Le ministre Hamiyé (troisième à partir de la droite) entouré de MM. Jisr, président du CDR, et Hout, PDG de la MEA. Photo ANI
« Quand nous avons été interrogés, à la commission parlementaire des Travaux publics, sur l’aménagement de l’aéroport de Qleyaat (Akkar) ou tout autre aéroport au Liban, nous leur avons précisé qu’il fallait un budget approuvé au Parlement pour un plan directeur général des aéroports dans le pays. » C’est en ces termes que le ministre libanais sortant des Travaux publics et des Transports, Ali Hamiyé, a répondu mardi à une question sur la campagne de l’opposition en faveur de l’aménagement d’un ou plusieurs nouveaux aéroports au Liban.
Les forces de l’opposition au Liban reviennent régulièrement à la charge, sous prétexte que l’Aéroport de Beyrouth (AIB), seul aérodrome civil au Liban, est situé dans la banlieue sud de Beyrouth, et se trouve selon elles sous l’influence du Hezbollah, et que, à ce titre, il fait régulièrement l’objet de menaces israéliennes et de boycott de la part de compagnies étrangères. Le Hezbollah est en conflit ouvert avec Israël depuis le 8 octobre 2023, date à laquelle il a décidé d’ouvrir un « front de soutien » à Gaza, où avait éclaté une guerre la veille. Le Hezbollah a décidé de riposter dimanche dernier à l’assassinat d’un de ses chefs militaires, Fouad Chokor, en lançant plus de 300 roquettes Katioucha sur le nord d’Israël, ce qui avait attiré une riposte israélienne et provoqué une panique au niveau de l’aviation.
Le ministre Hamiyé, lui-même proche du Hezbollah, se trouvait mardi à l’AIB pour inaugurer la reprise des travaux sur une « voie rapide » de sortie de l’aéroport pour les voyageurs, qui devrait fluidifier le flux d’arrivants dans les locaux de l’aérogare. Interrogé par un journaliste sur la possibilité d’ouvrir de nouveaux aéroports dans le pays, il a défendu l’action de son gouvernement « qui est parvenu à assurer la continuité des services dans toutes les institutions sans exception, notamment celles qui relèvent du ministère des Transports publics ».
« Nous ne sommes pas contre l’aménagement de l’aéroport René Moawad à Qleyaat, mais en fin de compte, il nous faut un budget voté au Parlement », a-t-il poursuivi. Il a rappelé que le 20 juillet 1998, une étude pour l’aménagement des aérodromes de Rayak (Békaa) et de Qleyaat avait été présentée, avec l’idée qu’ils accueilleraient quelques vols de jour, ce qui encouragerait le développement des régions reculées.
Selon lui toutefois, toutes les études qui s’entassent au ministère depuis 1998 indiquent qu’il faut signer un accord avec les autorités syriennes en vue de faire fonctionner Qleyaat, car celui-ci se trouve à sept kilomètres seulement des frontières, et que l’intervention des tours de contrôle syriennes est indispensable pour l’atterrissage des avions dans cette zone.
La conférence de presse du ministre Hamiyé à l’occasion de la reprise des travaux sur la « voie rapide » s’est déroulée en présence du président du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) Nabil Jisr, en charge du projet, du directeur de l’AIB Fady Hassan, du PDG de la MEA Mohammad el-Hout et d’autres. M. Hamiyé a précisé que le projet date de 2019 mais qu’il a été interrompu en raison de la crise financière qui a provoqué une dévaluation de la monnaie nationale et une rupture du contrat avec l’entrepreneur.
« Aujourd’hui, nous reprenons ce projet qui va augmenter la capacité d’accueil de l’AIB d’un million de voyageurs par an, grâce à une fluidification du flux des arrivants », a-t-il précisé. Il a ajouté que les fonds pour ce « fast track » proviennent des rentrées de l’AIB et des contributions des compagnies, et non d’un nouveau don ou prêt.



Regardez-moi cette photo. On dirait une choura, ils se croient en Iran
14 h 05, le 28 août 2024