Les funérailles du cheikh Mohammad Hamadi, abattu la veille à Machghara, le 22 janvier 2025. Photo fournie par notre correspondante dans la Békaa Sarah Abdallah
Les motifs de l’assassinat mardi soir d’un responsable de haut rang du Hezbollah, le cheikh Mohammad Hamadi, n’ont toujours pas été élucidés. Originaire de Machghara, le dignitaire chiite a été tué par des hommes masqués non identifiés à bord d’une voiture aux vitres teintées devant son domicile. Le cheikh a été transporté dans un hôpital voisin, l’hôpital Sohmor, par les secours. Il est décédé peu après, ayant été touché par six balles dans différentes parties de son corps.
Selon les premières informations recueillies auprès de l’entourage de la victime, les raisons derrière ce crime ne sont pas encore claires. Pour l’heure, deux pistes sont envisagées : celle d’une opération sécuritaire du Mossad israélien qui serait infiltré dans la région. Ce serait alors une première depuis la conclusion de l’accord de cessez-le-feu, le 27 novembre 2024, entre le Liban et Israël. S’il devait s’avérer l’œuvre de l’État hébreu, ce nouvel attentat pourrait donc constituer une violation de cet accord. Ce qui expliquerait éventuellement pourquoi Israël – qui n’hésitait pas à revendiquer ses opérations sécuritaires contre les membres et cadres du parti chiite durant la guerre de soutien à Gaza – aurait maintenu le silence.
Funérailles à Machghara
Une autre piste serait celle d’un acte de vengeance interne lié à un vieux conflit au village. D’après les informations obtenues auprès du parti chiite, le cheikh Hamadi effectuait, depuis un certain temps, une médiation entre deux familles de Machghara, sur fond d’une affaire de vendetta. Une explication qui peut avoir du mal à convaincre, sachant qu’il est surprenant de voir le conciliateur – censé arbitrer le conflit – en payer lui-même prix. Pour l’heure, deux enquêtes ont été ouvertes, l’une par les Forces de sécurité intérieure et l’autre par le Hezbollah. Interrogé, le porte-parole des FSI, le colonel André Khoury, a indiqué à L’Orient-Le Jour que l’investigation est toujours en cours. Même réponse du côté du parti chiite qui affirme n’avoir toujours pas identifié les auteurs du crime. Mardi soir, le Hezbollah a publié un communiqué saluant « le dirigeant et combattant martyr » en la personne du cheikh Hamadi et affirmant qu’il a été tué dans « des circonstances mystérieuses ».
Les funérailles du défunt ont eu lieu mercredi à Machghara, durant lesquelles des slogans religieux et politiques ont été scandés. Selon le Hezbollah, la cérémonie a vu la participation de personnalités et d’acteurs divers, parmi lesquels les députés Hussein Hajj Hassan, Ihab Hamadé, Kabalan Kabalan, d’anciens députés, ainsi que le responsable de la deuxième région de Jabal Amel au sein du parti, Ali Daoun.



En politique l'assassinat n'est pas nécessairement considéré comme un acte criminel d'ou le "OU" de la rédaction. Sans aucun doute c'est très subjectif et cela dépend de quel bord vous êtes. Sinon, en effet, un assassinat est bien un acte criminel. La distinction, ici, c'est que cet acte est soit un acte criminel qui a a faire avec les différents trafiques sinon cela pourrait être politique, action du Mossad ou même locale. L’enquête le montrera. Dans tous les cas cela fait toujours un membre de l'organisation mafieuse et criminel en moins.
10 h 38, le 24 janvier 2025