Le centre du Comité sanitaire islamique visé par une frappe israélienne à Bachoura, au centre de Beyrouth, le 3 octobre 2024. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Dans la nuit de mercredi à jeudi, une violente frappe israélienne a visé le coeur de Beyrouth, ciblant dans le quartier de Bachoura un centre de secouristes. Peu après ce raid, le deuxième sur le centre de la capitale depuis octobre 2023, des riverains ont fait état d'une odeur spéciale et de poussière blanche dans l'air du quartier, évoquant la possibilité qu'Israël y ait lancé du phosphore blanc.

« Le phosphore blanc, qui peut être utilisé comme écran de fumée ou comme arme, peut potentiellement causer des dommages aux civils en raison des graves brûlures qu'il provoque et de ses effets persistants à long terme sur les survivants », précisait en octobre 2023 Human Rights Watch. Il a été utilisé à de nombreuses reprises par Israël le long de la frontière sud du Liban.
Sur place à Bachoura, Kamel el-Zahloul, responsable au Comité sanitaire islamique (CSI, affilié au Hezbollah), dont un centre a été visé, a affirmé à notre journaliste Caroline Hayek que « rien n’indique pour l’instant que du phosphore a été utilisé lors de la frappe », mais que « des tests sont en cours ».
Neuf morts et des tests ADN
Dans la matinée, CSI a confirmé que sept de ses secouristes ont été tués dans la frappe de la nuit sur un de ses centres. Il s'agit de Raja Zreik, Mahdi Halbaoui, Wissam Salhab, Ahmad Hayek, Moustapha Moussaoui, Sajed Cherri et Hassan Khansa. Si les cinq premiers étaient responsables au sein du centre, les deux derniers étaient des bénévoles, selon le communiqué du CSI.
Et selon le ministère de la Santé, le bilan toujours provisoire de cette frappe a encore augmenté et est passé à neuf morts et 14 blessés, dont quatre sont toujours hospitalisées, selon le ministère de la Santé. Le ministère précise que des tests ADN ont été effectués pour identifier certains morceaux de corps. Un responsable du CSI sur place évoque quant à lui dix morts.
Sur place, Mohammad, un voisin du centre, a raconté ce qu'il a vu au cours de la nuit à L'OLJ. « J'étais sur le toit de la maison en train de nourrir mes pigeons quand j’ai vu passer au-dessus de ma tête une lumière indescriptible. J’ai cru que ça allait tomber sur nous, mais ça a atteint l’immeuble d’en face. J’ai été propulsé à terre par la déflagration ».


