Chère lectrice, cher lecteur
« En temps de guerre, vous avez toujours de quoi écrire dans la section Culture et Lifestyle ? »
Les journalistes culturels se retrouvent, vous vous en doutez, régulièrement confrontés à cette question. Généralement précédée d’un haussement d’épaules fataliste, la réponse fuse : « Oui bien sûr ! ».
On détaille, inlassablement : « Brosser un état des lieux, rendre compte des initiatives personnelles des uns et des autres, relater les œuvres impromptues ou tendre le micro aux artistes, les sujets ne manquent pas… »
Oui, en temps de guerre, la culture s’affirme, car elle est essentielle et non pas superflue.
Au Liban, la scène artistique locale prend une posture résolument résistante.
Alors que le musée Sursock, déjà étranglé par les difficultés économiques, baisse le rideau - temporairement- pour cause de guerre, le musée national, lui, met un point d’honneur à maintenir ses portes ouvertes afin de « partager la culture et l’héritage communs ». Des galeries d’art reprennent également un semblant d’activité normale, après une fermeture au cours des dernières semaines.
Pendant ce temps, Aline Kamakian, cheffe libanaise, transforme chaque plat en un acte de solidarité, insufflant espoir et résilience à travers sa cuisine.
Dans un écho lointain mais poignant, l’écrivain Amine Rihani rêvait, dans son carnet Les Rois d’Arabie, d’une union pacifique des pays arabes.
Sur le front patrimonial, les antiques vestiges de Baalbeck et de Tyr sont directement menacés par les bombardements israéliens, rappelant que protéger ces joyaux est une course contre le temps
Dans le domaine numérique, Netflix provoque un tollé en retirant plusieurs films palestiniens, relançant les débats sur la représentation et la liberté d’expression.
Enfin, l’appel vibrant de plus de 100 artistes internationaux, orchestré par L’Orient-Le Jour, retentit pour une paix durable au Liban, réclamant non seulement la préservation des vies humaines, mais aussi celle de l’âme culturelle du pays.
Un concentré de drames et d’espoir au cœur d’une région qui ne cesse de lutter pour son avenir culturel. Entre autres…
Bonne lecture
Maya Ghandour Hert
Cheffe du service culturel
OLJ /
le 31 octobre 2024 à 16h27