Emily McShane, une fan, prend la pose devant une nouvelle œuvre d'art de rue représentant Liam et Noel Gallagher d'Oasis, créée par l'artiste Manchester Pic.One.Art. sur le mur du magasin de disques Sifters à Burnage, dans la banlieue de Manchester. Photo Paul ELLIS/AFP
Arriveront-ils à se supporter cette fois ? Le retour du duo qui avait renoncé à partager la scène à la suite d'une énième dispute avant un concert parisien en 2009 a été rendu officiel avec une vidéo sur les réseaux sociaux intitulée : « It's happening ! » (« C'est confirmé ! »). « Les armes se sont tues. Les étoiles se sont alignées. La grande attente est terminée. Venez voir. Ce ne sera pas télévisé », a indiqué le groupe, qui a publié pour l'occasion une nouvelle photo de Liam, 51 ans, et Noel, 57 ans, en noir et blanc, côte à côte en blouson sombre
La tournée de 14 dates débutera le 4 juillet à Cardiff, au Pays de Galles, avec quatre shows des quinquagénaires dans leur ville natale de Manchester et autant au stade de Wembley à Londres.
Après le Royaume-Uni, Oasis se produira en août à Dublin, en Irlande. Il s'agira de la seule date en Europe hors du Royaume-Uni mais « des préparations sont en cours pour emmener +Oasis Live '25+ sur d'autres continents plus tard l'année prochaine », indique le site officiel du groupe.
Les billets pour les dates confirmées seront en vente le 31 août à 9 heures locales (8heures GMT) au Royaume-Uni et 8heures (7heures GMT) en Irlande. Leurs prix sont encore inconnus mais il a déjà été annoncé qu'il ne sera possible d'acheter que quatre places par personne.
Prise de conscience
La tournée promet « un set plein de classiques » et de réveiller « le charisme, l'étincelle et l'intensité qui n'existe que quand Liam et Noel sont sur scène ensemble ». Elle intervient 30 ans après l'album « Definitely Maybe », sorti le 29 août 1994, qui a lancé Oasis, avec Liam pour chanteur et Noel pour guitariste et compositeur.
Des versions inédites de titres de cet album, tirés des tout premiers enregistrements en studio, doivent sortir vendredi pour marquer cet anniversaire.
Après le succès fulgurant de « Definitely Maybe », Oasis avait atteint le pic de sa popularité avec « (What's the Story) Morning Glory ? » sorti en 1995, qui comprend ses tubes comme « Wonderwall » ou « Don't Look Back in Anger ».
Après des années de chamailleries, une énième altercation à l'été 2009 dans les loges, avec guitare cassée à la clé, au festival Rock en Seine près de Paris, avait abouti à la séparation du groupe formé en 1991 à Manchester et à la rivalité légendaire avec Blur. Depuis, les frères ont longtemps échangé des piques via les réseaux sociaux ou la presse, avant une relative accalmie ces derniers temps.
Leur réconciliation, ont-il assuré mardi, n'arrive pas à la suite « d'une grande révélation » mais « d'une prise de conscience graduelle que c'est le bon moment »
Nostalgie
Les spéculations se sont accélérées le week-end dernier avec un article du Sunday Times, avant qu'un message sur les réseaux sociaux ne promette une annonce pour mardi matin.
L'industrie musicale se frotte déjà les mains à l'approche d'un événement susceptible d'être « un de ces moments qui ne se produisent qu'une fois par génération », selon les propos du directeur de la fédération du secteur UK Music, Tom Kiehl. Il a relevé la perspective d'importantes retombées pour l'économie britannique, à l'image des dates de la star américaine Taylor Swift cet été. Sur le plan artistique, le critique rock du Times Will Hodgkinson s'attend à une tournée qui va « susciter au minimum de la nostalgie du milieu des années 90 et au maximum un nouvel enthousiasme pour les groupes à guitares après des années de domination de la pop et du rap ». Le succès de ce retour, selon le critique du Guardian Alexis Petridis, sera conditionné au fait de savoir « si les Gallagher pensent avoir quelque chose à prouver 30 ans plus tard, à une époque où leur influence sur la pop britannique actuelle semble nulle, ou s'ils l'abordent de manière cynique comme un moyen de gagner de l'argent ».


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