Le ministre sortant de l'Énergie et de l'Eau, Walid Fayad. Photo d'archives ANI
« Le dossier du pétrole et du gaz est politisé au Liban. On peut voir une confluence entre la situation géopolitique et l'approche de Total dans la poursuite des travaux au Liban. » Le ministre sortant de l'Énergie, Walid Fayad, a jeté ces phrases dans des propos rapportés par la chaîne LBCI et repris vendredi par l'ANI (Agence nationale d'information, officielle).
Le ministre a estimé qu'après la fin de période d'exploration des gisements offshore, la guerre entre le Hezbollah et Israël a débuté, « ce qui a contraint Total à interrompre ses travaux d'exploration au Liban. Mais cette société manque à ses obligations contractuelles », a-t-il dénoncé. M. Fayad a insisté sur le fait que selon lui, le dossier du pétrole et du gaz « ne progresse que lorsque les circonstances sont profitables aux pays étrangers. »
Interdire à Total de poursuivre ses activités
Seule entité à avoir acquis des licences d’exploration et d’exploitation émises par le Liban dans deux des 10 blocs de la Zone économique exclusive ZEE, un consortium composé de TotalEnergies, de l’italien Eni et de QatarEnergy a effectué deux forages qui n’ont pas donné de résultats concluants. Il a trouvé des traces insuffisantes de gaz dans le puits foré en 2020 dans le bloc 4, en face de Batroun (Liban-Nord), et rien dans le bloc 9 (Liban-Sud, à la frontière avec Israël).
« Total exige une garantie pour le Bloc 4, mais la direction exécutive de l'entreprise ne précise pas si elle fournira le rapport que nous demandons. J'ai donc adressé une demande au Conseil des ministres pour résilier l'accord avec l'entreprise ou pour annuler son droit pétrolier, c'est-à-dire interdire à Total de poursuivre ses activités », a dit Walid Fayad.
Et d'ajouter : « Total est une entreprise mondiale, dont le siège est en France. Ses décisions sont liées à la politique française, et le président Emmanuel Macron a le pouvoir de faire pression sur TotalEnergies ou de se coordonner avec l'entreprise. » M. Fayad a par ailleurs suggéré que la priorité devrait être donnée « aux entreprises spécialisées de taille plus modeste », sans préciser lesquelles.
Douze heures de courant quotidiennes
Concernant le dossier de l'électricité, le ministre a affirmé que le courant sera fourni « environ 12 heures par jour à partir de mars prochain, sachant qu'actuellement l'approvisionnement varie entre 9 et 10 heures par jour ». Il a également évoqué l'augmentation des factures, en raison du coût élevé du fioul. « L'amélioration de l'approvisionnement est désormais liée à la capacité à assurer du fioul supplémentaire. Électricité du Liban (EDL) n'a pas reçu le soutien nécessaire à cet effet » et le fournisseur public d'électricité « a entre 500 et 600 millions de dollars grâce à la collecte des factures auprès des Libanais. »
Le 17 janvier, le président Joseph Aoun avait abordé au palais de Baabda le dossier des hydrocarbures offshore avec son homologue français, en marge de la visite d'un jour de celui-ci au Liban. Le chef de l’État avait exhorté son invité à « inciter » TotalEnergies à « reprendre » ses opérations d’exploration dans les blocs pétroliers offshore. Longtemps bloqué par un litige frontalier entre le Liban et l’État hébreu, le forage d’exploration du bloc n°9 a été mené en 2023 après qu’un accord a été signé en octobre 2022 entre les deux pays pour résoudre leurs différends sur le tracé des frontières maritimes.



Et dire que son chef, le général Tapioca alors président de la république, avait fait tout une kermesse pour annoncer l’entrée du Liban dans le club des pays pétroliers. Mais on n’est pas à une ânerie près de la part du CPL,
09 h 24, le 06 février 2025