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"Si Riad Salamé reste présumé innocent, sa détention provisoire est une nouvelle très importante pour tous ceux qui avaient perdu espoir en matière de redevabilité quant aux délits financiers", a déclaré à L'Orient-Le Jour l'avocat fiscaliste Karim Daher, membre de l'Aldic (l'Association libanaise pour les droits et les intérêts des contribuables) et ancien président de la commission de défense des droits des déposants au barreau de Beyrouth.
"Sans être liée ou dépendante, elle pourra aussi être utile dans le cadre des procédures ouvertes en Europe, notamment pour blanchiment d’argent, dès lors que de nouveaux éléments apparaîtraient dans cette enquête, par exemple", a-t-il ajouté.
"Il faudra cependant rester vigilant, car on peut légitimement craindre que Riad Salamé ne serve de bouc émissaire permettant aux responsables politiques de 'tourner la page', comme ils l’ont déjà fait dans le passé après la guerre civile", conclut Me Daher.
Alors que dans certains milieux politiques et associatifs, on se réjouit du placement en détention provisoire de l’ex-patron de la Banque du Liban Riad Salamé, William Bourdon, fondateur de l’association Sherpa et avocat français du collectif des victimes des pratiques frauduleuses et criminelles au Liban, se montre « sceptique » à ce stade de la procédure.
« Lorsque le pouvoir judiciaire fait son devoir et exerce son rôle de manière indépendante et audacieuse, la justice est rendue », a de son côté réagi sur X le député Ibrahim Kanaan.
Il a également « mis en garde contre toute tentative d'ingérence dans le système judiciaire et son travail, en particulier dans ce dossier ».
Réactions : Voici les réactions conjointes de Me Zena Wakim et Me Etienne Arnaud, avocats au sein de la fondation suisse Accountability Now, une fondation suisse qui s’est fixée pour mission de lutter contre l’impunité des responsables libanais :
- Concernant les conséquences de l'arrestation de Riad Salamé sur les enquêtes qui le visent à l’étranger :
« Si un jugement est rendu au Liban sur les mêmes faits que ceux qui font l’objet d'enquêtes en Allemagne, en France, en Suisse, au Royaume-uni et dans de nombreux autres pays, le processus judiciaire dans ces pays s'en trouve ébranlé. Dans le cadre de cette hypothèse, l'arrestation de M. Salamé pourrait être une manière de le protéger, conformément au principe en droit du ‘ne bis in idem’ (nul ne peut être poursuivi ou puni pénalement (une seconde fois) à raison des mêmes faits, ndlr). »
- Concernant le timing de son arrestation :
« Il est vrai que le timing interroge parce que Riad Salamé est recherché sur la base d’une notice rouge d'Interpol depuis un an. Ce que nous savons, c'est que les enquêtes à l'étranger sont toujours très actives et continuent de s'étendre à un plus grand nombre de personnes appartenant au réseau Salamé, que ce soit des banquiers, des auditeurs ou d'autres politiciens libanais.
Le timing pourrait donc s'expliquer par une volonté d'éviter une expansion des enquêtes à l'étranger. Quoi qu'il en soit, le timing des actions au Liban est souvent dicté par des démarchages politiques accompagnés de mises en scène qui servent les scénarios des uns et des autres. »
Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, s’est également réjoui sur X de l’arrestation de l'ex-gouverneur de la BDL Riad Salamé, saluant la décision du procureur général près du parquet de Cassation, Jamal Hajjar, qui « a défié le système » en s’en prenant à l'ex-« dirigeant financier du Liban et voleur de l'argent libanais ».
Le gendre du président Michel Aoun, qui considère l’ancien gouverneur comme l’un des principaux reposables de la crise financière que traverse le pays, a estimé que le magistrat « redonne espoir au peuple libanais » en ce qui concerne la capacité du système judiciaire à demander des comptes aux dirigeants du pays en tort.
M. Bassil a également émis l’espoir que Jamal hajjar « aille jusqu'au bout, sans se laisser influencer par les pressions et sans permettre que des tours soient joués ».
L'association le Cri des déposants, qui a salué l'arrestation de Riad Salamé, a appelé à un "sit-in de solidarité avec le pouvoir judiciaire", jeudi à 10h, devant le palais de justice de Beyrouth.
L'ancien gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé à Beyrouth, le 20 décembre 2021. Photo Joseph EID / AFP
Riad Salamé fait l'objet d'enquêtes au Liban et dans au moins quatre pays européens pour avoir, selon les diverses accusations, détourné des centaines de millions de dollars de la banque centrale au détriment de l'État libanais et pour avoir blanchi ces fonds à l'étranger.
➡️ Voici cinq choses à savoir sur l'ancien gouverneur de la BDL.
Focus : Pour comprendre l'affaire Optimum Invest, et ses liens avec la Banque du Liban, nous vous invitons à lire cet article tiré de nos archives en cliquant ici
Point procédure : Une source proche du parquet de Cassation a affirmé à L'Orient-Le Jour que le délai légal de l’arrestation provisoire de Riad Salamé est de quatre jours. Pendant cette période, il est possible que le procureur général près du parquet de Cassation Jamal Hajjar convoque d’autres personnes en lien avec le dossier pour lequel l'ex-gouverneur de la BDL a été arrêté, afin, de tirer au clair certains points.
