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Politique - Guerre Au Liban

Face à la menace qui plane sur l'AIB, l'opposition revient à la charge : activez Qleyaat

« Nous n’allons pas permettre au Hezbollah de continuer à prendre tous les Libanais en otage, surtout quand le seul aéroport du Liban est menacé par Israël », lance Rifi à « L'OLJ ».

Face à la menace qui plane sur l'AIB, l'opposition revient à la charge : activez Qleyaat

Le commandant en chef de l'armée, Joseph Aoun, à l'aéroport de Qleyaat (base aérienne de l'institution militaire), le 27 août 2018. Photo tirée du site web de la troupe

« L’aéroport de Qleyaat (Akkar) et le port de Jounieh (Kesrouan) sont des canaux vitaux en période de guerre (…) Il faut les réactiver à la faveur d’une décision historique qui les confierait à l’armée libanaise. Le peuple n’acceptera pas d’être pris en otage. » Cette publication postée le 12 août sur X par Salim Sayegh, député Kataëb, dit tout haut ce que nombre de Libanais pensent tout bas : il faut que le pays du Cèdre soit doté de plusieurs aéroports et ports actifs, comme c’est le cas presque partout dans le monde. Une nécessité qui se fait sentir à chaque fois que l’Aéroport international de Beyrouth se trouve menacé d’arrêt de ses activités, en raison de sa situation géographique en plein fief du Hezbollah.

Aujourd’hui, cette demande est donc d’une actualité brûlante, les craintes étant de plus en plus croissantes quant à une éventuelle frappe israélienne contre la seule infrastructure aéroportuaire civile, dans le cadre de la guerre en cours. D'autant plus après l’assassinat, fin juillet, de Fouad Chokor, grosse pointure militaire du parti chiite au cœur de la banlieue sud, et la riposte qui pourrait suivre. Sauf que la procédure bute encore sur un obstacle de taille : le même Hezbollah qui craint de voir un nouvel aéroport relancé loin de son fief incontestable détient aujourd’hui le ministère des Travaux publics, exerçant le pouvoir de tutelle sur les organismes publics de transport. 

Pour mémoire

Aéroport de Qleiaat : la bataille se corse sur fond de présidentielle

Ce n’est pas la première fois que la réactivation de l’aéroport René Moawad (du nom du premier président de la République de l’après-Taëf qui y avait été élu en 1989) de Qleyaat est remise sur le tapis. Peu avant la guerre à Gaza, elle avait fait l’objet d’une campagne politique menée notamment par le bloc de la Modération nationale (députés majoritairement sunnites ex-haririens du Akkar). Capitalisant sur leur positionnement centriste sur l’échiquier politique, ces élus n’avaient pas manqué d’user de ce dossier dans le cadre de la bataille présidentielle. Au point de conditionner leur soutien à un candidat potentiel à l'inclusion de cette mesure dans son programme. « Nous sommes toujours attachés à cette position », affirme à L’Orient-Le Jour Sajih Attié, membre de la Modération nationale et président de la commission parlementaire des Travaux publics. « Il n’est pas normal qu’un seul aéroport soit actif dans un pays comme le Liban, surtout en temps de guerre », dit-il, soulignant par ailleurs qu’une telle démarche « pourrait en outre contribuer à améliorer la croissance économique dans le Akkar, une région longtemps négligée par l’État ». Selon lui, la relance de l’aéroport n’est tributaire que d’une décision du gouvernement, notamment du ministre des Travaux publics, qui n’est autre que Ali Hamiyé, l'un des représentants du Hezbollah au sein du cabinet. « Nous avons déjà évoqué le sujet avec lui et avec le Premier ministre sortant. C’est à eux d’activer le dossier le plus rapidement possible », insiste M. Attié.

« Le ministre a enterré le projet dans son tiroir »

Ce député du Akkar laisse ainsi entendre que la décision politique pour redynamiser l’activité de l’aviation civile dans cet aéroport n’a pas encore mûri. Un point sur lequel il est rejoint par plusieurs figures anti-Hezbollah. « Le ministre des Travaux a enterré le projet dans son tiroir », déplore un député de l’opposition sous couvert d’anonymat. Contacté, le ministre concerné n'a pas donné suite. Rappelons à cet égard qu’en 2012, le gouvernement libanais avait décidé de récupérer l’aéroport (devenu une base aérienne de l’armée libanaise), d’en élargir la superficie et de l’équiper afin de pouvoir accueillir des voyageurs mais aussi des marchandises. Une décision restée lettre morte. Une douzaine d’années plus tard, rien ne prête à croire qu’un changement est à attendre dans un avenir proche, en dépit de « l’état de guerre dans lequel se trouve le pays », pour reprendre les termes de Salim Sayegh. « Quand l’aéroport central d’un pays est menacé de paralysie et de frappes de la part de l’ennemi, il faut décréter l’état d’urgence. D’où mon appel à ce que la gestion de l’aéroport René Moawad soit confiée à l’armée dans les plus brefs délais », explique le concerné à L’OLJ, affirmant qu’il faut emprunter la voie la plus rapide, celle d’une décision prise en Conseil des ministres avec le feu vert du ministre des Travaux publics. Mais personne ne s’attend à ce que le Premier ministre, Nagib Mikati, se lance dans une telle aventure avant d’en réunir toutes les conditions propices, pour ne pas risquer de se mettre à dos le Hezbollah, l'un des principaux parrains de son cabinet.

