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Société - Réseaux Sociaux

Pédopornographie sur TikTok : la justice continue de rassembler le puzzle

Le premier juge d’instruction du Mont-Liban, Nicolas Mansour, a interrogé le 16 juillet quatre détenus et devrait auditionner cinq autres, mardi.

Pédopornographie sur TikTok : la justice continue de rassembler le puzzle

Le logo de la plateforme TikTok affiché sur un smartphone. Photo Antonin Utz/AFP

Deux mineurs, ainsi qu’un chauffeur de taxi et un dentiste, tous détenus dans l’affaire de pédopornographie sur le réseau TikTok qui avait été révélée au grand jour il y a près de trois mois, ont été interrogés mardi dernier (16 juillet) par le premier juge d’instruction du Mont-Liban, Nicolas Mansour. Accompagnés de leurs avocats respectifs, les quatre suspects ont été entendus chacun durant deux à trois heures, indique à L’Orient-Le Jour une source du Palais de justice.

Les investigations du juge Mansour ont montré, ajoute-t-on de même source, que les mineurs interrogés le 16 juillet, ainsi que deux autres adolescents (un Syrien et un Turc) qu’il avait auditionnés une semaine plus tôt, avaient d’abord été victimes des membres du réseau pédopornographique, avant d’en devenir les complices. Ces hommes, dont trois se trouvent à l’étranger et plusieurs autres sont sous les verrous, leur demandaient d’attirer d’autres mineurs sur les réseaux sociaux. Pour ce faire, ils les soumettaient à l’emprise de la drogue, les invitaient à sortir et faire la fête et monétisaient leurs services à travers TikTok (pièces virtuelles convertibles en argent réel).

De hauts revenus

Les données sur TikTok ont ainsi montré que l’un des deux mineurs interrogés mardi dernier avait encaissé environ 70 000 dollars pour avoir piégé d’autres adolescents. Si ce dernier a avoué avoir été effectivement gratifié, il a déclaré avoir été payé « seulement » 27 000 dollars. Selon nos informations, il serait paradoxalement le fils d’un cheikh chiite très pratiquant.

Le financement du réseau était notamment assuré par un dénommé Jay, résidant en Suède, contre lequel la justice libanaise a lancé un mandat d’arrêt international, via Interpol. Un autre membre du gang criminel, alias Steven, se trouverait aux Émirats arabes unis, et un troisième habite également à l’étranger (probablement en Suisse). À l’instar de Jay, ces deux derniers font l’objet d’une notice rouge. Tous trois sont suspectés d’avoir pris part au processus consistant à piéger des mineurs, les violer et vendre à l’international des films de leurs viols, à travers le dark web.

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Les agressions sexuelles répétitives étaient commises dans des chalets, dont le premier a été loué au nom du suspect présumé résidant à Dubaï, selon la source précitée.

Un chauffeur de taxi, auditionné également le 16 juillet, avait été soupçonné par le parquet d’appel de Beyrouth d’avoir assuré le transport des enfants vers les chalets et les en avoir ramenés. Devant le premier juge d’instruction, il n’a vraisemblablement pas admis qu’il faisait partie de la bande organisée. Il a argué que, père de trois enfants, il s’était limité à faire son travail de conducteur de clients. Le chauffeur aurait pourtant été rattrapé par un élément qui contredisait ses allégations, à savoir que son téléphone portable renfermait des vidéos qu’il aurait pris le soin d’effacer, mais que le bureau de cybercriminalité aurait récupérées au cours de son enquête préliminaire menée en mai dernier.

Quant au dentiste interrogé, il aurait harcelé dans sa clinique un adolescent, ce qui serait vraisemblablement sans relation avec le réseau pédopornographique. L’enquête aurait en outre montré qu’il connaît deux ou trois mineurs en lien avec ce réseau, révèle la source citée plus haut.