La source précise également qu'une fois l’interrogatoire de M. Salamé achevé, Jamal Hajjar défèrera le dossier au Parquet d’appel de Beyrouth qui agira sous sa supervision. Dans une étape suivante, le Parquet d’appel devrait déférer le dossier au premier juge d’instruction de Beyrouth.
La directrice exécutive d'Optimum a affirmé à L'Orient-Le Jour que la société n'a pas été convoquée à la séance d'audience de l'ex-gouverneur de la BDL.
"Nous n'avons pas été informés de l'arrestation de Riad Salamé", a-t-elle-ajouté.
Pour comprendre, en cinq minutes et en vidéo : Le cas Riad Salamé, ce qu'il faut savoir en 5 minutes
Réaction : L'association Le cri des déposants a salué l'arrestation de Riad Salamé.
« Nous nous attendons à ce que la justice ouvre tous les dossiers et prenne des mesures en ce qui concerne les actes commis contre le système financier, que ce soit au niveau des banques privées ou de la banque centrale », a affirmé un porte-parole du groupe à L'Orient-Le Jour. « Nous avons également réclamé une enquête dans le dossier de Sayrafa car il y a eu beaucoup d'opérations de détournement », a-t-il ajouté.
Dans nos archives : nous vous proposons de lire ou relire ce portrait "Riad Salamé, l'ingénieur du système" réalisé par Sahar al-Attar et publié le 2 juin 2017 dans Le Commerce du Levant.
Selon une source judiciaire proche du dossier, il est possible que d'autres personnalités soient convoquées dans les jours à venir par la justice dans le cadre de l'enquête. M. Salamé devrait, en outre, rester jusqu'à quatre jours en détention provisoire.
Une source judiciaire haut placée a déclaré à Reuters que Riad Salamé a été arrêté au palais de justice à la suite d'une audience concernant les transactions de la banque centrale avec Optimum Invest, une société libanaise qui offre des services de courtage en revenus, selon son site. Elle a également précisé qu'Optimum avait traité avec la Banque du Liban pour acheter et vendre des bonds du trésor et des certificats de dépôt en livres libanaises.
Optimum n'a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire de Reuters. Une déclaration non datée publiée sur son site indiquait qu'un audit financier n'avait trouvé « aucune preuve de malversation ou d'illégalité » dans les transactions de la société avec la banque centrale.
Une source judiciaire haut placée interrogée par L’Orient-Le Jour a refusé de confirmer que l’arrestation concernait l’affaire Optimum.
Réaction : « C’est une bonne nouvelle en apparence. Mais j’ai peur que cela s’inscrive dans le cadre d’efforts visant, à terme, à disculper l’ancien gouverneur de la Banque du Liban via une procédure bancale, entachée d’un vice quelconque ou vouée à l’échec », a réagi Fouad Debs, avocat fondateur et membre de l’Union des Déposants, dans une déclaration à L’Orient-Le Jour. « Tout reste possible à ce stade », ajoute-t-il. Compte tenu du fait qu’il a été arrêté mais qu’il n’est pas encore jugé sur le fond, Riad Salamé devrait être détenu dans l’un des postes de police gérés par les Forces de sécurité du pays. « En principe, il ne sera transféré dans une prison que lorsqu’il sera jugé coupable des faits qui lui sont reprochés », précise encore Fouad Debs.
Réaction : « L’arrestation de Riad Salamé est une décision judiciaire dans laquelle nous n'interviendrons pas. La justice fait son devoir. Nous sommes tous soumis à l'autorité de la loi », a déclaré le Premier ministre sortant Nagib Mikati à al-Hadath.
Selon une source de la cour de Cassation, Riad Salamé se trouve actuellement à la direction générale des Forces de sécurité intérieure. Le procureur général par intérim auprès de la cour de Cassation Jamal Hajjar a entendu sa déposition et l'a placé en détention provisoire pour un complément d'enquête. M. Salamé avait été convoqué jeudi dernier par la police criminelle. On ne sait pas si Jamal Hajjar a clôturé son enquête ou s'il compte la poursuivre. Les mesures qu'il pourrait prendre après cette étape seront soit de garder le dossier soit de le déférer au Parquet d'appel.
M. Salamé a été arrêté à Beyrouth après avoir été entendu « pendant trois heures par le procureur général au sujet de soupçons de détournement de fonds de la BDL dépassant 40 millions de dollars », a indiqué à l'AFP une source judiciaire qui a requis l'anonymat.
Réaction : « La justice a dit ce qu'elle devait dire, et nous respectons cette décision », a réagi le ministre sortant de la Justice, Henri Khoury.
Selon les informations obtenues par L'Orient-Le Jour d'une source proche du parquet de Cassation, Riad Salamé, ancien gouverneur de la Banque du Liban, a été placé en état d'arrestation ce mardi 3 septembre 2024.
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Il a de la chance de n’être qu’en préventive dans un poste de police car sa vraie place est sur la place publique avec une corde autour du cou serrée suffisamment fort pour qu’il souffre autant qu’il a fait souffrir des millions de déposants libanais
17 h 28, le 03 septembre 2024