Le siège de la Banque d'Israël, à Jérusalem. Photo d'illustration/AFP
La guerre de Gaza, qui est entrée dans son onzième mois, contraint la Banque centrale d’Israël à maintenir des taux d’intérêt directeurs élevés jusqu’à au moins 2025, a constaté Standard & Poor’s Global Market Intelligence (S&P GMI), la branche de l’agence de notation américaine spécialisée dans la fourniture et l’analyse de données financières.
« La Banque centrale maintiendra probablement le taux directeur à un niveau élevé afin de prévenir les risques d'une sortie soudaine de capitaux, d'une forte dépréciation du shekel et, par conséquent, d'une accélération de l'inflation », a expliqué S&P GMI dans un rapport publié jeudi, reprenant l’analyse du gouverneur adjoint de l’institution.
Mercredi, la Banque centrale israélienne a maintenu son taux d'intérêt de référence à 4,5 % pour la cinquième fois consécutive, citant les inquiétudes concernant l'inflation, qui a augmenté à un taux de 3,2 %. Le taux de change entre le shekel et le dollar est resté relativement stable jusqu'ici. Il faut 3,67 shekels pour obtenir un dollar ce jeudi, contre 3,8 au lendemain du début de la guerre. Les aides financières reçues par Israël depuis le début de la guerre lui ont permis d'augmenter ses réserves de devises sur cette période. Selon les données de la Banque d'Israël, ces réserves s'élevaient à plus de 213 milliards de dollars à fin juillet, contre 198 milliards onze mois plus tôt.
« S&P Global Market Intelligence s'attend actuellement à ce que les activités militaires se poursuivent à Gaza et dans le sud du Liban, à peu près au même niveau que les mois précédents. Si Israël parvient à assassiner ou à capturer le chef du Hamas, Yahya Sinouar, le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu sera mieux placé pour accepter un accord de cessez-le-feu à plus long terme », poursuivent les analystes de S&P GMI.
« En l'absence d'une telle trêve ou d'un tel accord de cessez-le-feu, les risques d'une escalade régionale de la guerre liée en particulier à une escalade avec le Hezbollah ou l'Iran resteraient importants et plus ou moins aux niveaux actuels jusqu'en 2025. Dans les prochaines prévisions de septembre, nous avancerons probablement la prochaine baisse attendue du taux directeur au premier semestre 2025, au lieu de novembre 2024 comme dans la mise à jour des prévisions d'août », concluent-ils.


