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« Alors on fait quoi, nous ? »

Chère lectrice, cher lecteur,

Il se tient debout, au milieu de la salle de rédaction culturelle, pantalon, tee-shirt all black, très chic, dans son nuage de parfums mélangés. Tapotant avec les deux pouces sur son smartphone, le Gen Z lève ses yeux et lance : « Alors on fait quoi, nous, au culturel ? ». Les messages de fermetures de théâtres, de galeries, d’annulations se multiplient dans les boîtes mails. Les bombardements s’intensifient. On n’arrive plus à dénombrer les victimes. Devant la folie meurtrière, l’actualité morbide et insoutenable, la peur au ventre, le cerveau ankylosé, qui va se soucier de culture ?

Les trois millenials qui lui font face haussent les épaules. D’impuissance. D’avoir vécu ce scénario maintes fois dans leur vie journalistique. « Combien de guerres peut-on vivre dans une vie ? », soupire une collègue. Considérations sur le malheur d’être né au Liban à méditer…

Par ailleurs, il est parfaitement normal, vu la situation cauchemardesque que vit le pays, que la scène culturelle libanaise gèle ses activités.

Mais il semble que les opérateurs du secteur ne sont pas des cigales qui, après avoir chanté tout l’été, se trouvent démunis aux premières pluies. Certains ont réagi rapidement. Après avoir annoncé la fermeture de son espace, le Beirut Art Center, l’une des institutions culturelles les plus reconnues, a lancé une campagne de collecte de dons sur son site internet.

Idem pour le Metro Madina qui consacre les journées de vendredi 27, Samedi 28 et lundi 30 à la collecte d’aides dans son local à l’Aresco Palace, rue de la Banque du Liban à Beyrouth.

Plus aucune actualité culturelle au pays des Cèdres, mais ses enfants disséminés dans la diaspora ne chôment pas. Au contraire. Le Festival d’Aix et la Menart Fair à Paris en témoignent.

Une fois le premier choc absorbé, nombre d’initiatives artistiques germeront.

Et nous, journalistes culturels, seront là pour vous les raconter. C’est ce que nous ferons. C’est ce que nous avons toujours fait.

Bonne lecture !

Maya Ghandour Hert

Cheffe du service culturel 

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