Des soldats israéliens sur un char Merkava stationné près de la frontière avec le Liban dans la région de la Haute Galilée, dans le nord d'Israël, le 27 novembre 2024, après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël. Photo AFP/JALAA MAREY
Des journalistes ont été pris pour cible par des soldats israéliens alors qu’ils tentaient de s’approcher du village toujours occupé de Khiam, dans le caza de Marjeyoun. Le photographe d’Associated Press Mohammad Zaatari a été blessé à la jambe par balles alors qu’il essayait de prendre en photo un char Merkava israélien, en compagnie de son confrère du journal al-Akhbar Ali Hachicho et d’un correspondant de l’agence russe Sputnik, Abdel Qader al-Bai, lui aussi atteint d'éclats d'obus. L’incident a été rapporté par Ali Hachicho à notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah.
Le journaliste ajoute que les soldats israéliens ont tiré plusieurs balles vers le groupe et que celui-ci a dû battre en retraite. Mohammad Zaatari a été transporté à l’hôpital de Marjeyoun puis à celui de Nabatiyé.
« L'armée israélienne a ouvert le feu sur un groupe de journalistes dans la ville de Khiam, dans le sud du pays, blessant le photographe d'Associated Press Mohammad Zaatari de deux balles dans la jambe et le reporter de Sputnik Abdel Qader al-Bai d'un éclat d'obus dans le pied », a confirmé sur X la fondation Samir Kassir Eyes (Skeyes).
De son côté, le président du syndicat des rédacteurs Joseph Kossaifi a dénoncé les tirs israéliens contre les journalistes, condamnant cet incident en précisant que celui-ci constituait « la première violation du cessez-le-feu convenu mardi ». Il rappelle que plus de douze journalistes et photographes ont été tués durant cette guerre depuis le 8 octobre 2023. « Nous en appelons à la communauté internationale, aux organisations de défense des droits de l'homme, à la Cour pénale internationale, à la Fédération internationale des journalistes et à la Fédération générale des journalistes arabes, afin qu’ils réalisent à quel point les sionistes s'obstinent à bafouer les lois et les conventions internationales et à nier les règles les plus élémentaires consistant à s'abstenir d'attaquer les professionnels des médias dans les zones de guerre et de conflit », a-t-il ajouté.
« Quatre suspects ont été arrêtés et interrogés dans le sud du Liban après s'être approchés des troupes », a par ailleurs affirmé l'armée israélienne selon le quotidien Haaretz.
L’armée libanaise avait essayé dès le matin d’empêcher le flux d’habitants qui voulaient rentrer à Khiam, fermant tous les accès à cette ville du Liban-Sud qui a été le théâtre de violents combats entre les combattants du Hezbollah et l’armée israélienne, du fait de sa position stratégique. Dès l’entrée en vigueur de la trêve au Liban à 4h ce matin, des centaines de milliers de déplacés du Liban-Sud ont pris la route pour rentrer chez eux, malgré les multiples mises en garde concernant la présence israélienne mais aussi les munitions non explosées et les mines, notamment dans les champs.

