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Politique - Rencontre

Le cheikh Akl druze : Je suis en faveur de tout ce qui rassemble

Dans le cadre de sa série d’entretiens avec les principaux chefs religieux, le conseil de l’ordre des rédacteurs mené par Joseph Kossayfi s’est rendu mardi au siège de la communauté druze pour un débat avec le chef spirituel de la communauté, le cheikh Akl Sami Aboul Mouna.

Dans les moments difficiles que traverse actuellement le pays et avec l’afflux des déplacés du Sud, de la Békaa et de la banlieue sud de Beyrouth vers la montagne, la priorité du cheikh Akl c’est, affirme-t-il, l’accueil de ces familles, l’unité nationale et la nécessité d’étouffer toute tentative de discorde interne. Selon lui, les druzes du Liban ont toujours été les défenseurs de l’unité et ils ont, à travers les décennies, joué un rôle de lien entre les différentes communautés. « Il y a certes eu des périodes de confrontation, mais cela reste des exceptions et elles étaient généralement dues à des interventions étrangères », dit-il, avant d’ajouter : « Nous préférons rester à l’écart de tout ce qui divise les Libanais, et au contraire, nous nous impliquons dans toutes les initiatives qui visent au rapprochement. » Pour le cheikh Akl, il est impératif de respecter la formule libanaise. « Les druzes, précise-t-il, n’ont pas d’autre ambition que l’État, un État laïc mais qui respecte les religions. C’est ce qu’on pourrait appeler la laïcité croyante. »

Le dignitaire estime que le slogan des druzes se résume en trois mots : « Respecter, construire et renforcer » l’État. Il révèle qu’à ce sujet, il a personnellement joué un rôle important lors du sommet spirituel qui s’est tenu récemment à Bkerké. Était-ce un rôle de pompier ? « Disons, celui qui rapproche les points de vue », répond-il. Par exemple, dans le communiqué final, l’expression de « président consensuel » ne faisait pas l’unanimité. Il a donc suggéré de parler d’un président qui bénéficie du plus grand appui possible et qui représente une volonté libanaise commune. Le cheikh Akl se dit convaincu qu’en ces temps délicats, les mots ont leur importance. Il confie d’ailleurs que ses efforts ont été accueillis par de grands encouragements de la part des présents. « Le défi est aujourd’hui de concrétiser les recommandations du sommet pour qu’elles deviennent une réalité », déclare-t-il. Il se dit très heureux du fait que le Premier ministre sortant ait décidé d’en faire figurer une partie dans les décisions du Conseil des ministres. Le cheikh Akl reconnaît que la situation actuelle est très difficile, car le Liban « est soumis à une agression profonde, basée sur l’idéologie sioniste, qui bénéficie d’un appui international ». « Nous devons donc résister sur le terrain, mais cela ne suffit pas. Il faut aussi agir diplomatiquement et politiquement pour influer sur les décisions internationales et obtenir l’application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité », ajoute-t-il. « Pour cela, l’unité interne est primordiale », insiste-t-il, avant d’ajouter qu’il faut renforcer les institutions de l’État, notamment l’armée et les forces de sécurité, pour qu’elles puissent instaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et en particulier dans le sud du Liban.

Le cheikh Aboul Mouna rend par ailleurs un vibrant hommage au président de la Chambre, Nabih Berry, « qui assume une responsabilité historique (dans les négociations). Mais pour être efficace, il a besoin de l’appui interne, celui du président, du gouvernement et des différentes forces ».

Selon lui, la priorité devrait-elle être au cessez-le-feu ou à l’élection d’un président ? Le cheikh répond que les deux sont prioritaires. Toutefois, il considère que l’accueil des déplacés est actuellement le dossier le plus important à traiter. « C’est d’ailleurs là le principal appel lancé par Walid Joumblatt. Il faut donc empêcher tout ce qui pourrait favoriser un changement démographique ou un transfert de population, notamment par des transactions immobilières. Il ne faut pas non plus que les déplacés soient exploités. La paix civile doit être préservée à tout prix, insiste-t-il, pour que nous puissions nous concentrer sur les autres problèmes. »En réponse à une question sur le fait que la base a des positions différentes de celle des autorités religieuses et politiques au sein de la communauté druze, le cheikh Akl affirme que c’est pour cela qu’il appelle à la vigilance. « Certains craignent que les déplacés deviennent des résidents permanents, dit-il. Pour nous, il s’agit d’une crainte illusoire, car les déplacés veulent rentrer chez eux. Mais il y a un grand effort à faire pour empêcher les incidents et pour organiser la distribution des aides. »

A-t-il des craintes pour l’avenir du pays et pour le système ? Le dignitaire reconnaît que le Liban est actuellement dans une impasse. « Mais Taëf reste la garantie de la survie du système, car cet accord est basé sur la reconnaissance de la diversité et sur la coexistence. Il ne faut pas qu’une partie se considère comme victorieuse et une autre comme vaincue. Nous devons tirer les leçons du passé et revenir sous le plafond de l’État, protecteur de la diversité, tout en ancrant le Liban dans sa profondeur arabe. » Est-il avec la déclaration de la neutralité du Liban, comme le suggère le patriarche maronite ? « Je suis avec la neutralité par rapport à tout ce qui divise les Libanais et je suis partisan de tout ce qui les rassemble », dit-il.

Évoquant la problématique de la reconstruction après la guerre, Aboul Mouna précise que les responsables lui ont dit que le Qatar et la Turquie sont prêts à investir dans ce chantier et peut-être d’autres... L’Iran ? « On m’a parlé de ces deux États jusqu’à présent », répond-il. 

Dans le cadre de sa série d’entretiens avec les principaux chefs religieux, le conseil de l’ordre des rédacteurs mené par Joseph Kossayfi s’est rendu mardi au siège de la communauté druze pour un débat avec le chef spirituel de la communauté, le cheikh Akl Sami Aboul Mouna. Dans les moments difficiles que traverse actuellement le pays et avec l’afflux des déplacés du Sud, de la Békaa et de la banlieue sud de Beyrouth vers la montagne, la priorité du cheikh Akl c’est, affirme-t-il, l’accueil de ces familles, l’unité nationale et la nécessité d’étouffer toute tentative de discorde interne. Selon lui, les druzes du Liban ont toujours été les défenseurs de l’unité et ils ont, à travers les décennies, joué un rôle de lien entre les différentes communautés. « Il y a certes eu des périodes de...
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Ces articles, portant sur les entretiens que vous effectuez avec les chefs des communautés religieuses du Liban, sont aussi rassembleurs que les entretiens eux mêmes. Bravo Scarlett Haddad

Hitti arlette

12 h 57, le 20 novembre 2024

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Commentaires (1)

  • Ces articles, portant sur les entretiens que vous effectuez avec les chefs des communautés religieuses du Liban, sont aussi rassembleurs que les entretiens eux mêmes. Bravo Scarlett Haddad

    Hitti arlette

    12 h 57, le 20 novembre 2024

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