Ray Bassil lors d'un entraînement au Liban. Photo Mohammad Yassine
Grosse déception pour la délégation libanaise. Exilée à Châteauroux, dans le centre de la France, où se déroulent les épreuves de tir sportif, Ray Bassil n’a pu faire mieux qu’une 21e place sur les 30 participantes en lice dans le concours de la catégorie « fosse » ou « ball trap » féminin.
Sacrée championne du monde de la discipline en mai dernier en Azerbaïdjan, la tireuse de 35 ans avait affiché ses ambitions de rapporter au Liban sa première médaille olympique depuis le bronze décroché par Hassan Béchara en lutte gréco-romaine aux Jeux de Moscou en 1980. Mais ce rêve s’est envolé mercredi pour le Liban, qui ne peut désormais plus compter que sur Laetitia Aoun pour mettre un terme à ces 44 années de disette. La jeune combattante entrera en lice le 8 août prochain, date du début du tournoi de taekwondo.
Le début d’épreuve était pourtant encourageant pour la tireuse originaire de Batroun (Liban-Nord) : après une première manche bouclée avec seulement deux ratés sur 25 (chaque manche est composée de 25 tirs), puis un sans-faute lors de la 2e, la Libanaise pointait à la 7e place, aux portes de la zone qualificative, avec un bilan de 48 tirs réussis sur 50 tentatives. Les trois premières volées se tenaient mardi après-midi et les deux dernières mercredi matin.
« La dure loi du sport »
Ray Bassil a ensuite enchaîné deux 23/25 de suite avant de lever le pied dans la cinquième et dernière en rendant une carte de seulement 20/25. Une contre-performance à ce niveau-là, puisque l’Espagnole arrivée en tête de ces qualifications, Mar Molné Magriña, a affiché un bilan de 148/150, soit seulement deux ratés. Pour accéder à la finale, Ray Bassil devait obtenir a minima le sixième meilleur total, en l’occurrence 121/125, un score réalisé par l’Australienne Penny Smith, qui a décroché la médaille de bronze au terme de la finale. C’est finalement la Guatémaltèque Adriana Ruano Oliva qui a décroché l’or.
Première libanaise à avoir obtenu son ticket pour les Jeux de Paris, dès octobre dernier, Ray Bassil participait à ses quatrièmes olympiades après Londres, Rio et Tokyo. « J’avais pour objectif et pour espoir d’amener au Liban une médaille olympique, en espérant apporter un petit changement positif dans un pays faisant face à d’immenses défis, encore plus après les récents événements tragiques », a-t-elle écrit sur son compte Instagram, en référence à la frappe meurtrière revendiquée par Israël sur la banlieue sud de Beyrouth mardi soir, dans le cadre du conflit entre le Hezbollah et l'armée israélienne depuis octobre dernier.
« C’est la dure loi du sport, et surtout du ‘trap shooting’, la victoire peut se décider sur un tir... », a-t-elle ajouté. Mais cette désillusion n’empêche pas la tireuse de 35 ans de se projeter vers l’avenir. « Je garde espoir, la prochaine fois sera meilleure. Même si ce rêve de médaille ne s’est pas concrétisé aujourd’hui, je crois fermement qu’il s’accomplira un jour ».



