Les destructions dans la localité de Khiam au Liban-Sud, vingt-quatre heures après le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, le 28 novembre 2024. Photo AFP
Quelque 4 000 Libanais qui s'étaient réfugiés en Irak à l'invitation du sanctuaire de l'imam Hussein à Kerbala, haut-lieu de pèlerinage chiite, ont exprimé leur intention de rentrer au Liban et se sont inscrits sur les listes prévues à cet effet, a affirmé le chef des relations publiques du sanctuaire, Abdel Amir Moutawri, cité par l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).
L'organisation du retour des pèlerins sera assurée par le ministère irakien de la Migration et des Déplacés. Interrogé sur cette procédure, M. Moutawri a annoncé que l'inscription des familles désireuses de rentrer au Liban, où un cessez-le-feu est entrée en vigueur le 27 novembre à l'aube, avait commencé et que le nombre de personnes qui se sont enregistrées au cours des derniers jours est d'environ 4 000.
Le nombre de déplacés accueillis par l'Irak avait atteint près de 10 000 personnes, selon les chiffres obtenus de « sources officielles et non-officielles irakiennes », publiés le 20 octobre par le quotidien libanais an-Nahar. Ils sont majoritairement issus de la communauté chiite. Ces personnes étaient parties après l'intensification de l'offensive israélienne au Liban, le 23 septembre, et alors que des centaines de milliers d'autres avaient fui les frappes massives sur le Liban-Sud, la banlieue-sud de Beyrouth et la Békaa. Des blessés avaient également été transportés dans le pays pour y être soignés, tandis que Bagdad avait accordé aux Libanais des visas gratuits et facilité leur entrée, notamment grâce à l'ayatollah Sistani, la plus haute autorité chiite en Irak. Le Premier ministre irakien Mohammad Chia al-Soudani avait insisté pour que ces déplacés ne soient pas considérés comme tels mais comme des « invités ».
L'option de retour par la Syrie « écartée »
« Nous n'imposons pas le départ, nos portes restent ouvertes », a fait savoir le responsable irakien, qui a souligné que d'autres candidats au retour continuent de s'inscrire. Une réunion portant sur l'organisation des départs a eu lieu au bureau du Premier ministre à Bagdad avec plusieurs ministères et entités, afin d'établir une « stratégie de rapatriement par voie terrestre et aérienne, mais en raison des récents événements en Syrie, l'option terrestre a été écartée », a ajouté le chef des relations publiques du sanctuaire, en allusion à la prise d'Alep, en quelques jours à peine, par les rebelles et jihadistes.
Le responsable irakien a précisé que les retours au Liban seront organisés « par groupes, en fonction des disponibilités des vols, et en accordant certaines priorités », notamment aux personnes ayant perdu des proches qui n'ont pas encore été inhumés, aux malades, blessés, personnes âgées et fonctionnaires. Il a souligné que le sanctuaire pouvait également inscrire des personnes ayant été déplacées vers d'autres endroits en Irak.
Les aides aux déplacés en Irak avaient notamment été permises grâce à des dons de chiites du monde entier et d'hommes d'affaires d'Afrique et d'Inde.
Ces retours d'Irak auront lieu alors que des milliers de personnes qui avaient, elles, fui vers la Syrie s'apprêtent à rentrer au Liban à partir de dimanche, suite à la réouverture du poste-frontière de Qaa, bombardé à plusieurs reprises depuis le 25 octobre.



