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Société - Guerre Au Liban

Dans le sud du Liban, l'angoisse des pêcheurs après l'ordre d'évacuation d'Israël

Cette nouvelle crise « va affecter 400 familles qui vivent au jour le jour des bénéfices de la pêche », selon le syndicat des pêcheurs de Saïda. 

L'assemblage du matériel dans le port de Tyr, après le retour d'une sortie de pêche, le 8 février 2024. Photo Mohammad Yassine

Les pêcheurs du Liban-Sud ne sont pas sortis mardi, a constaté un journaliste de l'AFP, au lendemain d'un ordre d'évacuation de l'armée israélienne prévenant qu'elle s'apprêtait à étendre ses opérations contre le Hezbollah dans la "zone côtière". À Saïda, sur le port, les bateaux de pêche et les quelques embarcations qui habituellement transportaient des vacanciers sont à quai ; le marché à la criée, lui, est inhabituellement calme.

Le secrétaire général du syndicat des pêcheurs de Saïda, Mohammad el-Samra, a indiqué au correspondant de L’Orient-Le Jour Mountasser Abdallah que les avertissements contre les sorties de pêche leur sont parvenus autant du porte-parole de l’armée israélienne que des forces de l’ordre libanaises. Il précise que 173 bateaux sont restés à quai cette nuit à Saïda, et que cette nouvelle crise va affecter 400 familles qui vivent au jour le jour des bénéfices de la pêche. « Nous appelons urgemment les responsables à nous aider », a-t-il lancé.

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« Nos familles vont avoir faim »

Rabih Sounboul, un pêcheur de Saïda, a assuré à L’OLJ n’être pas sorti en mer avec son frère cette nuit en raison des menaces. « Seuls quelques pêcheurs sont sortis avant les menaces, mais ils n’ont toujours pas pu aller chercher leurs filets de peur des frappes », a-t-il poursuivi, ajoutant que quelques autres ont tenté de déplacer leurs bateaux vers d’autres ports, sans succès. « Si un blocus nous est imposé, ce sera un grand défi pour nous parce que nos familles vont avoir faim. Chaque pêcheur a une famille qui n’a aucune assurance », lâche Rabih.   « Hier à 21h nous avons été informés officiellement par l'armée libanaise qu'il était interdit de sortir en mer et nous respectons cet ordre », explique -t-il.

« Si ça continue, le marché aux poissons va bientôt fermer », prévient dans un appel avec l'AFP Mohammed Bidaoui, également membre du syndicat des pêcheurs de Saïda dans les allées quasi-déserte de la criée. Pour M. Bidaoui, « 5.000 à 6.000 personnes » se retrouvent « dans une situation difficile ». « Il va falloir aider les pêcheurs et les commerçants du marché aux poissons », plaide-t-il.

Lundi soir, l'armée israélienne, désormais en guerre ouverte au Liban où elle mène chaque jour bombardements et incursions terrestres, avait ordonné aux habitants de ne pas se rendre sur les plages ou en mer dans le sud du pays, frontalier d'Israël. Les forces armées israéliennes avaient annoncé qu'elles viseraient « bientôt les activités terroristes du Hezbollah dans la zone côtière » du sud, longue d'une soixantaine de kilomètres.

Issam Habouch regarde tristement les bateaux qui tanguent doucement sur l'eau, alignés les uns près des autres dans le port au-dessus duquel flotte le drapeau national rouge et blanc frappé d'un cèdre.
Devant une mer d'huile où aucun filet n'a été jeté depuis le matin, ce pêcheur bloqué sur la terre ferme s'inquiète pour sa famille. « On faisait vivre nos enfants avec la pêche, si on ne sort pas, on ne peut pas se nourrir », dit-il à l'AFP.

Autour de lui, d'autres pêcheurs acquiescent: « On est comme les déplacés du reste du pays », plus de 1,2 million de personnes qui parfois ont perdu leur maison ou dû fuir des villages désormais sous les bombes, dit l'un d'eux, Hamza Sonboul. Tous réclament des aides pour continuer à survivre dans un pays où, selon la Banque mondiale, le taux de pauvreté a triplé, à 44%, durant la décennie écoulée.

Les pêcheurs du Liban-Sud ne sont pas sortis mardi, a constaté un journaliste de l'AFP, au lendemain d'un ordre d'évacuation de l'armée israélienne prévenant qu'elle s'apprêtait à étendre ses opérations contre le Hezbollah dans la "zone côtière". À Saïda, sur le port, les bateaux de pêche et les quelques embarcations qui habituellement transportaient des vacanciers sont à quai ; le marché à la criée, lui, est inhabituellement calme.Le secrétaire général du syndicat des pêcheurs de Saïda, Mohammad el-Samra, a indiqué au correspondant de L’Orient-Le Jour Mountasser Abdallah que les avertissements contre les sorties de pêche leur sont parvenus autant du porte-parole de l’armée israélienne que des forces de l’ordre libanaises. Il précise que 173 bateaux sont restés à quai cette nuit à...
commentaires (2)

Pauvre pêcheurs.

Marie Claude

08 h 12, le 09 octobre 2024

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Commentaires (2)

  • Pauvre pêcheurs.

    Marie Claude

    08 h 12, le 09 octobre 2024

  • La terre et les airs ne leur suffisent plus : à présent il leur faut la mer!

    Politiquement incorrect(e)

    14 h 30, le 08 octobre 2024

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