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Lifestyle - Spectacle

Quand Beyrouth a mal, Mayyas danse

C’est un « come-back » très attendu ce jeudi 1er août au Beirut Waterfront : la troupe de danse libanaise dirigée par Nadim Cherfan, qui a époustouflé le monde, fait son retour sur scène et, pour la première fois, sur la scène libanaise.

Quand Beyrouth a mal, Mayyas danse

Nadim Cherfan durant la conférence de presse. Photo C.E.K.

Mayyas retrouve ses racines, dans une actualité locale et régionale particulièrement douloureuse et chargée. Sa dernière apparition publique remonte à plus d’un an, lors du concert de Beyoncé à Dubaï. Avant cette prestation, les danseuses ensorcelantes de Nadim Cherfan avaient déjà triomphé lors de la 17e saison du télé-crochet America’s Got Talent. Aujourd’hui, c’est à Beyrouth que la troupe exclusivement féminine et 100 % libanaise va libérer son énergie, hypnotisant un public de fans à travers Qoumi (« Relève-toi »), un spectacle de danse théâtral « unique en son genre », lance le chorégraphe.

Certes, ces danseuses ont tenu promesse lorsqu’elles déclaraient dans leur publication Instagram « Liban... nous t’aimons et nous te promettons que ce n’est pas la fin ». Entre les échos des tirs et des roquettes résonnant dans un Liban-Sud meurtri, et une angoisse sourde, leurs mains ornées de bijoux scintillants et de henné vont danser au rythme d’un Qoumi qui tombe à pic. Celles qui ont gagné le cœur de la juge et actrice Sofia Vergara, ainsi que celui de millions de téléspectateurs des quatre coins du monde, s’apprêtent désormais à envoûter le public libanais. Forte de ses 608 000 abonnés sur Instagram, et d’un succès colossal, cette troupe continue alors de séduire les foules, et ses lionnes intrépides persistent sous les feux de la rampe.

Lors d’une conférence de presse tenue mardi 30 juillet au Waterfront en présence des médias, Nadim Cherfan, le chorégraphe et fondateur de Mayyas, s’apprête à répondre aux questions des journalistes qui ne manquent pas de le qualifier de « véritable symbole pour le Liban, un cèdre dans ce pays, surtout en ces temps tumultueux ».

Comme il l’a déclaré, le spectacle, conçu spécifiquement et sur mesure pour la scène beyrouthine, est une œuvre exclusive, jamais présentée ailleurs. « Ce spectacle, c’est l’histoire de Beyrouth et, surtout, la partie d’elle oubliée. Une représentation réaliste de la capitale telle qu’elle est actuellement, fragile et faible, mais tout en lui rappelant que nous sommes à ses côtés. Un véritable témoin de la manière dont nous percevons ce pays et sa situation », confie Nadim Cherfan, en rajoutant : « À la fin du spectacle, Beyrouth aura montré sa force, elle vous aura parlé. »

Pour mémoire

Dans les coulisses de l'incroyable aventure des Libanaises de la troupe Mayyas

Quant à la situation géopolitique inquiétante du pays, Nadim Cherfan ne s’en soucie pas pour autant : « Ceux qui font la guerre et qui tuent ne prennent pas de congé, alors pourquoi les artistes devraient-ils en prendre ? Et puis, si on continue à se dire “peut-être qu’il se passera telle ou telle chose”, on ne vivra jamais. » Mais comment faire? lui demande un journaliste. « Lorsqu’une personne traverse des conditions difficiles, elle doit toujours chercher un halo de lumière pour pouvoir s’en sortir », explique-t-il avec confiance. Ce jeudi, cette lumière jaillira directement de la capitale. Et les critiques ? « Moi, c’est comme ça que je vois l’image du Liban, si quelqu’un en a une meilleure, qu’il nous la montre », rétorque-t-il avec détermination.

