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Politique - Présidentielle Au Liban

A la veille de l’élection présidentielle, soutiens en cascade pour Joseph Aoun

Le Drian et l'émissaire saoudien en tournée, à quelques heures d'une séance électorale « décisive ».

Le président du Parlement libanais, Nabih Berry (g.), serrant la main de l'émissaire français Jean-Yves Le Drian, à Beyrouth, le 8 janvier 2025. Photo Parlement libanais

A la veille de l'élection, la route de Baabda s'est ouverte pour le commandant en chef de l'armée libanaise, Joseph Aoun. Après deux ans de vacance, plusieurs groupes parlementaires et anciens présidentiables ont affiché leur soutien au chef de la troupe, qui bénéficie de l'appui de la communauté internationale. Tous les voyants semblent désormais au vert, d'autant que le mouvement Amal, du président de la Chambre, Nabih Berry, se ralliera au soutien à cette candidature si une « majorité » se dégage en sa faveur, même avant le début de la séance parlementaire électorale de jeudi, a affirmé une source proche du parti à L'Orient-Le Jour.

A moins d'un énième revirement, le chef de la troupe devrait donc être élu lors de la séance de jeudi. Cette percée a été rendue possible par l'ultime pression de l'envoyé spécial du président français pour le Liban, Jean-Yves Le Drian qui a mené une tournée auprès des responsables politiques libanais parallèlement à l'arrivée à Beyrouth de l'émissaire saoudien Yazid ben Farhane.

Le Drian a été reçu à Aïn el-Tiné par le président du Parlement libanais, Nabih Berry, en présence notamment de l'ambassadeur de France au Liban, Hervé Magro, selon l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle).

Soutien à Joseph Aoun

Le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, le député Mohammad Raad, a également reçu l'émissaire français accompagné de l’ambassadeur de France au Liban et d’une délégation. Une rencontre qui a « permis de faire le point sur la situation politique actuelle aux niveaux local et régional, ainsi que sur l'élection présidentielle libanaise ». Le député du Hezbollah a par ailleurs confié à Jean-Yves Le Drian que son parti « ne fera pas obstacle à un consensus autour du nom du futur président », a rapporté la chaîne Al-Jadeed.

Les chaînes locales indiquent que l'ex-chef de la diplomatie française transmet, lors de ses entretiens, le soutien du Quintette, un groupe de cinq pays œuvrant à résoudre la crise politique au Liban, à la candidature du commandant en chef de l'armée Joseph Aoun.

Plus tôt dans la matinée, l'envoyé spécial français et M. Magro avaient reçu, pour un petit-déjeuner à la Résidence des Pins, des députés du « Bloc du Renouveau » – une formation faisant partie de l'opposition anti-Hezbollah – ainsi que des parlementaires issus de la contestation du 17 octobre 2019. À l'issue de cette rencontre, le représentant du « Bloc du Renouveau », le député de Zghorta Michel Moawad, ancien candidat à la magistrature suprême, a fait part de la tendance des participants à la réunion en faveur à la candidature à la présidentielle de Joseph Aoun. Les députés, notamment Fouad Makhzoumi (sunnite de Beyrouth), Michel Doueihy (Zghorta), Waddah Sadek (Beyrouth II) et Mark Daou (Aley), ont souligné « la nécessité de mettre fin à la vacance présidentielle lors de la séance électorale décisive du 9 janvier, afin de restaurer la souveraineté de l'État et rasseoir son autorité », a affirmé Michel Moawad dans un message sur X.

Le Drian a également été reçu par le chef des Forces libanaises Samir Geagea et du Courant patriotique libre Gebran Bassil.

Frangié et Baroud se retirent de la course

Dans l'après-midi, le chef des Marada Sleiman Frangié a annoncé qu'il se retirait de la course présidentielle au profit du commandant en chef de l'armée. « Maintenant que les conditions sont réunies pour l'élection du président de la République demain, et compte tenu de la situation actuelle, j'annonce le retrait de ma candidature, qui n'a jamais été un obstacle au processus électoral », a affirmé M. Frangié dans un communiqué.

Ziyad Baroud, constitutionnaliste et ancien ministre de l’Intérieur, lui a emboîté le pas. « J'ai annoncé hier que je ne participerai pas à la course présidentielle si un large consensus national est atteint sur le nom du président. Tout en remerciant les députés qui m'ont honoré de leur soutien, j'annonce mon retrait (de la course) », a-t-il souligné dans un communiqué.

Plusieurs élus ont affiché leur soutien à Joseph Aoun. Des députés de la « Modération nationale », d'anciens haririens, ont également annoncé leur soutien à Joseph Aoun. Le bloc parlementaire de « l'Entente nationale », qui comprend des députés sunnites proches du Hezbollah, a déclaré dans un communiqué qu'il soutenait l'élection de Joseph Aoun à la présidence. « Par souci d'unité nationale et après consultation de ses membres, le bloc (...) annonce son soutien à l'élection de Joseph Aoun à la présidence au cours de la session de demain jeudi », peut-on lire dans le texte, selon lequel le commandant en chef de l'armée « a fait preuve d'une compétence exceptionnelle dans la gestion de l'institution militaire dans les circonstances les plus difficiles ».

