Lebanon's Prime Minister Najib Mikati gives an interview to AFP in Beirut on October 15, 2024. (Photo by ANWAR AMRO / AFP) AFP or licensorsBeirut (AFP)ANWAR AMROlebanon-israel-palestinian-conflict-mikati
Le Premier ministre libanais sortant Nagib Mikati s'est insurgé vendredi matin contre les propos du président du Parlement iranien Mohammad Ghalibaf, publiés la veille dans un entretien, et dans lequel il a laissé entendre que Téhéran serait prêt à négocier avec Paris une application de la résolution onusienne 1701 concernant le Liban-Sud.
La résolution 1701 du Conseil de sécurité, adoptée pour mettre un terme à la guerre de juillet 2006, prévoit notamment le retrait du Hezbollah des zones au sud du Litani ; le déploiement de la Force intérimaire des Nations unies et de l’armée libanaise dans ces secteurs et, puis, à terme, la mise en œuvre de la résolution 1559. Ce texte, qui date de 2004, exige en effet le désarmement des « milices libanaises et non libanaises » au pays du Cèdre.
Dans un communiqué, M. Mikati s'est dit « surpris » par la déclaration faite par le chef du Législatif iranien dans son entretien avec le quotidien français Le Figaro. Cette prise de position « constitue une ingérence flagrante dans les affaires libanaises et une tentative d'établir une tutelle inacceptable sur le Liban », a écrit le Premier ministre sortant. Il affirme avoir « informé » lors de leurs récentes visites les responsables iraniens, notamment M. Ghalibaf et le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, de « la nécessité de comprendre la situation libanaise ».
Rejet de toute « tentative d'imposer de nouveaux mandats »
« Nous travaillons avec tous les amis du Liban, y compris la France, pour faire pression sur Israël », afin de parvenir à un cessez-le-feu, a ajouté Nagib Mikati, qui a souligné que les négociations sur la mise en œuvre de la 1701 sont aux mains « de l'État libanais ». Il a dans ce cadre a rejeté toute tentative « d'imposer de nouveaux mandats » sur le Liban « qui sont rejetés par toutes les considérations nationales et souveraines ». Le Liban a été sous mandat français entre 1923 et 1946.
Après la publication de ce communiqué, Nagib Mikati a également demandé au ministre sortant des Affaires étrangères, Abdallah Bou Habib, de convoquer le chargé d'affaires de l'ambassade d'Iran à Beyrouth afin de l'interroger sur les propos de Mohammad Ghalibaf. Il a demandé au chef de la diplomatie d'informer le chargé d'affaires iranien de la position officielle libanaise à cet égard.
Propos « totalement erronés »
Une source proche de M. Ghalibaf, citée par la chaîne pro-iranienne al-Mayadeen, a indiqué que les propos rapportés par Le Figaro étaient « totalement erronés ».
La veille, le député du Hezbollah Hassan Fadlallah avait assuré que les négociations sur un cessez-le-feu étaient « aux mains du président du Parlement libanais Nabih Berry, en coopération avec M. Mikati », et précisé que le parti chiite « coordonnait » avec M. Berry.
Dans son interview, M. Ghalibaf avait affirmé souhaiter « un cessez-le-feu aussi rapide que possible » au Liban-Sud. Pour atteindre cet objectif, le président du Parlement iranien affirmait que son pays serait prêt à négocier concrètement les mesures d’application de la 1701 avec la France, qui agirait en pays médiateur entre le Hezbollah et Israël.
Pour rappel, avant de se rendre à Genève, d'où il a accordé son entretien au Figaro, le président du Parlement iranien était venu à Beyrouth samedi dernier en pilotant lui même l’avion qui a atterri à l’aéroport de Beyrouth. Il avait alors rencontré plusieurs responsables libanais dont le Premier ministre sortant Nagib Mikati et le président de la Chambre Nabih Berry.




Tiens tiens brusquement amnésique. Il oublié qu'à cause de nos politiciens de tous bords, le Liban est toujours le proxy d'un autre: iranien, saoudien, americain, russe, syrien plus tout le menu fretin... mais bon, nous avons massivement voté pour garder ces mêmes politiciens, la vie est belle, non?
12 h 38, le 19 octobre 2024