Pour mémoire

La réhabilitation de l’aéroport de Qoleïat remise (de nouveau) sur le tapis

Sauf que les composantes de l’opposition ne comptent pas rester les bras croisés. Tel est notamment le cas du bloc du Renouveau dont les trois députés (Michel Moawad, Achraf Rifi et Fouad Makhzoumi) ont déjà apporté leurs signatures à une proposition de loi présentée en juillet dernier par Majd Harb, candidat malheureux au législatives de mai 2022 et fils de Boutros Harb, ex-député de Batroun. Dans ses grandes lignes, ce projet est axé sur la « réhabilitation d’urgence des aérodromes militaires de Qleyaat, Hamat (Batroun) et Rayak (Békaa) afin de les transformer en aéroports à double usage, militaire et civil. « Nous n’allons pas permettre au Hezbollah de continuer de prendre tous les Libanais en otage, surtout quand le seul aéroport du Liban est menacé par Israël », affirme à L’OLJ M. Rifi, déplorant le fait que « c’est l’État profond contrôlé par le Hezbollah qui empêche ce projet de voir le jour ». « Le Hezbollah ne peut pas contrôler indéfiniment l’aéroport, le port et les frontières terrestres du Liban pour des raisons ne servant que l’agenda iranien », renchérit Michel Moawad, indiquant que l’opposition étudiera la prochaine étape après la fin de la tournée de Majd Harb pour recueillir les dix signatures requises pour officialiser sa proposition. « Nous sommes sûrs de pouvoir atteindre l’effectif requis. Car tous les partis de l’opposition, mais aussi le Courant patriotique libre (qui fait de la décentralisation un de ses chevaux de bataille) et quelques indépendants sont prêts à y apporter leur contreseing », dit un parlementaire anti-Hezbollah.

Ce camp serait ainsi prêt à déroger à sa proposition de principe hostile à la législation de nécessité en période de vacance présidentielle, telle que prônée par le président de la Chambre Nabih Berry. Mais ce dernier pourrait ne pas l’entendre de cette oreille. Il y a quelques jours, il faisait la sourde oreille à un appel de l’opposition pour une séance de débat général consacrée à la guerre au Liban-Sud. Va-t-il défricher le terrain devant une démarche rejetée par le Hezbollah ? « Il est obligé d’inclure à l’ordre du jour de toute séance législative (dictée par les circonstances de guerre) la loi que nous voulons revêtue du caractère de double urgence. Il ne pourra pas nous défier à jamais », assure Michel Moawad.  

« L’aéroport de Qleyaat (Akkar) et le port de Jounieh (Kesrouan) sont des canaux vitaux en période de guerre (…) Il faut les réactiver à la faveur d’une décision historique qui les confierait à l’armée libanaise. Le peuple n’acceptera pas d’être pris en otage. » Cette publication postée le 12 août sur X par Salim Sayegh, député Kataëb, dit tout haut ce que nombre de Libanais pensent tout bas : il faut que le pays du Cèdre soit doté de plusieurs aéroports et ports actifs, comme c’est le cas presque partout dans le monde. Une nécessité qui se fait sentir à chaque fois que l’Aéroport international de Beyrouth se trouve menacé d’arrêt de ses activités, en raison de sa situation géographique en plein fief du Hezbollah.Aujourd’hui, cette demande est donc d’une actualité brûlante, les...
commentaires (13)

Il faudra aussi envisager en alternative à Qleiaat et Rayan rétablir des relations maritimes régulières avec Chypre pour permettre aux Libanais d’utiliser l’aéroport de Larnaca, comme dans les années 80 pendant la guerre civile.

AntoineK

21 h 39, le 25 août 2024

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Commentaires (13)

  • Il faudra aussi envisager en alternative à Qleiaat et Rayan rétablir des relations maritimes régulières avec Chypre pour permettre aux Libanais d’utiliser l’aéroport de Larnaca, comme dans les années 80 pendant la guerre civile.

    AntoineK

    21 h 39, le 25 août 2024

  • Depuis la venue au pouvoir DES CLICS 1975 A 2024. QUELQU’UN PEUT – IL NOMMER LA/LES CLICS(S) (A,B.,C.D )QUI N’ONT RIEN FAIT AUTRE QUE DE RENDRE « HATMAN »TOUT PROJET VENANT DES COMBINES CLICS (A,B,C,D ) ? Vous avez compris ? Pour eux c’est du CLASSIQUE , parole d’EXPERT GÉOGRAPHE , général à la retraite , PORTE-PAROLE DES CLICS .

    aliosha

    19 h 55, le 21 août 2024

  • Ridiculous argument. If Israel is to attack BEY it will also attack kleiat, if that airport is operational, . Kleiat is necessary to help develop the Akkar region and create desperately needed jobs, not as a “safe” alternative in case of an Israeli attack.

