Des véhicules de la Force intérimaire des Nations unies au Liban patrouillant à Marjeyoun au Liban-Sud, le 12 octobre 2024. Photo AFP
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a appelé dimanche le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres à « retirer » les soldats de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) du sud du pays. Cet appel aussitôt condamné par Beyrouth a été lancé moins de 24 heures après que quarante pays ont exprimé leur « soutien total » aux Casques bleus et exhorté à les protéger. Cinq d'entre eux ont été blessés en deux jours, en fin de semaine, par des tirs israéliens, alors que les combats entre le Hezbollah et l'armée israélienne, qui mène une offensive terrestre, font rage depuis fin septembre le long de la Ligne bleue.
Antonio Guterres, a répondu en réaffirmant que « le personnel de la Finul, et ses locaux ne doivent jamais être pris pour cible », que « les attaques contre les soldats de la paix sont contraires au droit international (...) et peuvent constituer un crime de guerre », selon des propos rapportés par son porte-parole Stéphane Dujarric. Il a aussi assuré que « les soldats de la paix de la Finul restent sur toutes leurs positions et le drapeau des Nations unies continue de flotter ».
La Finul a publié un communiqué dimanche demandant des explications à Israël concernant des « violations choquantes » commises par ses troupes au Liban-Sud. Ces violations incluent notamment le blocage, samedi, par l'armée israélienne d'un mouvement logistique crucial de la Finul près de Meiss el-Jabal, lui interdisant le passage, des tirs de chars Merkava sur l’entrée d’une position de la Force à Ramié, dans le caza de Bint Jbeil, ainsi que l’entrée illégale de soldats israéliens sur le territoire libanais en franchissant la ligne bleue. La Finul indique également que 15 de ses soldats ont dû être soignés après avoir été asphyxiés par la fumée provoquée par un tir israélien près d’une autre de ses positions. Pendant la soirée, l'armée israélienne a indiqué qu'un de ses chars avait percuté dimanche un poste des Casques bleus de l'ONU au Liban (Finul), alors qu'il subissait des tirs nourris, une version qui cadre difficilement avec celle de la Finul.
La Finul est déployée au Liban-Sud pour faire office de force tampon avec Israël. Son quartier général est installé à Naqoura, près de la frontière. Cette force de plus de 9 500 soldats est prise sous les feux croisés des soldats israéliens et du Hezbollah, depuis que ce dernier a ouvert un front contre Israël en octobre 2023. Elle accuse désormais les troupes israéliennes de tirs « répétés » et « délibérés » sur ses positions, qui ont blessé cinq Casques bleus en deux jours. Ses principaux contingents proviennent d'Indonésie, d'Inde, du Ghana, d'Italie, du Népal, de Malaisie, d'Espagne, d'Irlande et de France.
Dans un communiqué dimanche, Benjamin Netanyahu a, lui, demandé le retrait des Casques bleus des « bastions du Hezbollah » au Liban-Sud, estimant que tout refus en ferait « des otages du Hezbollah ». Il a ajouté que la présence de la Finul mettait en danger la vie de ses soldats. Il a aussi rappelé avoir demandé à plusieurs reprises à l'ONU de retirer ses troupes de la bande frontalière avec Israël, mais avoir été confronté à des « refus répétés », ce qui selon lui fournit un bouclier humain aux combattants du Hezbollah.
Le Premier ministre libanais sortant Nagib Mikati a rapidement condamné cet appel, dénonçant une « nouvelle agression d'Israël et son hostilité envers les forces de l'ONU » au Liban. Il a dans le même temps critiqué « le mépris d'Israël pour la légitimité internationale », tout en réaffirmant l'engagement de Beyrouth vis-à-vis de la résolution 1701 et du rôle positif de la Finul.
Georgia Meloni et le Pape
Samedi, au moins 40 pays ont exprimé leur soutien « complet » à la Finul et exhorté à protéger les Casques bleus. Dans une lettre diffusée par la mission de la Pologne à l'ONU, ces pays ont condamné les récentes attaques contre les soldats de la paix, demandant qu'elles cessent immédiatement et fassent l'objet d'une enquête. Six autres pays, dont l'Allemagne et l'Inde, ont également rejoint cet appel.
Les 40 pays, incluant des États européens comme l'Italie, l'Espagne, la France, le Royaume-Uni et l'Irlande, ainsi que des pays comme le Népal et l'Indonésie, ont souligné l'importance du rôle de la Finul, notamment dans le contexte de l'escalade des tensions au Proche-Orient.
La Finul avait mis en garde contre un conflit régional « catastrophique », alors que l'armée israélienne combat le Hezbollah et le Hamas. Les tirs israéliens contre ses positions ont déclenché une vague de condamnations internationales, y compris des États-Unis.
Rome a dénoncé de possibles « crimes de guerre » et convoqué l'ambassadeur israélien. Dimanche, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a réaffirmé, au cours d’un appel avec le ministre israélien des Affaires étrangères Israel Katz, que les attaques israéliennes contre les soldats de la paix de l’ONU au Liban étaient inacceptables, selon un communiqué du gouvernement italien. Le pape François a pour sa part appelé au respect des soldats de la Finul et à un cessez-le-feu immédiat, demandant de privilégier la diplomatie pour parvenir à la paix.



C'est parcequ'il y'a un seul pays qui compte. C'est les Etas Unis et ils sont bel e bien implique dans tout ce qui ce passe bien qu'ils le nient et pretendent etre humanitaire.
08 h 22, le 14 octobre 2024