La Constitution libanaise dispose dans son préambule au 1er paragraphe que « le Liban est une patrie souveraine, libre et indépendante. Patrie définitive pour tous ses fils, unitaire dans son territoire, son peuple et ses institutions, à l’intérieur de ses frontières fixées dans cette Constitution et reconnues internationalement ».
Nous vivons aujourd’hui dans une république bananière n’ayant pas de souveraineté, aucunement libre et encore moins indépendante…
Et pourtant, nous avons une occasion en or afin que le 1er paragraphe du préambule ne soit pas qu’un simple slogan et devienne une réalité concrète !
Génocide d’un peuple, génocide d’un pays, génocide d’une identité spécifique ! Quel autre qualificatif peut-on utiliser à l’ombre d’un groupement politique éhonté qui a trahi ledit préambule ? Qui n’a pas su ou voulu réagir à la destruction programmée de notre patrie ? L’État libanais est un État failli, car il coche toutes les cases du triptyque de la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU du 16 septembre 2011 notamment : la responsabilité de prévenir ; la responsabilité de réagir pour protéger les victimes ; la responsabilité de reconstruire.
Et l’indécence ne s’arrête pas là car, depuis octobre 2023, il a délégué une des attributions constitutives de l’État, « la décision de la guerre et de la paix », au Hezbollah, un parti qui s’enorgueillit d’appliquer l’agenda iranien, prenant ainsi le Liban et son peuple en otage et nous dépouille de notre souveraineté, aidé en cela par une classe politique lâche, peureuse et corrompue jusqu’à l’os !
Mais aujourd’hui alors que le Hezbollah vit sa tourmente, nous avons une obligation morale et patriotique, toutes communautés confondues, de nous unir parce que le Liban est une entité qui ne peut être fragmentée, ni ne peut accepter des projets d’implantations et demander d’une seule voix :
– Notre refus que le Liban ne soit transformé en une menace pour la paix et la sécurité et, réclamons l’intervention des Nations unies pour une période limitée afin de protéger la paix civile.
– Exigeons que soit élu un président de la République et qu’il forme un gouvernement de salut national, composé d’une petite équipe d’indépendants reconnus pour leur probité, leur succès dans leurs domaines respectifs et leur courage, qui aura pour mission :
1) l’application de toutes les résolutions du Conseil de sécurité et qu’elles soient prises sous le chapitre VII, afin que la Force intérimaire des Nations unies au Liban procède au désarmement du Hezbollah et qu’elle soit déployée sur tout le territoire libanais, pour protéger les frontières ;
2) le retour à l’accord d’armistice de 1949 avec Israël ;
3) de réclamer la neutralité positive du Liban ;
4) qu’il rédige une nouvelle loi électorale plus juste et représentative, permettant le vote électronique aux résidents et expatriés, et procéder aux élections sous l’égide des Nations unies ;
5) établir un plan exhaustif pour redresser les finances de l’État et récupérer les sommes spoliées à l’État et au peuple libanais.
Des tyrans qui se pensent grands, croyant nous avoir mis à genoux ; mais ils occultent que nous sommes les enfants d’un pays message ; d’une terre profanée mais toujours sacrée ;
d’une terre souillée jamais salie ; d’une terre occupée jamais asservie ; ils s’acharnent à transformer un peuple d’ouverture en un peuple sectaire ; un peuple libre en un peuple outragé ; un peuple fier en un peuple humilié ; un peuple qui honore la vie en un peuple qui glorifie la mort !
Ce qu’ils ne savent pas c’est que la fierté est dans notre ADN et qu’ils paieront un jour l’alliance entre la corruption et le crime organisé ! Qu’ils seront jugés un jour pour haute trahison.
Faisons que ce jour arrive le plus rapidement, unissons-nous, car il est grand temps de nous rappeler notre histoire, nous rappeler le peuple libre et fier que nous étions, et agissons pour que le Liban redevienne une patrie souveraine, libre et indépendante !
Marianne CHEBEL ISSA EL-KHOURY
Avocate aux barreaux
de Beyrouth et de Paris
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