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Politique - Décryptage

Le retard de la riposte, un risque pour l’image du Hezbollah ?


Depuis le 31 juillet, les Libanais retiennent leur souffle. Entre angoisse et impatience, ils attendent la riposte du Hezbollah à l’assassinat en pleine banlieue sud de Beyrouth du haut responsable de la formation Fouad Chokor. Depuis, les scénarios sur la nature de la riposte et sur ce qui attend le Liban à la lumière de ces développements, circulent. De nombreux émigrés qui avaient prévu de passer le mois d’août au Liban ont renoncé à cette idée, alors que de nombreux Libanais ont cherché le moyen de passer cette période à l’étranger. Dans les deux cas, la même question revient : Quand donc le Hezbollah va-t-il riposter et qu’est-ce qui se passera après ?

Mais à mesure que le temps passe, l’inquiétude cède de plus en plus la place à des sentiments mitigés. Il y a, d’une part, ceux qui sont soulagés de constater que la riposte tarde et qu’elle pourrait par conséquent ne pas avoir lieu et, d’autre part, ceux qui commencent à ironiser sur la question et à en déduire que le Hezbollah n’a pas vraiment les moyens de riposter, notamment parce qu’il craindrait la réaction israélienne. Le retard dans la riposte commence donc à nuire à l’image du Hezbollah, surtout que Hassan Nasrallah avait annoncé dans ses derniers discours que la riposte est inéluctable.

Le Hezbollah se trouve donc coincé entre l’annonce de la riposte faite par son secrétaire général et la nécessité de trouver un scénario qui montre à la fois sa force, sa détermination et sa connaissance des faiblesses de l’ennemi, tout en ne poussant pas vers un élargissement de la confrontation. Autant dire une équation impossible, surtout dans la situation actuelle où chaque partie est devenue en quelque sorte l’otage de ses positions et du sang versé. Le Hezbollah, qui a été le premier à parler de l’unité des fronts de l’axe pro-iranien, cherche le moyen de participer à la guerre, de préserver « l’équilibre de la dissuasion », tout en évitant une extension de la confrontation qui pourrait remettre en cause les appuis politiques et populaires dont il bénéficie aujourd’hui au Liban.

Tout en poursuivant la confrontation qui se déroule au Liban-Sud dans le cadre du « front de soutien », le Hezbollah est donc actuellement occupé à trouver une issue à l’impasse dans laquelle il se trouve. Son allié, le président de la Chambre, lui a tendu une perche en déclarant récemment que « la vengeance est un plat qui se mange froid ». Mais si l’angoisse se calme un peu, les critiques, elles, redoublent d’intensité. Au point que de plus en plus de voix s’élèvent pour demander si, au fond, le Hezbollah ne crie pas trop haut pour cacher ses capacités limitées et si les menaces répétées ne seraient en réalité que des coups d’épée dans l’eau...

« Il est clair que les détracteurs du Hezbollah cherchent à profiter de cette situation pour le discréditer », dit un cadre de la formation. Il s’agit essentiellement de certaines parties politiques, qui, depuis le début, n’ont jamais caché leur hostilité au Hezbollah, pour des raisons à la fois internes et de politique étrangère. Leur pari sur « l’entrée du Liban dans l’ère israélienne, à partir de 1982 » comme l’a rappelé Hassan Nasrallah dans un de ses discours, a échoué et elles ne parviennent toujours pas à se trouver une position acceptable qui leur permette d’avoir une influence sur le cours des événements. « Ces partis, précisent le cadre du Hezbollah, resteront hostiles à la formation, quoique fasse celle-ci et par conséquent, leurs critiques aujourd’hui ne reflètent pas un changement dans le climat général du pays. » Par contre, ce sont les doutes de ceux qui n’ont pas a priori de position hostile, qui préoccupent le Hezbollah. Il se sent obligé de les rassurer. Selon les cadres du Hezbollah interrogés, la formation comprend parfaitement les doutes et les craintes des gens qui ne peuvent pas comprendre les échanges de messages militaires entre la formation, les Israéliens et d’autres parties impliquées dans le conflit. Pour ce cadre, si le Hezbollah ne faisait pas peur aux Israéliens, pourquoi y aurait-il eu au Liban un tel défilé d’émissaires internationaux et régionaux, tous soucieux de connaître ses véritables intentions ? Si les Israéliens faisaient si peu de cas de l’ouverture du front de soutien à partir du Liban, pourquoi ne frappent-ils pas fort les installations du Hezbollah, eux qui ne se soucient d’aucune considération humanitaire comme le montrent les massacres réguliers qu’ils perpètrent presque quotidiennement à Gaza ?

