Kamala Harris mangeant des Doritos sur l'avion qui la transporte en Pennsylvanie, le 27 octobre 2024. Erin Schaff/POOL/AFP
Kamala Harris mettait lundi le cap vers le nord des États-Unis et Donald Trump vers le sud, poursuivant leur campagne effrénée pour la Maison-Blanche, marquée par de nouveaux propos virulents lors d’un meeting du républicain.
L’équipe de campagne du septuagénaire a dû prendre ses distances avec des propos tenus dimanche par un humoriste invité sur la scène du Madison Square Garden, très célèbre salle de New York où avaient convergé des milliers de partisans de l’ex-président.
Porto Rico, un territoire américain, est « une île flottante d’ordures au milieu de l’océan », a déclaré Tony Hinchcliffe, déclenchant instantanément une vive polémique.
L’agglomération de New York compte plus d’un million d’habitants d’origine portoricaine et la Pennsylvanie, État crucial pour la présidentielle du 5 novembre, en compte un demi-million.
« Cette plaisanterie ne reflète pas l’opinion du président » Trump, a fait savoir une de ses porte-parole, cherchant à limiter d’éventuelles pertes dans cet électorat.
À l’opposé, Kamala Harris a immédiatement exploité la controverse, en promettant dans une vidéo de « dessiner une voie nouvelle et heureuse tournée vers l’avenir » pour Porto Rico.
Plusieurs stars nées sur l’île, comme le prince du reggaeton Bad Bunny et le chanteur Ricky Martin, ont affiché leur soutien à Kamala Harris en relayant des vidéos de la démocrate sur Instagram.
Biden vote
La vice-présidente et son colistier Tim Walz ont prévu de se rendre cette semaine dans l’ensemble des sept États-clés, les plus disputés. La candidate de 60 ans commence lundi par le Michigan, avec un déplacement axé sur le secteur manufacturier dans cet État de la région des Grands Lacs.
Donald Trump va lui en Géorgie, un État de la « ceinture de la Bible » qu’il souhaite plus que tout remporter après l’avoir perdu de quelque 11 000 voix seulement en 2020.
Près de 43 millions d’Américains ont déjà voté de manière anticipée pour ce scrutin qui s’annonce comme le plus serré de l’histoire moderne des États-Unis, et qui tient les diplomaties du monde en haleine, alors que des guerres font rage en Ukraine et au Proche-Orient.
Le président Joe Biden devait lui-même voter lundi de façon anticipée, selon la Maison-Blanche.
Trump courtise les chrétiens
Au niveau national, les sondages donnent toujours au coude-à-coude Kamala Harris, qui deviendrait la première femme noire présidente des États-Unis, et Donald Trump, candidat pour la troisième fois à la Maison-Blanche, qu’il a quittée dans le chaos en 2021.
Dans le Michigan, Kamala Harris doit faire face au ressentiment d’une partie des électeurs d’origine arabe, opposés au ferme soutien des États-Unis à Israël dans ses guerres à Gaza et au Liban. La candidate y a donné lundi une interview à CBS, dans laquelle elle s’est dit prête à passer un examen d’évaluation cognitive, appelant son rival de 78 ans à « passer le même » test.
Donald Trump s’adressera lui à une assemblée de pasteurs et de responsables religieux avant de tenir un meeting à Atlanta. Le républicain a pu compter sur le soutien des chrétiens évangéliques dans ses précédentes campagnes, ayant fait nommer trois juges conservateurs à la Cour suprême durant son mandat à la Maison-Blanche, contribuant ainsi à la fin de la garantie du droit à l’avortement au niveau fédéral.
Kamala Harris, qui a fait de la défense du droit à l’avortement l’une de ses priorités de campagne, inclura probablement ce thème dans le « réquisitoire final » qu’elle compte prononcer mardi contre Donald Trump, dans une allocution à quelques encablures de la Maison-Blanche, là où Donald Trump avait harangué ses partisans le 6 janvier 2021, juste avant qu’ils n’attaquent le Capitole.
Dimanche à New York, le tribun républicain s’est posé en sauveur des États-Unis, selon lui « détruits » par Kamala Harris.
Source : AFP


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