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Lifestyle - This Is America

Le « soft power suit » de Kamala Harris, taillé pour une présidente ?

Avec très peu de temps pour préparer sa campagne électorale, la vice-présidente américaine Kamala Harris a dû aussi rapidement peaufiner son look de possible présidente des États-Unis. Sobre, un peu monotone, mais discrètement porteur de messages.

Le « soft power suit » de Kamala Harris, taillé pour une présidente ?

L’actuelle vice-présidente américaine et candidate démocrate à la présidence Kamala Harris en compagnie de Joe Biden lors de la première journée de la convention nationale démocrate (DNC) à Chicago le 19 août 2024. Alyssa Pointer/Reuters

Au pays de l’Oncle Sam plus qu’ailleurs, le fameux dicton « Dis-moi ce que tu portes, je te dirai qui tu es ! » prend tout son sens dans le domaine politique. Jusqu’à sa nomination comme candidate démocrate à la première magistrature, Kamala Harris est toujours apparue dans des tailleurs-pantalons neutres qu’elle a adoptés comme tenue presque officielle de vice-présidente, favorisant les tons foncés et les coupes strictes : noir, bleu foncé, bordeaux et beige. Le tout bien structuré et uniquement rehaussé par des colliers de perles, sa signature habituelle, et des talons Manolo Blahnik de 70 millimètres.

C’était, selon elle, l’image parfaite et lisse de l’exécutif n° 2 du pays œuvrant dans la discrétion. À présent, avec les feux braqués sur elle comme éventuelle chef de la Maison-Blanche, il a fallu lui peaufiner une image présidentielle, donc plus visible et accessible, avec pour chaque tenue ou couleur choisi un message sous-jacent. Faute de temps, elle s’en est tenue à la ligne tailleur-pantalon devenue sa marque de fabrique, tout en lui donnant une allure plus dynamique et plus légère, gommant le côté sévère au profit d’une allure dégagée, plus à l’aise et surtout plus lumineuse. Avec des signatures confirmées, américaines ou internationales.

Plus observée qu’un candidat nominé

Un changement qui a été expliqué en quelques mots par Tammy Haddad, ancienne consultante de la série HBO Veep et présidente de Haddad Media : « Nous savons parfaitement que son apparence sera scrutée bien plus qu’un candidat masculin. L’élément-clé pour toute candidate féminine est la manière dont elle traverse une scène. Il faut avoir un impact, mais pas trop. Porter des vêtements qui soient flatteurs, mais pas trop. Paraître autoritaire, mais pas trop. » C’est pour cela que Kamala Harris a donné à sa campagne présidentielle la note « soft power suit », avec des matières fluides développées par les designers à son intention. Ainsi, pendant la convention démocrate qui a avalisé sa candidature, elle a arboré, as usual, un pantalon-tailleur taillé dans un tissu souple de couleur « tan suit » camel accompagné d’une blouse en soie blanche éclatante nouée sur le cou. Le tout signé... Chloé, et très commenté sur les réseaux sociaux. Ce soir-là, ses illustres supporters féminines étaient sur la même longueur d’onde, notamment Oprah Winfrey en tailleur-pantalon d’un violet vibrant de Christian Siriano, et Hillary Clinton (elle aussi une ancienne nominée) toute de blanc vêtue, veste et pantalon dans la même veine. Néanmoins, la griffe de l’ensemble n’a pas été révélée.

Kamala Harris sous presque toutes ses coutures. Photos AFP/montage Jaimee Haddad/L’OLJ

Un air présidentiel

Retour à la garde-robe de Kamala Harris qui mène sans relâche sa campagne électorale avec de continuels déplacements, sans doute la raison pour laquelle elle a troqué ses Manolo Blanik contre des escarpins à talons moins hauts. En tant que vice-présidente, elle avait longtemps opté pour le style de Christopher John Rogers, qualifié en 2020 de designer américain émergent de l’année. On l’avait aussi vue en Carolina Herrera et Ralph Lauren, un hommage à la haute couture américaine. Aujourd’hui, elle choisit de se diversifier dans la nuance, mais sans trop de changements. Car son image de marque sans cesse véhiculée sur les réseaux sociaux et dans les médias doit symboliser au mieux la possible première femme présidente, la première femme présidente de couleur et la première présidente d’origine sud-asiatique.

