Une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth, le 19 octobre 2024. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
La journée de samedi a été marquée par une dizaine de violentes frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth et Choueifate. En fin d'après-midi, l'aviation israélienne a procédé à une série de frappes qui ont principalement visé les quartiers de Haret Hreik et Bourj el-Brajné, ainsi que la localité de Choueifate, au sud de la capitale. Un pilonnage d'une intensité qui n'avait plus été vue depuis près de dix jours sur la banlieue sud. Ces bombardements ont été menés alors que le Hezbollah a lancé, depuis la matinée, des dizaines de salves de roquettes sur le nord d'Israël, notamment sur les villes de Haïfa, Acre et Safed, faisant un mort.
Un drone a également été lancé sur la maison du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Césarée, à plus de 70 km de la frontière, dans une attaque qui n'a jusqu'à présent pas été revendiquée.
Autre première de cette journée violente, un drone israélien a tué deux personnes dans une frappe ciblée sur une voiture à Sahel Alma, sur l'autoroute reliant Jounieh à Beyrouth. C'est la première fois qu'une frappe israélienne vise cette région du Mont-Liban, majoritairement chrétienne, depuis le début de la guerre le 8 octobre 2023.
Un homme tué à Acre
Depuis les premières heures du matin, le Hezbollah a revendiqué une vingtaine d'attaques, certaines à coups de larges salves de roquettes, sur le nord d'Israël. En plus d'une série de positions frontalières, le parti chiite a dit avoir lancé des roquettes sur Safed et le nord de Haïfa. Selon le Haaretz, les sirènes d'alerte ont retenti toute la matinée dans le Nord israélien, et un quinquagénaire a été tué par un débris de roquettes, qui avait été interceptée, à Acre. Plus de 200 roquettes auraient été tirées depuis le Liban, annonçait l'armée israélienne samedi soir.
Et alors qu'une vidéo montrant un drone, dont il est présumé qu'il vient du Liban, passant devant un hélicoptère dans le ciel de Haïfa, faisait le buzz sur les réseaux sociaux, la résidence privée de Benjamin Netanayhu à Césarée a été visée par un drone, qui aurait également été tiré du Liban. Cet engin a uniquement fait des dégâts matériels, ni le Premier ministre ni sa famille ne se trouvant sur les lieux au moment de la frappe. Le Premier ministre israélien a accusé le Hezbollah d'avoir tenté de l'assassiner et a menacé de faire payer un « prix élevé » à l'Iran et ses alliés, après qu'un drone a visé sa résidence privée samedi.
Un peu plus tard, la mission iranienne à l'Onu indiquait, dans un court communiqué, que le Hezbollah était à l'origine de l'attaque. « Cette action a été menée par le Hezbollah libanais », est-il indiqué dans ce communiqué cité par l'agence de presse officielle Irna.
Le parti chiite n'a pas revendiqué la frappe sur Césarée, ville qu'il n'a jamais annoncé avoir ciblé au cours de l'année écoulée.
Interrogé sur les accusations de M. Netanyahu à propos d'une responsabilité de l'Iran dans l'attaque de drone, le porte-parole de la diplomatie iranienne a fustigé des « mensonges ». « La diffusion de mensonges est la pratique actuelle et permanente de ce régime (Israël, NDLR) et de ses dirigeants criminels », a affirmé Esmaeil Baghaei, cité par l'agence Irna.
Tir de drone près de Jounieh
Parallèlement, et comme en riposte à cette escalade dans le nord d'Israël, l'armée de l'Etat hébreu a lancé une série de frappes violentes sur le Liban-Sud et la Békaa tout au long de la journée. Ces tirs se sont avérés meurtriers, notamment à Baaloul, dans la Békaa occidentale, où un bombardement a tué cinq personnes selon notre correspondante locale, Sarah Abdallah, parmi lesquelles le président de la municipalité de Sohmor, dans la même région. Des victimes ont également été déplorées à Bzaliyé, dans la Békaa également, où une frappe a fait deux morts, ainsi qu'à Kharayeb, dans le Sud.
Dans le Kesrouan, région où jusqu'à présent seul le village de Maaysra a été touché à trois reprises par des bombardements, un drone israélien a pris pour cible, vers 9h samedi, une voiture circulant du Nord vers Beyrouth, au niveau de Sahel Alma, dans la périphérie de Jounieh. C'est la première fois que cette zone côtière, principalement chrétienne, est frappée depuis le 8 octobre 2023. Après un premier tir, le drone a lancé un missile sur deux personnes qui avaient fui le véhicule, les tuant. Il s'agissait, selon les services de secours, d'un homme et d'une femme. Selon des informations circulant dans la presse, mais que L'Orient-Le Jour n'a pas pu vérifier de manière indépendante, l'homme serait un responsable au sein des services de renseignement du Hezbollah et la femme, son épouse, serait d'origine iranienne.
Frappes sur la banlieue sud
C'est d'ailleurs aussi un quartier général des renseignements du parti chiite qui a été, selon l'armée israélienne, visé dans la banlieue sud de Beyrouth, où plus d'une dizaine de frappes ont détruit des bâtiments des quartiers de Haret Hreik et Bourj el-Brajné. Un bombardement a également eu lieu à Choueifate, au sud de la capitale. L'armée israélienne y a notamment revendiqué des tirs contre des « caches d'armes » du Hezbollah. Plusieurs immeubles résidentiels ont toutefois été touchés.
Après ces bombardements, le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a dit, après une réunion ministérielle du G7 à Naples, que Washington souhaite qu'Israël réduise l'intensité de ses frappes sur Beyrouth et ses environs.
En outre, l'armée israélienne a annoncé poursuivre son offensive terrestre au Liban-Sud, où elle aurait détruit plusieurs tunnels. Ses soldats se sont toutefois heurtés à plusieurs opérations du Hezbollah, qui, selon le parti, a attaqué des militaires israéliens qui se trouvaient en territoire libanais, notamment au niveau de la porte de Fatima, à Kfar Kila, et de la périphérie de Aïta el-Chaab.

