Mohammad Mahdi Nasrallah, fils de l'ancien secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Capture d'écran, Memri.org
« Est-il vraiment dans la banlieue sud de Beyrouth ? » : Le porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Avichay Adraee, a semé le doute jeudi sur l’authenticité d’une vidéo diffusée sur Instagram par le fils de l'ancien secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, assassiné le 27 septembre dernier.
À l'avant-plan sur l'image, Mohammad Mahdi Nasrallah, vêtu de noir, s'exprime d'une façon qui rappelle l'accent et l'intonation de son père et proclame une « victoire » au Liban avec l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, mercredi, après plus d'un an d'hostilités transfrontalières et deux mois de guerre ouverte entre l'armée israélienne et la formation pro-iranienne. En toile de fond de la vidéo, les ruines d'un bâtiment, sa « maison à Haret Hreik », indique le jeune homme dans la légende publiée sur le réseau social.
« Résilience » de la famille de Hassan Nasrallah
Mohammad Mahdi Nasrallah exprime, dans le clip, sa gratitude envers Dieu et souligne « la résilience » de sa famille et du peuple libanais face aux épreuves subies durant la guerre, qui a fait près de 4 000 morts et plus de 16 500 blessés.
Peu après la publication de cette vidéo, le compte Instagram sur lequel elle a été postée semblait avoir été suspendu. L'Orient-Le Jour a toutefois pu y accéder à nouveau dans l'après-midi de vendredi. Mohammad Mahdi Nasrallah s'était lancé début mars sur ce réseau social, où il partage de courtes vidéos abordant des thèmes religieux et politiques.
Un « effet dramatique » ?
Commentant ces images, le porte-parole israélien a estimé que le fils de Hassan Nasrallah aurait pu « utiliser la technologie pour faire croire au public qu'il est sur place et exprimer sa solidarité » avec la base partisane du parti chiite, mais que « les données disponibles mettent en doute la crédibilité de la scène ». « S'agit-il d'une vidéo sur laquelle une image a été ajoutée en arrière-plan pour donner un effet dramatique erroné », s'est-il interrogé, tandis que sur la capture d'écran, tirée de la chaîne al-Arabiya qui a diffusé le clip vidéo, il encadre en rouge un reflet violâtre sur les verres des lunettes de Mohammad Mahdi Nasrallah. L'officier supérieur israélien a encore accusé le Hezbollah et ses relais médiatiques de « maîtriser l’art de la désinformation et de la manipulation des faits dans le but de servir leur agenda ».
L'Orient-Le Jour a soumis la vidéo à plusieurs examens via des logiciels de reconnaissance d'utilisation d'intelligence artificielle ou d'édition, qui n'ont pas relevé de telles anomalies. Toutefois, l'utilisation de certains programmes d'édition de vidéo ou d'IA sont plus développés et pourraient ne pas être détectables par ces logiciels.
Message écrit de Hassan Nasrallah
Sous sa publication, un internaute s’en prend notamment à Avichay Adraee, retournant ses accusations contre lui et le qualifiant de « maître » de la désinformation « comme le reste de son pays », notamment en ce qui concerne les déclarations faites après l'attaque meurtrière du 7 Octobre du Hamas en Israël. La couverture israélienne du conflit est souvent pointée du doigt pour des contenus ne reposant ni sur des preuves tangibles ni sur des témoignages fiables.
Dans ses récentes publications sur Instagram, après celle supposément filmée à Hareit Hreik, Mohammad Mahdi s'est filmé devant une autoroute de la banlieue sud de Beyrouth également afin d'y faire un discours et a partagé avec son public une lettre non-datée écrite par son père, tué le 27 septembre, dans laquelle ce dernier confie ne pas «supporter d'être loin de lui». Une phrase de ce message a été floutée avant publication.



Qu’il ne parle surtout pas en mon nom !!
16 h 31, le 30 novembre 2024