Deux mois après l’intensification et l’élargissement des frappes israéliennes, un cessez-le-feu est signé. Les destructions sont massives, les pertes humaines tragiques. Le bilan est lourd, et de nombreuses questions demeurent sans réponse. Alain Jabbour, étudiant en 5e année de sciences politiques à Paris, fait partie des premiers étudiants étrangers à s’être mobilisés pour soutenir les Libanais affectés par les violences. Je vous invite à découvrir sa réaction face au cessez-le-feu et, dans notre sélection d’articles d’octobre, l’action qu’il a menée avec ses camarades pour venir en aide à la population confrontée à la guerre.
« C’est le premier jour du cessez-le-feu. Il y a une part de mon ressenti qui est sans doute partagée par tous les Libanais : soulagé, fatigué et incertain de ce qui nous attend. Pas besoin de m’étendre là-dessus, les Libanais comprendront. Mais je ressens également une certaine amertume. On vit dans une ère où le progrès scientifique dépasse complètement l’entendement de nos ancêtres. On communique instantanément, on voyage plus rapidement, on s’organise plus efficacement. Pourtant si nos ancêtres nous regardent aujourd’hui, ils ne seraient pas si perdus. Il y a une chose qui ne change pas, qui reste imperméable au progrès : la sagesse des hommes. Comme depuis la nuit des temps, on tue et on détruit au profit des intérêts des uns et on ne sait toujours pas voir en l’autre un être humain et un semblable. Je me dis, à la fois, que cette guerre était évitable mais qu’au fond, elle ne l’était pas. Heureusement que nous savons nous entraider et j'espère que nous serons prêts pour l'avenir. »
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