Chère lectrice, cher lecteur,
Avoir l’impression d’être assis sur un baril de poudre et voir une étincelle s’en approcher de plus en plus lentement.
Voilà, en résumé et caricaturé, l’état d’esprit général des résidents sur le territoire libanais. « Nous sommes un peuple qui (sur)vit par hasard », lâche dans un soupir, un observateur finaud, triste poète à ses heures.
Dans une région prête à s’embraser, il y a celles et ceux qui continuent, vaillamment ou par désespoir, à fonctionner dans un semblant de normalité. Et il y a les autres qui cèdent à une certaine panique, parfaitement compréhensible.
Pendant ce temps, la scène culturelle se vide inexorablement. Les théâtres s’apprêtent à tomber les rideaux à l’aune des vacances annuelles aoûtiennes. Des expositions – comme celle de Walid Raad à la galerie Sfeir-Semler – ont été annulées. Des spectacles également, à l’instar de celui de Caracalla, Les Mille et une nuits. Le musée Sursock a décidé de fermer ses portes jusqu’au vendredi 9 août, sans donner de raison précise.
Pour s’aérer un peu les neurones, nous vous proposons une randonnée à Beiteddine, une série sur les crimes en série dans le monde arabe, un beau film - Goodbye Julia - sur les tensions et les espoirs d’un Soudan divisé.
Et pour tenter de comprendre, un peu, comment nous en sommes arrivés là, une lecture essentielle : Histoire de Jérusalem, une bande dessinée historique « sur les routes de la ville sainte » qui relève le défi de résumer 4000 ans d'histoire en quelque 250 pages, quitte à en négliger les 76 dernières années.
Que le conflit soit né à Jérusalem ou pas, il reste aujourd’hui à espérer que l’étincelle qui gravite autour de nous soit celle de l’espoir.
Bonne lecture !
Maya Ghandour Hert
Cheffe du service culturel
OLJ /
le 08 août 2024 à 14h39