Outre les six suspects susmentionnés, le juge Mansour avait également auditionné une influenceuse de 19 ans, qui aurait été chargée d’attirer dans ses filets de jeunes usagers de TikTok avant de les livrer aux autres membres du gang pédophile.

Preuves audiovisuelles

Le premier juge d’instruction devrait entendre mardi encore un mineur, ainsi qu’un membre du barreau de Tripoli qui aurait également trempé dans cette affaire. Il a prévu ce même jour l’audition d’un Libanais de 40 ans, propriétaire d’une société de communication, ainsi qu’un Syrien de 39 ans. Le premier est suspecté d’avoir attiré des mineurs et de les avoir « privés de liberté ». Des vidéos montreraient le second en train de demander à des enfants de se déshabiller. Ces quatre suspects sont tous actuellement sous les verrous.

Parallèlement au dossier de TikTok, le juge Mansour aura également à interroger mardi un mineur, qui était l’ami d’un enfant de quinze ans. Ce dernier s’est suicidé parce qu’il aurait été violé et filmé, et que les auteurs du viol l’auraient menacé de publier les images s’il n’acceptait pas de se soumettre à nouveau à leurs desiderata. L’interrogatoire sera mené dans le cadre d’une enquête basée sur une plainte distincte des parents du jeune suicidé.

Il restera au juge Mansour à auditionner deux suspects parmi les membres les plus fortement impliqués dans le réseau de pédopornographie : un coiffeur et un détaillant de vêtements de prêt-à-porter. Le magistrat les avait convoqués dès que le parquet d’appel lui avait transféré l’affaire, mais ils lui avaient aussitôt présenté des exceptions de forme qu’il a rejetées. Ils seront vraisemblablement les derniers à être interrogés au cours d’une séance qui sera fixée ultérieurement.

Une quinzaine d’individus font ainsi l’objet des investigations conduites par le juge Nicolas Mansour, qui devrait au final transmettre le dossier au parquet d’appel pour un avis sans caractère contraignant. Ce n’est qu’ensuite que le premier juge d’instruction aura à rendre son acte d’accusation.

Deux mineurs, ainsi qu’un chauffeur de taxi et un dentiste, tous détenus dans l’affaire de pédopornographie sur le réseau TikTok qui avait été révélée au grand jour il y a près de trois mois, ont été interrogés mardi dernier (16 juillet) par le premier juge d’instruction du Mont-Liban, Nicolas Mansour. Accompagnés de leurs avocats respectifs, les quatre suspects ont été entendus chacun durant deux à trois heures, indique à L’Orient-Le Jour une source du Palais de justice.Les investigations du juge Mansour ont montré, ajoute-t-on de même source, que les mineurs interrogés le 16 juillet, ainsi que deux autres adolescents (un Syrien et un Turc) qu’il avait auditionnés une semaine plus tôt, avaient d’abord été victimes des membres du réseau pédopornographique, avant d’en devenir les complices. Ces...
commentaires (3)

Ces atrocités existent depuis la nuit des temps mais en catimini. Aujourd’hui, grâce aux réseaux sociaux, les mouchards dénoncent les actes abjects

Hitti arlette

14 h 12, le 23 juillet 2024

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Commentaires (3)

  • Ces atrocités existent depuis la nuit des temps mais en catimini. Aujourd’hui, grâce aux réseaux sociaux, les mouchards dénoncent les actes abjects

    Hitti arlette

    14 h 12, le 23 juillet 2024

  • Immonde. A vomir! Combien de vies d’enfants ont été détruites? La seule peine que pourront prononcer les juges est la corde, mais elle est mille fois trop douce!

    Yves Prevost

    07 h 17, le 23 juillet 2024

  • Nous appelons la justice libanaise à faire son œuvre et à prononcer les peines les plus dures pour l'ensemble des participants à ce réseau. La peine de mort est elle applicable dans ce cas ?

    K1000

    01 h 43, le 23 juillet 2024

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