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Culture - Initiative

Quand la musique s’invite au Salon de vieilles demeures libanaises

Le Club social Bacchus, fondé par Chloé Fakhoury Kazan, organise un festival itinérant dans des lieux chargés d’histoire.

Quand la musique s’invite au Salon de vieilles demeures libanaises

Les instrumentistes, Rita Asdikian au violon, Angelo Khoury au violoncelle, Joseph Zaarour au clavecin et Farid Rahmé à la flûte à bec, pendant un concert du Club social Bacchus à la bibliothèque municipale de Zouk Mikaël. Photo DR

Le Club social Bacchus a pris naissance après l’explosion au port de Beyrouth, un moment où les ruines de maisons détruites portaient le poids des destins brisés. « Cette période sombre a engendré en nous une vision artistique et humanitaire exceptionnelle, alimentée par la volonté de transformer la douleur en harmonie, les décombres en mélodies vivantes », déclare Chloé Fakhoury Kazan, fondatrice du club qui souhaitait offrir ainsi un « havre de paix et de créativité » aux Libanais qui cherchaient à transcender leurs souffrances. Ressentant « la douleur des Libanais », elle a voulu créer un espace lyrique où la culture puisse se faufiler dans les maisons libanaises, dans un geste rassembleur. « Unir à travers la musique afin d'approfondir notre dimension humaine », semble être le message, assez touchant, de cette initiative.

Chloé Fakhoury Kazan, fondatrice du Club social Bacchus. Photo DR

Pour Chloé F. Kazan, les maisons portent un caractère unique. Chaque année, elle orchestre un ou une série de concert(s) dans un foyer, invitant des personnes à découvrir l’univers et le rêve de quelqu’un d’autre. Le choix du lieu ne se fait pas au hasard. Elle privilégie les demeures ayant un cachet architectural libanais, ces trésors du patrimoine qu'elle souhaite valoriser. « Chaque lieu sélectionné doit avoir certaines caractéristiques, mais l’essentiel est que les propriétaires doivent être ouverts à l'art et la culture et, surtout, à l'accueil des autres », précise-t-elle. L’objectif est donc de convertir la maison en théâtre musical, en salle lyrique, où l'esthétique et le charme sont primordiaux. Les maisons traditionnelles libanaises, même non restaurées après l’explosion au port, conservent une certaine « poétique de l’espace », racontant une histoire intrinsèque. C’est le récit et la qualité de la résonance musicale dans les espaces qui guident le choix des lieux.


L'évolution d'un club social

Depuis 2020, les premiers concerts de musique classique ont été organisés pour rendre hommage aux toits détruits et redéfinir l’espace privé. L’initiative de faire rentrer la culture dans les maisons a évolué au cours du temps, comprenant des concerts au musée national de Beyrouth, dans des théâtres ou des bibliothèques. Cependant, chaque lieu offre une expérience musicale souvent inédite, mais la demeure reste un symbole fort, rempli d'émotions, représentant l'intimité et l'authenticité de ces moments.

Le Club social Bacchus  organise ainsi son premier festival, inspiré par L’Odyssée d'Homère et qui sera désormais un rendez-vous annuel. Chloé F. Kazan vise à y créer un voyage musical similaire à celui d'Ulysse dans lequel il rencontre des créatures et traverse des aventures dangereuses. L’objectif de ce concert est donc de faire voyager les spectateurs à travers la musique et les différents arrangements.

Le festival propose une série de concerts qui s'étalent jusqu’en octobre, débutant avec Artango le 8 août à la galerie d’art Nicole Karam. Ensuite, la Saga du tango, un hommage à Astor Piazzolla, aura lieu le 30 septembre au musée national de Beyrouth. Le 14 octobre, le musée accueillera également  Pergolesi en résonance avec le Stabat Mater. Le 18 octobre, la municipalité de Zouk Mikaël vibrera au rythme du Chant du cèdre, un hommage à la chanson libanaise. Enfin, le 31 octobre, ne manquez pas la projection et la présentation du film Florence Foster Jenkins, une biographie fascinante d’une soprano devenue célèbre pour ses interprétations fausses.

Le Club social Bacchus a pris naissance après l’explosion au port de Beyrouth, un moment où les ruines de maisons détruites portaient le poids des destins brisés. « Cette période sombre a engendré en nous une vision artistique et humanitaire exceptionnelle, alimentée par la volonté de transformer la douleur en harmonie, les décombres en mélodies vivantes », déclare Chloé Fakhoury Kazan, fondatrice du club qui souhaitait offrir ainsi un « havre de paix et de créativité » aux Libanais qui cherchaient à transcender leurs souffrances. Ressentant « la douleur des Libanais », elle a voulu créer un espace lyrique où la culture puisse se faufiler dans les maisons libanaises, dans un geste rassembleur. « Unir à travers la musique afin d'approfondir notre dimension humaine », semble être...
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