Les députés du bloc du Changement, Ibrahim Mneimné, Yassine Yassine et Firas Hamdane, ont déclaré dans un communiqué que « le candidat dont le Liban a besoin aujourd'hui est Joseph Aoun ». « Il a su gérer l'institution la plus inclusive du pays, l'armée libanaise, dans les circonstances les plus difficiles que le Liban ait connues depuis la guerre civile », affirme le communiqué.

De son côté, le bloc du Rassemblement démocratique, qui comprend les députés du Parti socialiste progressiste (PSP), a réitéré, à l'issue d'une réunion mercredi, son soutien à Joseph Aoun, après avoir été le premier à annoncer son soutien au commandant en chef de l'armée. Le bloc a souligné « la nécessité de ne pas rater cette opportunité comme base pour surmonter les crises, initier une nouvelle phase de restauration des institutions, assurer leur fonctionnement régulier, et lancer le processus de réforme nécessaire après la formation d'un gouvernement. »

À l'issue d'une réunion au QG des Forces libanaises à Meerab, les députés de l'opposition ont annoncé mercredi soir leur soutien au commandant en chef de l'armée. Il s'agit, entre autres, des députés Samy Gemayel, Michel Moawad, Fouad Makhzoumi, Achraf Rifi, Waddah el-Sadek, Michel Doueihy, Marc Daou, Adib Abdelmassih, Nadim Gemayel, Salim Sayegh, Elias Hankache, Setrida Geagea, Ghassan Hasbani et Georges Okais.

L'émissaire saoudien à Beyrouth

Le Liban est sans président depuis plus de deux ans, les sessions parlementaires n'ayant pas abouti à l'élection d'un successeur à Michel Aoun, faute de consensus sur un candidat, comme cela est de coutume au Liban. Après plus d'un an sans séance parlementaire consacrée à l'élection, le président du Parlement, Nabih Berry, a convoqué les députés jeudi 9 janvier, à un nouveau tour de scrutin.

Avant cette échéance, l'émissaire saoudien au Liban est arrivé à l'Aéroport international de Beyrouth mercredi avant midi, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). Il s'agit de sa deuxième visite en cinq jours, avant la séance. L'Arabie saoudite fait également partie du Quintette. Avant ces tournées française et saoudienne, c'est l'émissaire américain Amos Hochstein qui se trouvait, lundi et mardi, à Beyrouth.

Des pauses uniquement « pour la prière ou la messe »

Signe de l'optimisme ambiant dans le pays, le Premier ministre libanais sortant, Nagib Mikati, a déclaré ce matin lors d'un événement au Sérail être « heureux pour la première fois depuis le début de la vacance présidentielle, parce que si Dieu le veut, nous aurons demain un nouveau chef de l'Etat ».

De son côté, le président de la Chambre des députés, Nabih Berry, cité mercredi par le quotidien an-Nahar, a fait état de la « volonté d'élire le président lors de la réunion de jeudi ou dans les jours suivants ». « Les sessions électorales ne seront pas interrompues, sauf pour les prières du vendredi ou la messe du dimanche », a ajouté M. Berry.

A la veille de l'élection, la route de Baabda s'est ouverte pour le commandant en chef de l'armée libanaise, Joseph Aoun. Après deux ans de vacance, plusieurs groupes parlementaires et anciens présidentiables ont affiché leur soutien au chef de la troupe, qui bénéficie de l'appui de la communauté internationale. Tous les voyants semblent désormais au vert, d'autant que le mouvement Amal, du président de la Chambre, Nabih Berry, se ralliera au soutien à cette candidature si une « majorité » se dégage en sa faveur, même avant le début de la séance parlementaire électorale de jeudi, a affirmé une source proche du parti à L'Orient-Le Jour.A moins d'un énième revirement, le chef de la troupe devrait donc être élu lors de la séance de jeudi. Cette percée a été rendue possible par...
commentaires (3)

Ce qui est fou c’est qu’à quelque heures des élections (ou plutôt de la désignation), aucun de tous ces candidats présidentiables n’a encore présenté aux pigeons (pardon, au peuple) sa vision ni son plan pour sortir le pays de la fosse à purin dans laquelle celui-ci se trouve…

Gros Gnon

05 h 52, le 09 janvier 2025

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Commentaires (3)

  • Ce qui est fou c’est qu’à quelque heures des élections (ou plutôt de la désignation), aucun de tous ces candidats présidentiables n’a encore présenté aux pigeons (pardon, au peuple) sa vision ni son plan pour sortir le pays de la fosse à purin dans laquelle celui-ci se trouve…

    Gros Gnon

    05 h 52, le 09 janvier 2025

  • Inchallah. On veut bien le croire en se rappelant Dalida dans sa chanson “Parolé Parolé Parolé”.

    PPZZ58

    19 h 30, le 08 janvier 2025

  • Pourvu qu'il n'ait pas un gendre nommé Bassil aussi...

    Emile

    18 h 59, le 08 janvier 2025

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