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Société - Guerre Au Liban

Comment expliquer la guerre aux enfants ?

Le psychologue et psychothérapeute Wissam Koteit et l'experte en éducation auprès de l'Unesco Maysoon Chehab répondent aux questions de « L'Orient-Le Jour ».

Comment expliquer la guerre aux enfants ?

De la fumée s'élève du site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé le village de Khiam, dans le sud du Liban, le 25 septembre 2024. Rabih Daher/AFP

Alors qu'il n'était pas totalement sorti de la guerre de 2023-2024, le Liban se retrouve happé dans l'escalade de violence qui embrase la région depuis le lancement de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran le 28 février. La bascule s'est faite dans la nuit de dimanche à lundi, quand le Hezbollah a revendiqué des tirs contre Israël, en soutien à son parrain iranien. La réponse de l'armée israélienne ne s'est pas fait attendre, prenant la forme de bombardements massifs contre la banlieue sud de Beyrouth, le Liban-Sud et la Békaa, qui ont fait des dizaines de morts et des milliers de déplacés. Lundi matin, l’armée israélienne annonçait être passée à « l'offensive » contre le Hezbollah et se préparer à plusieurs jours de « combats ».

Une nouvelle fois, les enfants du Liban vont être particulièrement exposés. Et nombre de parents désarmés. Entre le fracas des bombardements israéliens, la violence, les déplacements, que dire aux enfants ? Comment les rassurer ? Et comment maintenir leur instruction, si les cours sont perturbés ?

L’Orient-Le Jour a demandé conseil à deux experts pour aider les parents. Le psychologue clinicien et psychothérapeute Wissam Koteit s’est ainsi penché sur la santé mentale des enfants face à la guerre, tandis que l’experte en éducation auprès du bureau régional de l’Unesco à Beyrouth, Maysoon Chebab, est intervenue sur la nécessité de poursuivre leur instruction.

Rassurer l’enfant en recréant une routine sécurisante

Préserver la santé mentale de son enfant implique une série d’attitudes créatives à adopter, de réponses aux questions qu’il pose, en adaptant les propos à son âge, à sa situation géographique et à la manière dont il a été confronté ou non à des images, des informations ou une situation de guerre, recommande tout d’abord Wissam Koteit, tout en se gardant de donner des recettes toutes faites.

Partant de cette constante, « les parents devraient dire à leur enfant que sa sécurité est leur priorité première ». Ils devraient « l’aider à formuler ses sentiments et sa pensée, sans minimiser ni amplifier ses propos ». Ils pourraient aussi le rassurer en lui racontant qu’ils ont déjà fait face à cette situation, qu’ils l’ont traversée et dépassée, et que, bientôt, tout rentrera dans l’ordre, conseille le psychologue.

Il est de plus nécessaire de « recréer une routine sécurisante autour de l’enfant » si cette routine a été perdue, en cas de déplacement ou d’interruption de l’école. « Le sommeil est au cœur de cette routine, lié à une série d’habitudes rassurantes comme la lecture d’un conte ou l’échange de paroles avec les parents », insiste-t-il. Et si les parents poussent leur enfant à pratiquer un sport ou une activité, ils devraient montrer l’exemple.

Il est également bénéfique de mettre l’accent sur le fait qu’il existe des personnes et des associations bienveillantes qui sont là pour les aider.

En revanche, « il est indispensable de limiter l’accès de l’enfant et de l’adolescent aux réseaux sociaux et informations télévisées, afin de lui éviter d’être confronté aux images insoutenables », observe Wissam Koteit. De même, les parents devraient restreindre leurs propres temps de suivi des informations et contenir leurs émotions devant l’enfant car, en fonction des situations, une anxiété excessive des parents pourrait se répercuter sur lui.

