Le patriache maronite Béchara Raï. Photo ANI
Le chef de l'Église maronite Béchara Raï a estimé dimanche que le discours d'investiture du nouveau président et ex-commandant en chef de l'armée libanaise, le général Joseph Aoun, a présenté une « nouvelle vision nationale ».
Monopole des armes aux mains de l'État, indépendance de la justice, politique de neutralité positive... la prestation de serment de Joseph Aoun, prononcée quelques minutes après son élection jeudi avec 99 voix sur 128, a été chaudement applaudie à plusieurs reprises par les parlementaires.
Dans son homélie dominicale, Mgr Raï a salué les propos de M. Aoun, estimant que ce dernier a présenté une « nouvelle vision nationale basée sur l'établissement d'un État d'institutions et de justice fondé sur la Constitution et la solidarité face à l'adversité, car la chute de l'un d'entre nous signifie la chute de nous tous ». « Le discours a insisté sur la nécessité de modifier la gouvernance politique et de renforcer l'État de droit », a rappelé le prélat.
Il a aussi salué d'autres points du discours, notamment le fait qu'il n'y aura pas « d'immunité pour les corrompus ou les criminels, mais plutôt une lutte contre la contrebande de drogue et le blanchiment d'argent ». Il s'est aussi félicité des points de réforme évoqués par le nouveau chef de l’État, notamment la « coopération avec le nouveau gouvernement, dont le président sera un partenaire plutôt qu'un adversaire pour faire passer la loi sur l'indépendance du pouvoir judiciaire ; la confirmation du droit exclusif de l'État à posséder des armes ; l'investissement dans l'armée pour contrôler et stabiliser les frontières ; et la reconstruction de ce qu'Israël a détruit dans le Sud, la banlieue-sud de Beyrouth et la Békaa ». Béchara Raï a enfin salué la promesse du président « d'investir dans nos relations extérieures, de ne pas parier sur l'étranger pour s'intimider mutuellement et de pratiquer une neutralité positive (...) ».
Audi : « Nouvelle approche de la gouvernance »
De son côté, le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, Mgr Élias Audi, a espéré que le président Aoun « mettra en place une nouvelle approche de la gouvernance basée sur l'intégrité, la transparence, la responsabilité, et l'efficacité, en éloignant le Liban de la politique des axes, en respectant les lois et en les appliquant à tous ».
« Nous espérons qu'il pourra mettre en œuvre tout ce qu'il a promis dans son discours et construire, avec son gouvernement, un État moderne, juste et fort qui (...) impose son influence à tous, restaure le prestige du pouvoir judiciaire (...) et le caractère sacré de la Constitution, de sorte que certains qui prétendent à la souveraineté et à l'intérêt pour la Constitution n'aient plus le droit de s'ériger en ses protecteurs après l'avoir ignorée, contournée, déformée et avoir commis des illégalités à son encontre », a-t-il renchéri.



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21 h 48, le 12 janvier 2025