Le styliste Sergio Hudson, basé à Los Angeles, précise à son sujet : « En tant qu’élue, elle ne veut pas être perçue comme une gravure de mode, mais elle se soucie de ce qu’elle représente en ce moment. » Le créateur Prabal Guen, natif du Népal, qui a signé plusieurs tenues pour Harris, propose une nouvelle approche : « L’objectif pour nous à présent est de résoudre ces deux questions : est-ce que sa tenue à l’air présidentielle ? Est-ce que ça semble bien pour l’occasion ? Le monde entier a les yeux rivés sur l’Amérique, ce qui signifie quelque chose pour moi, venant du Népal, où l’on perçoit ce pays comme celui qui a établi la norme en matière de travail acharné et de réalisation de rêves impossibles. »

Les First Lady et la mode

La mode a toujours été le territoire de la Première dame, américaine ou autre. Cela avait commencé avec l’élégance suprême et inégalable de Jackie Kennedy qui, au vrai sens du mot, a été le « role model » de celles qui ont porté ce titre à sa suite. Rappelons que c’est elle aussi qui avait fait du décor et de l’ameublement de la Maison-Blanche un must. Michelle Obama a suivi de très près son sillage, valorisant la mode et la vie de la présidence.

Si elle devient présidente des États-Unis d’Amérique, Kamala Harris aura du pain sur la planche pour mener à bien le bureau Ovale et la Maison-Blanche, appelée « Maison du peuple ». Elle pourra compter sur l’appui de son époux Doug Elmhoff qui porte actuellement le titre de Second Gentleman et qui devra remplir des missions socio-politiques. Un travail revenant traditionnellement aux épouses des vice-présidents que l’on appelle Second First Ladies.

L’époux de la candidate à la présidentielle, très apprécié par les aficionados de Kamala, a rédigé à son intention une note personnelle ainsi exprimée : « Le jour même du dixième anniversaire de notre mariage, j’ai pu voir Kamala entrer dans l’histoire en acceptant la nomination démocrate à la présidence des États-Unis… Salut l’équipe, je viens vers vous aujourd’hui avec un message plus personnel. Comme beaucoup d’entre vous le savent, quand j’ai connu Kamala, je suis rapidement tombé amoureux d’elle. J’ai appris ce qui la motive, et c’est exactement ce que vous avez vu au cours de ces quatre dernières années – et surtout ces quatre dernières semaines. Elle trouve de la joie à se battre pour le peuple. Elle résiste aux intimidateurs, tout comme mes parents me l’ont appris. Elle aime voir les gens réussir et n’aime pas qu’ils soient traités injustement. Son empathie est sa force. »

En attendant novembre et des élections cruciales, rendez-vous le 10 septembre prochain, en principe, pour un débat Trump-Harris qui s’annonce très coloré...

Au pays de l’Oncle Sam plus qu’ailleurs, le fameux dicton « Dis-moi ce que tu portes, je te dirai qui tu es ! » prend tout son sens dans le domaine politique. Jusqu’à sa nomination comme candidate démocrate à la première magistrature, Kamala Harris est toujours apparue dans des tailleurs-pantalons neutres qu’elle a adoptés comme tenue presque officielle de vice-présidente, favorisant les tons foncés et les coupes strictes : noir, bleu foncé, bordeaux et beige. Le tout bien structuré et uniquement rehaussé par des colliers de perles, sa signature habituelle, et des talons Manolo Blahnik de 70 millimètres. C’était, selon elle, l’image parfaite et lisse de l’exécutif n° 2 du pays œuvrant dans la discrétion. À présent, avec les feux braqués sur elle comme éventuelle chef de la...
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Elle copie l;a campagne de feu le Président Mitterrand: "La force tranquille". Elle a été tellement tranquille que la France est arrivée a une Libanisation dangereuse dont personne ne sait ou cela la conduira. Pour les USA c'est la même chose, Trump a construit et Biden, après avoir profite du résultat de la politique Républicaine a déconstruit ce qui avait été réalisé. Il table sur cette factice performance pour se maintenir au pouvoir. La Harris personne ne l'a vu ou entendu pendant 4 ans et elle se retrouve candidate pour sénilité de son mentor. Bonne chance les US.

Pierre Christo Hadjigeorgiou

10 h 21, le 03 septembre 2024

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  • Elle copie l;a campagne de feu le Président Mitterrand: "La force tranquille". Elle a été tellement tranquille que la France est arrivée a une Libanisation dangereuse dont personne ne sait ou cela la conduira. Pour les USA c'est la même chose, Trump a construit et Biden, après avoir profite du résultat de la politique Républicaine a déconstruit ce qui avait été réalisé. Il table sur cette factice performance pour se maintenir au pouvoir. La Harris personne ne l'a vu ou entendu pendant 4 ans et elle se retrouve candidate pour sénilité de son mentor. Bonne chance les US.

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    10 h 21, le 03 septembre 2024

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