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Politique - Guerre Au Liban

Isaac Herzog réfute l'idée d'une « réoccupation du Liban-Sud »

Écartée publiquement par le président israélien, la possibilité d'une opération au sol reste cependant une option pour certains responsables politiques.
Isaac Herzog réfute l'idée d'une « réoccupation du Liban-Sud »

Le président israélien Isaac Herzog lors d'une conférence de presse avec son homologue serbe à Belgrade, le 11 septembre 2024. Olivier Bunic/AFP

Au lendemain du lancement de l'opération « Flèches du nord » par l'armée israélienne, pour qualifier les bombardements massifs menés au Liban-Sud et dans la Békaa, le président israélien Isaac Herzog a tenu à réfuter les velléités territoriales présumées du gouvernement israélien au Liban.

Dans une interview accordée mardi à la chaîne d'information américaine CNBC, le chef de l’État hébreu a précisé les objectifs de son pays en intensifiant ses frappes au Liban. « La position du gouvernement israélien a été claire : nous n'avons pas d'attentes ou d'ambitions territoriales au Liban ou ailleurs », a-t-il déclaré à propos de la possibilité d'une nouvelle occupation israélienne du Liban-Sud. « Non, cela n'est pas un objectif. [...] Ce que nous voulons est de permettre le retour de nos citoyens dans le nord et nous remplirons cet objectif, quoi qu'il en coûte. Nous avons montré nos capacités et nous en avons encore beaucoup plus à notre disposition si le Hezbollah poursuit son action », a-t-il ajouté.


« Pas de distinction » entre le Hezbollah et le Liban

Ces propos du président israélien vont pourtant à rebours de ceux qu'ont pu tenir récemment plusieurs ministres, actuels ou anciens, du gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu. Si le Premier ministre et son état-major maintiennent le flou sur la question sans mentionner publiquement cette option, d'autres ne s'en sont pas privés.

Pas plus tard que dimanche dernier, Yoav Kisch, le ministre israélien de l'Éducation, invitait son état-major à ne pas faire de distinction entre le parti chiite et le Liban officiel : « Je dis cela aux Français et aux autres pays du monde qui prétendent le contraire : il n'y a pas de différence entre le Hezbollah et le Liban. Je le dis de façon très franche, nous sommes dans une situation où le Liban va vers l'annihilation », avait-il déclaré sur la chaîne de télévision israélienne Channel 14, alors qu'il était interviewé pour annoncer des fermetures d'école sur le territoire israélien.

Et le ministre d'ajouter : « Le Liban tel que les Libanais le connaissent ne sera plus. Il cessera d'exister. Le prix de l'agression depuis le territoire du Liban sera payé par l'État du Liban ». Des menaces qui font échos à celles proférées par le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, qui avait notamment rappelé en juin dernier qu'« Israël a la capacité de ramener le Liban à l'âge de pierre, dans n'importe quelle guerre avec le Hezbollah ».

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De son côté, l'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Danny Danon, a affirmé mardi qu'Israël n'a « aucun désir » d'une « invasion au sol » du Liban, selon des propos rapportés par AFP et Reuters.

Il a aussi affirmé que son pays était ouvert aux idées de désescalade du conflit au Liban. « En ce moment même, des forces importantes tentent de proposer des idées et nous sommes ouverts à cela, a-t-il déclaré à la presse. Nous ne sommes pas désireux de lancer une invasion terrestre où que ce soit... Nous préférons une solution diplomatique ».

Après avoir quitté le cabinet de guerre de Benjamin Netanyahu le 9 juin dernier, le président du parti de l'Unité nationale, Benny Gantz, a déclaré lundi qu'il soutenait le gouvernement dans le contexte d'une possible invasion du Liban, selon le Jerusalem Post. « La menace d'infiltration (de la part du Hezbollah) doit être écartée et les tirs doivent cesser. Nous devons agir non seulement contre le Hezbollah, mais aussi contre l'État souverain du Liban, qui porte la responsabilité du terrorisme émanant de son territoire », a-t-il déclaré avant de poursuivre : « Au croisement des chemins où nous nous trouvons, il y a deux façons d'aller de l'avant : les séries de tirs qui contiendront ceux du Hezbollah et les éloigneront de la frontière, ou la poursuite de l'offensive, y compris une entrée au sol si cela s'avère nécessaire ».

L'armée israélienne avait conduit deux invasions terrestres en 1978 et 1982 du Liban-Sud, avant de l'occuper jusqu'à son retrait en 2000. Une troisième opération au sol avait été menée lors de la guerre de juillet 2006, qui avait fait en 33 jours 1 200 morts libanais, principalement des civils, et 160 morts israéliens, majoritairement des militaires.

Selon un décompte de L'Orient-Le Jour, le bilan humain des derniers affrontements au Liban a grimpé à 1 331 morts, dont au moins 309 civils.

Au lendemain du lancement de l'opération « Flèches du nord » par l'armée israélienne, pour qualifier les bombardements massifs menés au Liban-Sud et dans la Békaa, le président israélien Isaac Herzog a tenu à réfuter les velléités territoriales présumées du gouvernement israélien au Liban. Dans une interview accordée mardi à la chaîne d'information américaine CNBC, le chef de l’État hébreu a précisé les objectifs de son pays en intensifiant ses frappes au Liban. « La position du gouvernement israélien a été claire : nous n'avons pas d'attentes ou d'ambitions territoriales au Liban ou ailleurs », a-t-il déclaré à propos de la possibilité d'une nouvelle occupation israélienne du Liban-Sud. « Non, cela n'est pas un objectif. [...] Ce que nous voulons est de permettre le retour de nos...
commentaires (4)

Un président dans l'entité, c'est un poste honorifique.

Dorfler lazare

00 h 01, le 25 septembre 2024

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Commentaires (4)

  • Un président dans l'entité, c'est un poste honorifique.

    Dorfler lazare

    00 h 01, le 25 septembre 2024

  • Israelis have proven to be serial liars. Who would believe them?

    Mireille Kang

    23 h 30, le 24 septembre 2024

  • Refute l'occupation du Liban-Sud? Les promesses n'engagent que ceux qui y croient, mais celle-ci est neanmoins interessante...

    Khoueiry Marc

    20 h 54, le 24 septembre 2024

  • Sauf si erreur de ma part, les propos tenus par Yoav Kisch datent de Juin 2024 et non pas de mercredi dernier

    Majima

    19 h 44, le 24 septembre 2024

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