Un homme près de voitures brûlées après une attaque de colons israéliens dans le village de Jit, près de Naplouse en Cisjordanie occupée, le 16 août 2024. Jaafar Ashtiyeh/AFP
« Ils venaient pour brûler, tuer et détruire » : Hassan Arman, un Palestinien dont la voiture a été incendiée dans la nuit lors d'une descente meurtrière de colons juifs sur son village de Cisjordanie occupée, assure n'avoir « jamais vu ça ici. »
Les habitants palestiniens de Jit, à l'ouest de la ville de Naplouse, dans le nord de ce territoire occupé par Israël depuis la guerre de juin 1967, racontent leur soirée d'horreur de jeudi 15 août quand des dizaines de colons juifs ont fondu sur leur village, incendiant des maisons et des voitures, avant qu'un jeune de 23 ans ne tombe, mortellement touché par une balle.
« Ce sont les colons qui ont tiré, pas des soldats », raconte son oncle Mohanad al-Sada, au milieu du cortège funéraire. « Ils ont tiré alors qu'ils étaient tout près de nous (...) la balle est arrivée de derrière lui et l'a traversé », poursuit-il.
Plus loin, la voiture calcinée de M. Arman témoigne des violences de la veille. Tout en discutant, il inspecte la carcasse tout juste refroidie, et ouvre la portière qui ne tient plus qu'à un fil, brinquebalante. À l'intérieur, tout a fondu et il ne reste qu'un squelette de métal tordu.
Un peu plus loin, Mouaouiya al-Sada fait visiter ce qui reste de son salon. Le tissu damassé du canapé est parti en fumée en quelques instants et le cadre en bois, gorgé d'eau jetée pour éteindre l'incendie, n'est plus que cendres.
« Ils ont d'abord incendié la maison d'à côté, puis sont venus ici, ont allumé des cocktails Motolov et les ont jetés à l'intérieur », raconte M. Sada à l'AFP. « Ils », ce sont « des dizaines » de colons, selon l'armée israélienne, qui dit les avoir « évacués » de Jit et avoir arrêté l'un d'eux, « un civil israélien ayant pris part à la violente émeute ».
« Couteaux, armes à feu »
Hassan Arman les a vus arriver. « Une centaine de colons ont débarqué, tous habillés pareil, ils avaient des couteaux, des armes à feu », raconte-t-il. « Ils ont brûlé une maison puis sont venus vers la nôtre », explique M. Sada. « Ils ont encore incendié d'autres maisons. Ensuite, on a entendu qu'un jeune était mort après qu'ils lui ont tiré dessus », poursuit-il.
Selon le ministère palestinien de la Santé, l'attaque a aussi fait un blessé grave, atteint par « les balles des colons ». « L'armée (israélienne) n'est arrivée qu'ensuite », affirme M. Sada. Pour l'Autorité palestinienne, c'est du "terrorisme d'État organisé". Elle indique que "quatre maisons et six voitures ont été incendiées", et accuse « l'armée israélienne d'avoir protégé les colons et tiré des balles et des grenades assourdissantes et lacrymogènes sur les habitants du village ».
Une jeune femme réconfortant la mère d'un Palestinien de 23 ans, tué lors d'une attaque de colons israéliens dans le village de Jit, près de Naplouse en Cisjordanie occupée, le 16 août 2024. Jaafar Ashtiyeh/AFP
Entre le 7 octobre, date du début de la guerre entre Israël et la bande de Gaza déclenchée par le mouvement islamiste palestinien Hamas, et le 12 août, l'ONU a recensé en Cisjordanie 1.250 attaques de colons israéliens contre des Palestiniens, dont 120 ayant fait des victimes palestiniennes et 1.000 provoqué des dégâts matériels.
Dans l'enclave palestinienne, les bombardements israéliens et les combats se poursuivent sans répit, tandis qu'en Cisjordanie, les violences - et les annonces de construction de nouvelles colonies - flambent.
Depuis le 7 octobre, au moins 633 Palestiniens y ont été tués par l'armée israélienne ou des colons, selon un décompte de l'AFP d'après des données officielles palestiniennes, et au moins 18 Israéliens, soldats ou civils, dans des attaques palestiniennes ou durant des opérations de l'armée en zone autonome palestinienne, selon les données officielles israéliennes.
« Impunité »
L'entreprise de colonisation israélienne en Cisjordanie est régulièrement dénoncée comme une violation du droit international par l'ONU, qui y voit un des obstacles majeurs, avec la poursuite des violences, à l'établissement d'une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens.
Si plusieurs colons d'extrême droite siègent au gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, à qui ils assurent une majorité au Parlement, des dirigeants israéliens ont déjà dénoncé à plusieurs reprises les attaques de colons ces dernières années.
Condamnant « fermement » dès jeudi soir l'attaque de Jit, le président Isaac Herzog en a attribué la responsabilité à « une minorité extrémiste qui porte préjudice à la population des colons respectueux des lois, à la colonisation dans son ensemble, et à (la réputation) d'Israël dans le monde ».
La Maison Blanche a qualifié d'« inacceptable » cette descente, tout comme Paris et Berlin. Londres a dénoncé des violences "abjectes". Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a annoncé qu'il proposerait des sanctions contre des responsables israéliens.
Il y a plusieurs mois déjà, l'Union européenne, les États-Unis ou la Grande-Bretagne annonçaient des sanctions contre des colons israéliens. En face, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, lui-même colon et d'extrême droite, multiplie les autorisations de permis de port d'armes pour « renforcer la possibilité d'auto-défense ».
Qualifiant l'attaque de Jit d'« horrible », le Haut-commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a dénoncé « l'impunité dont jouissent (...) les auteurs de violations aussi graves », selon lui.
Les habitants palestiniens de Jit, à l'ouest de la ville de Naplouse, dans le nord de ce territoire occupé par Israël depuis la guerre de juin 1967, racontent leur soirée d'horreur de jeudi 15 août quand des dizaines de colons juifs ont fondu sur leur village, incendiant des maisons et des voitures, avant qu'un jeune de 23 ans ne tombe, mortellement touché par une balle.
« Ce sont les colons qui ont tiré, pas des soldats », raconte son oncle Mohanad al-Sada, au milieu du cortège...




Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Merci à l'occident, merci aux Etats -Unis, comme d'habitude, ces crimes resteront impunis.
16 h 56, le 24 août 2024