël.
À la question de savoir comment s'est déroulée l'opération entre l'armée et le Hezbollah, une troisième source militaire proche du dossier fait remarquer : « Le Hezbollah ne donne pas d'informations. C'est l'armée qui découvre les caches et les tunnels. »
Le Hezbollah n'a pas souhaité réagir à l'information. Contacté par L'OLJ, son porte-parole a dit « ne faire aucun commentaire officiel sur les procédures liées à la résistance ». Toutefois, des sources proches du parti chiite nous précisent que « le tunnel concerné qui a été bombardé durant la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah n'était plus opérationnel. Le parti a donc décidé de le remettre à l'armée libanaise ».
De plus sur le réseau social Telegram, le groupe « Lebanese News and Updates » proche du parti chiite estime, en commentant les vidéos, « inimaginable de donner à l'État ce qu'il veut depuis deux mois au point de lui remettre une installation stratégique qui a survécu à la guerre et qui est restée secrète même après la débâcle du Hezbollah ».
Un autre internaute, Ali, ne comprend pas comment le Hezbollah a remis le site à l'armée libanaise. « Je prie Dieu pour qu'il ait passé un accord avec l'armée pour tromper l'ennemi », dit-il. « Ils le donneraient s'ils en avaient 30 autres comme celui-là et qu'ils devaient prouver qu'ils coopèrent avec la 1701 pour qu'Israël aille se faire voir », rétorque A.J.
La télévision al-Jadeed a, elle, affirmé le 28 janvier avoir vérifié l'information et conclu que l'armée avait effectivement pris possession il y a plus d'une semaine de ces installations qui se situent entre Jouaya et Aïtit. Le média n'a toutefois pas confirmé s'il s'agit ou non de Imad 4.
Contacté, l'expert en islam politique et politique du Moyen-Orient, Bachir Saadé, maître de conférences à l'Université de Stirling, au Royaume Uni, estime « logique que l'armée libanaise qui se déploie au Liban-Sud prenne le contrôle d'anciens sites du Hezbollah ». « Certains territoires ont été laissés par le Hezbollah afin que l'armée libanaise y entre, selon l'accord de cessez-le-feu. Le Hezbollah montre ainsi qu'il respecte la trêve, explique-t-il. Et il est fort probable que le tunnel de grande taille montré dans les vidéos diffusées était utilisé par le Hezbollah. »
Commentant en revanche la façon dont l'information a été diffusée sur les réseaux sociaux, l'expert dénonce « une manipulation de l'information ». « Les internautes hostiles au Hezbollah ont montré l'opération comme si le parti chiite avait été neutralisé par l'armée libanaise. Face à eux, les partisans du Hezbollah soutiennent le caractère intouchable du parti. Chacun veut présenter la situation à son avantage. Or les deux positions sont de la manipulation », résume-t-il.

En conclusion :
Nous en avons conclu que cette déclaration est trompeuse

Nous définissons comme « trompeuse »/« trompeur » toute déclaration/fait utilisé(e) délibérément pour induire en erreur, en utilisant des faits ou du contexte erroné, à des fins de propagande.

Pour aller plus loin :



Les partisans de ce parti ont la preuve de la richesse de ces vendus qu’ils ont toujours préféré l’utiliser pour détruire au lieu de construire et d’instruire. Qu’attendent ils pour se rebeller ne serait ce que pour venger la mémoire de leurs enfants tombés en « martyrs » pour que leurs leaders continuent à se pavaner et à mendier en leurs noms après avoir détruit tous leurs biens et les chasser de chez eux en brûlant leurs terres pour satisfaire leurs maîtres.
11 h 45, le 30 janvier 2025