De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne qui a visé la banlieue sud de Beyrouth le 26 novembre 2024, au milieu de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. Ibrahim Amro/AFP
En pleine frénésie de frappes israéliennes sur le Liban, y compris le centre de Beyrouth mardi en fin d’après-midi, à la veille du cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël, l’appartement de la famille du député du parti chiite Amine Cherri à Bourj Abi Haïdar a été bombardé. Voici ce que l’on sait sur cette frappe, sur la base d’informations fournies par des sources locales :
Le lieu visé
La frappe a donc touché l’immeuble de famille du député du Hezbollah Amine Cherri, situé rue Majdalani, perpendiculaire à l’artère al-Maarri, à droite de la corniche de Mazraa (en venant du Musée national de Beyrouth) et à proximité de l’école secondaire publique pour filles Fakhreddine al-Maani qui abrite des déplacés.
Un drone a lancé deux missiles peu avant 18 heures. L’un a détruit l’appartement de la famille Cherri. Le second a touché l’appartement d’un immeuble voisin sans exploser. L’armée s’est rendue sur le lieu de la frappe jeudi. L’armée israélienne n’a pas adressé d’ordre d’évacuation préalable pour ce bâtiment.
Les victimes
La frappe a fait trois morts et une dizaine de blessés, a annoncé le lendemain le ministère de la Santé dans un bilan provisoire. Des restes humains devaient encore être examinés avant d’établir un bilan définitif. Parmi les morts annoncés sur les réseaux sociaux, mais qui ont finalement été démenties à L’Orient-Le Jour par une source proche du député Amine Cherri, se trouvait Mahmoud Cherri, frère du parlementaire. Selon nos informations, deux voisines auraient également été tuées. Imad Cherri, un autre frère du député du Hezbollah, figure parmi les blessés. Amine Cherri ne se trouvait pas dans l’appartement au moment de la frappe. Contacté par L’OLJ, il n’était pas disponible dans l’immédiat pour s’exprimer sur ces bombardements.
Sur son compte Facebook, Mahmoud Cherri avait posté, quelques heures avant sa mort, un message annonçant qu’une frappe israélienne avait détruit « nos maisons et supermarché », sans préciser dans quel quartier. Il avait, à l’occasion, publié une photo de lui faisant le signe de la victoire sur les décombres, rendant hommage dans son message aux « jeunes gens qui ont sont tombés en martyrs ou ont été blessés pour défendre notre dignité ».
Le contexte
Peu avant la frappe et suite à une attaque israélienne qui a détruit un immeuble du quartier de Noueiri, rue Ma’moun, à Beyrouth, très proche de Bourj Abi Haïdar, Amine Cherri avait accusé Israël de « se venger des Libanais ». Il avait déclaré que « l’agression israélienne sur Beyrouth ne vise que les civils » et qu’« Israël cherche à se venger de tous les résistants ». Il a ajouté que l’armée israélienne n’avait remporté « aucune victoire » sur le terrain et a précisé ne pas avoir d’information de première main sur le cessez-le-feu en gestation.
Tout au long de la journée de mardi, quelques heures avant l’annonce puis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, l’aviation israélienne a bombardé plusieurs quartiers de Beyrouth intra-muros, dont Noueiri, Ras Beyrouth, Mar Élias et Khandak el-Ghammiq, avec ou sans avertissement préalable. Elle a également lancé une attaque de 20 missiles en moins de deux minutes sur la banlieue sud de Beyrouth, pilonné la région de Baalbeck et le Liban-Sud et frappé quasiment simultanément des postes-frontières avec la Syrie au Liban-Nord.
Si les frappes israéliennes au Liban, depuis le 8 octobre 2023, n’ont tué aucun député du parti chiite, plusieurs d’entre eux ont perdu des proches, notamment Mohammad Raad, chef du groupe parlementaire du Hezbollah, qui a perdu son fils dans une frappe au Liban-Sud, et Ali Ammar, dont le fils également est mort dans les attaques de bipeurs piégés, le 17 septembre.
Cet article a été corrigé le 29 novembre à 10h. Si les parents de Ali Cherri, artiste visuel et plasticien, ont effectivement et malheureusement été tués dans la frappe de Bourj Abi Haïdar, ils n’ont pas de lien de parenté avec le député du Hezbollah.



Ils tuent à volonté. Un parlementaire n’est pas un combattant; sa voisine encore moins.
23 h 26, le 29 novembre 2024