« Qoumi », ode à Beyrouth

« Beyrouth est la protagoniste du spectacle », dévoile l’artiste avec un sourire espiègle, « mais elle est accompagnée de quatre femmes libanaises originaires de diverses régions », poursuit-il. Les actrices confirmées Takla Chamoun, Nada Abou Farhat, Cynthya Karam et Carmen Lebbos, bien qu’absentes physiquement de la scène, prêteront leurs voix et incarneront quatre différentes régions du Liban : « Les textes sur lesquels nous travaillons m’ont poussé à choisir la crème de la crème, des personnes reconnues pour leur talent authentique », justifie-t-il.

En effet, sous la plume de l’écrivain et poète Ali al-Mawla, et agrémenté de musiques et de tableaux magiques, le spectacle se distingue par son côté théâtral et intense, « quelque chose d’inédit, et qui, à mon avis, est du jamais-vu », précise le chorégraphe. Habituellement constituée d’une cinquantaine de danseuses, la scène de Mayyas s’apprête cette fois-ci à accueillir près de 100 performeurs, « avec des surprises et plusieurs invités dont la présence vous surprendra, notamment une star libanaise mondiale dont je tairais le nom pour garder la surprise, ainsi que la très talentueuse Abeer Nehme », dit-il. « Elle possède une véritable aura et la présence d’une reine sur scène. Elle joue un rôle essentiel dans le spectacle, elle est la voix de Beyrouth. »

Nadim Cherfan dévoile quelques indices concernant « Qoumi ». Photo C.E.K.

Fruit d’un an de travail acharné et de mois de préparations minutieuses, cette œuvre ne vient pas sans son lot de stress. « Je ne vous raconte même pas… Avec Mayyas, nous avons côtoyé les plus grandes stars mondiales et foulé les plus prestigieuses scènes internationales, mais le stress qu’on vit pour cette pièce qui se tient à Beyrouth est tout autre. Le public libanais est de toute façon plus difficile… » plaisante le chorégraphe. Selon ce danseur originaire de Qartaba, c’est grâce au partenariat entre Mayyas et Velvet Productionz, « main dans la main, de A à Z », que ce spectacle a pu voir le jour.

Après Beyrouth, Nadim Cherfan vise l’international avec son Qoumi. En attendant, rendez-vous jeudi pour 80 minutes de magie et une imagination débordante dans une véritable ode à Beyrouth, que Nadim Cherfan qualifie de «cerise sur le gâteau» de tout son travail. « Préparez vos mouchoirs », prévient-il en guise de conclusion.

« Qoumi » au Beirut Waterfront à partir de 20h30.

Ticket sur Ihjoz.com

Mayyas retrouve ses racines, dans une actualité locale et régionale particulièrement douloureuse et chargée. Sa dernière apparition publique remonte à plus d’un an, lors du concert de Beyoncé à Dubaï. Avant cette prestation, les danseuses ensorcelantes de Nadim Cherfan avaient déjà triomphé lors de la 17e saison du télé-crochet America’s Got Talent. Aujourd’hui, c’est à Beyrouth que la troupe exclusivement féminine et 100 % libanaise va libérer son énergie, hypnotisant un public de fans à travers Qoumi (« Relève-toi »), un spectacle de danse théâtral « unique en son genre », lance le chorégraphe.Certes, ces danseuses ont tenu promesse lorsqu’elles déclaraient dans leur publication Instagram « Liban... nous t’aimons et nous te promettons que ce n’est pas la fin ». Entre...
commentaires (2)

Chapeau à Mayyas!

Wlek Sanferlou

14 h 55, le 01 août 2024

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Commentaires (2)

  • Chapeau à Mayyas!

    Wlek Sanferlou

    14 h 55, le 01 août 2024

  • BRAVO. Alors que les adeptes de la mort sévissent, nous les vrais patriotes libanais continueront à célébrer la vie, la joie et le bonheur qui nous ont toujours distingués, comme un pied de nez aux amateurs de flagellations et de martyrs. La vie, c’est ici bas, personne ne sait ce qu’il y après notre éphémère passage sur terre alors autant profiter en dansant, chantant et buvant jusqu’à plus soif. Tant pis pour les grincheux qui voient en la célébration de la vie un blasphème et qui attendent l’après qui moins sur sûr que leur triste vie.

    Sissi zayyat

    10 h 13, le 01 août 2024

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