Aux questions de l’enfant sur le pourquoi de la guerre et du déplacement, les parents devraient répondre par des formulations simples. Par exemple : « Il y a des gens qui veulent obtenir le pouvoir par la force, mais nous ne sommes pas d’accord, c’est pour cela qu’on se protège » ; « Nous cherchons votre sécurité, mais bientôt nous rentrerons chez nous ». Les parents devraient de plus « éviter de réagir à chaud ou d’élaborer des plans à long terme, comme planifier de quitter le pays ou se ruer dans les supermarchés », ajoute-t-il.

« Dans le cas où l’enfant serait témoin (d'un événement traumatique), un suivi personnel est conseillé, sachant que chaque enfant réagit différemment à chaque situation », conclut Wissam Koteit.

Lire, revoir ses leçons, entraîner sa mémoire

En cas de fermeture des écoles, les enfants sont exclusivement avec leurs parents. À ces derniers de poursuivre leur éducation et de les protéger durant cette période difficile, observe de son côté Maysoon Chehab. Les parents doivent donc maintenir une routine de vie qui procure à leur enfant un sentiment de sécurité. « Se lever et prendre le petit déjeuner à la même heure, lire, jouer, passer du temps avec sa famille est rassurant », note l’experte.

De même, étudier et poursuivre son instruction est un excellent moyen d’éviter le chambardement de son quotidien. « Les parents devraient donc l’encourager à lire, à revoir ses leçons, à faire ses devoirs, à entraîner sa mémoire, s’ils n’ont pas la capacité de lui enseigner de nouvelles notions », souligne-t-elle.

La guerre ayant un impact psychologique indéniable sur l’enfant, il est normal qu’il ait des difficultés à reprendre les cours, à se concentrer. « D’où la nécessité que ses parents lui assurent un soutien affectif et psycho-social, lui montrent qu’ils sont attentifs à ce qu’il ressent et concernés par son bien-être », conseille Maysoon Chehab.

Alors qu'il n'était pas totalement sorti de la guerre de 2023-2024, le Liban se retrouve happé dans l'escalade de violence qui embrase la région depuis le lancement de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran le 28 février. La bascule s'est faite dans la nuit de dimanche à lundi, quand le Hezbollah a revendiqué des tirs contre Israël, en soutien à son parrain iranien. La réponse de l'armée israélienne ne s'est pas fait attendre, prenant la forme de bombardements massifs contre la banlieue sud de Beyrouth, le Liban-Sud et la Békaa, qui ont fait des dizaines de morts et des milliers de déplacés. Lundi matin, l’armée israélienne annonçait être passée à « l'offensive » contre le Hezbollah et se préparer à plusieurs jours de « combats ». Une nouvelle fois, les enfants du...
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Treatment Approaches Early intervention is crucial. Effective treatments include: Trauma-Focused Cognitive-Behavioral Therapy (TF-CBT): Helps children process memories and change negative thought patterns. Play Therapy/Art Therapy: Allows younger children to express emotions they cannot verbalize. Family Therapy: Helps parents create a safe environment and manage their own stress to support the child. Medication: Occasionally used to manage severe anxiety or depressi

M.J. Kojack

14 h 21, le 02 mars 2026

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  • Treatment Approaches Early intervention is crucial. Effective treatments include: Trauma-Focused Cognitive-Behavioral Therapy (TF-CBT): Helps children process memories and change negative thought patterns. Play Therapy/Art Therapy: Allows younger children to express emotions they cannot verbalize. Family Therapy: Helps parents create a safe environment and manage their own stress to support the child. Medication: Occasionally used to manage severe anxiety or depressi

    M.J. Kojack

    14 h 21, le 02 mars 2026

  • PTSD in children is a mental health condition arising from, or witnessing, traumatic events like abuse, accidents, or disasters, resulting in long-term symptoms. Key signs include reliving the event through play or nightmares, avoiding reminders, irritability, and behavioral regression (e.g., bedwetting). Treatment often involves trauma-focused therapy (CBT) and, occasionally, medication

    M.J. Kojack

    14 h 19, le 02 mars 2026

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