Selon des sources proches du Hezbollah, les visites des derniers émissaires étrangers au Liban, (et contrairement à ce qui a été dit dans la presse) tournaient autour d‘une seule question : comment empêcher le Hezbollah de riposter à l’assassinat de son chef militaire Fouad Chokor dans la banlieue sud de Beyrouth le 31 juillet ? Et la question corollaire était la suivante : si les négociations de Doha parviennent à un accord sur une trêve à Gaza, cela pousserait-il le Hezbollah à renoncer à sa riposte ?

Jusqu’à présent, le Hezbollah n’a pas donné de réponse claire à ce sujet. Il s’est contenté de diffuser une nouvelle vidéo appelée « Imad 4 » qui montre des installations souterraines impressionnantes, avec des dépôts d’armes, des camions chargés de matériel militaire, des rampes de lancement de missiles. Le message est clair : nos capacités militaires sont énormes et l’ennemi ne peut pas les atteindre. Pour certains, il s’agit d’un indice sur l’imminence de la riposte. Mais pour d’autres, c’est plutôt une réponse qui entretient le flou si cher au Hezbollah...

Depuis le 31 juillet, les Libanais retiennent leur souffle. Entre angoisse et impatience, ils attendent la riposte du Hezbollah à l’assassinat en pleine banlieue sud de Beyrouth du haut responsable de la formation Fouad Chokor. Depuis, les scénarios sur la nature de la riposte et sur ce qui attend le Liban à la lumière de ces développements, circulent. De nombreux émigrés qui avaient prévu de passer le mois d’août au Liban ont renoncé à cette idée, alors que de nombreux Libanais ont cherché le moyen de passer cette période à l’étranger. Dans les deux cas, la même question revient : Quand donc le Hezbollah va-t-il riposter et qu’est-ce qui se passera après ? Mais à mesure que le temps passe, l’inquiétude cède de plus en plus la place à des sentiments mitigés. Il y a, d’une part, ceux qui sont...
commentaires (3)

Dame censure a frappé à nouveau. Quand on craint les critiques, on se déclare pas défenseur de la francophonie car dans celle ci il y Liberté en premier lieu

Lecteur excédé par la censure

11 h 12, le 17 août 2024

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Commentaires (3)

  • Dame censure a frappé à nouveau. Quand on craint les critiques, on se déclare pas défenseur de la francophonie car dans celle ci il y Liberté en premier lieu

    Lecteur excédé par la censure

    11 h 12, le 17 août 2024

  • Faute de remporter de vraies batailles, le Hezb nous annonce qu'il va gagner la guerre "psychologique". Mais, contre qui ? La est la question....

    Michel Trad

    10 h 23, le 17 août 2024

  • Aucune plus value. Aucune valeur journalistique. Aucune analyse objective. Faute de jeter son dévolu sur M Aoun ( l’ex président) faute de pouvoir parler du CPL en pleine décomposition et dissensions internes… C’est le Hezbollah qui est choisi pour essayer de redorer son blason indirectement et discrètement. Pq la rédactrice n’a t elle pas parlé du conflit interne qui secoue le CPL? Black-out ? Ou un article défendant le gendre serait en gestation ?

    LE FRANCOPHONE

    02 h 22, le 17 août 2024

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