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Ce service « mentalement instable » qui vous informe en continu

Chère lectrice, cher lecteur,

Entre bilans humains, attaques de drones et frappes aériennes, me voici à vous écrire depuis l'« open space » où travaille le service Actu de L’Orient-Le Jour. Un service « mentalement instable », si l'on en croit ce qui est écrit sur le tableau blanc au milieu de la pièce.

Les journalistes de ce service ont de l’humour, ce sont eux qui l’ont qualifié ainsi. Ils font aussi partie des plus courageux et bosseurs du journal. Et je ne dis pas ça parce que je dirige ce service.

Chaque jour, ils sont mobilisés pour vous fournir, en direct et quasi continu, les nouvelles des différents fronts de la guerre. Depuis le 7 octobre 2023 au matin, les journées et les nouvelles s'enchaînent et ne se ressemblent pas (toujours). Ces informations, en plus d'être rarement positives, concernent parfois directement certains d'entre nous autant que beaucoup d'entre vous. Ceux parmi nous qui ont une maison ou de la famille au Liban-Sud ou dans la banlieue sud de Beyrouth, ceux qui ont passé des nuits blanches au rythme des frappes israéliennes sur Beyrouth et craint le lever du soleil. Ceux qui ont régulièrement les larmes aux yeux, voire l'estomac retourné devant tant de dévastations. Qui oscillent entre rage et tristesse. Frustration et fatalisme. Incrédulité parfois. Ou qui sont exaspérés par le bourdonnement constant du MK, ce drone israélien qui espionne nos vies.

Mais envers et contre tout, le service Actu, avec évidemment le reste de la rédaction, s'assure que les informations sur tout ce que nous traversons depuis des mois vous parviennent. Pour ce faire, nous vous racontons des histoires venues directement du cœur des événements, autant que nous nous sommes transformés, malgré nous, en experts en drones et stratégie militaire. Parce que c'est notre travail, mais aussi parce que cela nous permet, dans une certaine mesure, de mettre des mots sur nos démons, de les extérioriser, de les inscrire dans l’histoire, noir sur blanc sur nos écrans et les vôtres... pour mieux leur faire face.

Alors, « Service mentalement instable » ? Peut-être, et ça se comprend vu les circonstances... Mais pas que.

Claire Grandchamps

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