Chère lectrice, cher lecteur,
J’avais menacé. Si Donald Trump redevient président, je démissionne. Passons outre les sentiments que ce personnage haut en couleur suscite en moi. Au service international, nous devrons traiter de toutes les décisions, les vertes comme les pas mûres, qu’il prendra sur les dossiers brûlants de la région.
À commencer par Gaza, où celui dont on dit qu’il déteste les conflits a promis de mettre un terme à la guerre qui n’a fait que trop durer. Alors que Benjamin Netanyahu l’attendait comme le messie, jusqu’où le 47e président américain le laissera-t-il assouvir sa soif de vengeance ? Quid de l’État palestinien, que le gouvernement israélien vient de rejeter avec un simple « En un mot : non » de son nouveau ministre des Affaires étrangères ? Si la perspective était déjà mince, elle semble désormais appartenir à un autre monde, bien que Mahmoud Abbas espère encore que le président élu soutiendra les aspirations de son peuple. Et dans la confrontation régionale, où nous entraîne-t-on avec l’Iran ? Certes, le caractère transactionnel du personnage laisse entendre qu’il est prêt à un accord global avec la République islamique pour éviter à ses troupes de devoir se salir les bottes. Mais si l’État hébreu le convainquait de frapper les installations nucléaires de Téhéran ? Les nuages radioactifs s’arrêtent-ils aux frontières ? Et quelles seraient les répercussions géopolitiques ?
Vous me trouverez sans doute très pessimiste, peut-être que tout cela se finira avec des normalisations à tout-va qui pacifieront enfin notre région, qui sait ? Reste que la présidence Trump 2.0 me préoccupe aussi pour l’avenir du Liban. Si on ne traite pas de la situation nationale au service international, elle n’en est pas moins au cœur de notre quotidien, de nos angoisses, et malgré tout, de nos espoirs.
Pour le moment, je suis encore là et j’espère qu’on me traitera bientôt de « drama queen ». Ça me permettra de rester fidèle au poste.
Laure-Maïssa Farjallah
OLJ /
le 12 novembre 2024 à 12h02