    Murad Mazen

    17 h 58, le 21 août 2024

  • Bingo : série 28 : nous avons besoin de 5 personnalités, ex-militaire, à la retraite, reconnus et devenus EXPERTS. Par âge, le plus jeune au milieu, les 4 autres (avec 2 à 3 mois de différence d’âge) au 4 coins de la table de MÉDITATION. Dans la rue ON FAIT chanter thawra thawra. Pour la soirée Narguilé. Attendons réactions des TEMPLES. W.E. à la mer. A mardi prochain. ! série 29 POUR INFORMATION : KLEIAAT /RAYAK /HAMAT convenables pour avion bombardier eau /DDT petit calibre. Donc, sans illusion Sortie-entrée par mer ou SYRIE.

    aliosha

    16 h 28, le 21 août 2024

  • L’urgence absolue et immédiate est de prévoir et de penser à au moins une (voire plusieurs) alternatives à des dommages collatéraux que risque de subir l’AIB en cas de frappes israéliennes. Car, et contrairement à ce qui s’est passé en 2006, si une infrastructure comme l’AIB est frappée, cette fois-ci, le Liban, ruiné, sans Président, sans gouvernement digne de ce nom et sans alliés, n’aura absolument pas les moyens ni de réparer, ni encore moins de reconstruire ledit aéroport. Khaldé détruit, nous serons alors pris au piège comme des rats. Merci qui ???

    DC

    15 h 06, le 21 août 2024

  • il nous faut absolument des substituts à l’aéroport de Beyrouth et pourquoi pas en plus petits formants. Pourvu que ces éventuels futurs aéroports ne subiront pas le sort de « Halat hatman ».

    Hitti arlette

    10 h 33, le 21 août 2024

  • L'opposition ? Lol. Des fois je me demande s'il faudrait repondre a ce genre d'articles / titres. L'Opposition, a quoi a qui ? qui est l'opposition a quoi a qui ? Il en faudrait 1000 personnes incarcerees par jou pour parler de vrai opposition qui voudrait soi-disant faire tomber ce systeme corrompu. Opposition? Vive L'Orient le Jour ce petit dernier journal francais qui coule dans les decombres

    Abdallah Barakat

    07 h 41, le 21 août 2024

  • Malheureusement, on peut ouvrir ce qu’on veut comme port ou aéroport, tant que le HB est sur notre sol arme par un pays étranger, ils les utiliserait pour son propre trafic sans qu’aucun ne puisse l’arrêter. Commencez donc par montrer votre force en élisant un président sans son aval.

    Sissi zayyat

    18 h 07, le 20 août 2024

  • Encore un magouille de plus... Et des politiciens qui vont se remplir les poches si kleyat voit le jour... NON MERCI

    Emile G

    16 h 10, le 20 août 2024

  • Depuis le temps que certains revendiquent l’activation de TOUS les ports du LIBAN pour encourager aussi bien le trafic maritime INTERNE que le trafic maritime externe ( vers LARNACA). Interne? Pour désengorger les toutes, les autostrades et baisser cette saleté de pollution. Ca fera renaître l’activité économique de chacun des ports, des villes portuaires, des taxis sur chacun des ports, des hôtels, restaurants et de nouveaux emplois etc… nous avons LA CHANCE d’avoir ce littoral que d’autres pays nous envient.

    LE FRANCOPHONE

    16 h 07, le 20 août 2024

  • Ca serait plus simple et plus rapide de créer une voie maritime vers Larnaka qui permettra aux libanais d'être sûrs de pouvoir quitter le Liban en cas de conflit, plutôt que d'être prisonniers et esclaves des barbus. C'est quand même extraordinaire qu'avec des députés et des ministres grassement payés et surprotégés ( ca n'existe nulle part d'ailleurs) on ne puisse pas voter une loi ou changer quelque chose dans ce foutu pays. A quoi servent ces fantômes. S'ils sont impuissants ( et c'est le cas) qu'ils dégagent.

    Citoyen

    15 h 52, le 20 août 2024

  • Allons-y a pleine puissance, vent debout ou pas !

    Remy Martin

    14 h 57, le 20 août 2024

  • De grâce, nous avons besoin d’ouvrir le port de Jounieh afin de recréer une ligne Jounieh -Larnaca persistante pour tous ceux qui préfèrent la voie maritime. Il me semble que Mr Nehmat Frém l’avait suggéré l’année dernière bien avant le conflit actuel. Faudrait diversifier les moyens de voyager comme partout ailleurs dans le monde. Nous sommes de grands voyageurs et nous ne pouvons pas nous limiter à un seul moyen de transport étant donné que la plupart d’entre nous peut accéder plus facilement par le port de Beyrouth ou Jounieh , idéalement.

    Wow

    14 h 51, le 20 août 2024

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