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Monde - France

La présidence de l’Assemblée, une victoire avant tout symbolique pour la macronie

La présidence de l’Assemblée, une victoire avant tout symbolique pour la macronie

Yaël Braun-Pivet (Ensemble pour la République, EPR, ex-Renaissance) a été réélue au perchoir jeudi. Bertrand Guay / AFP

Le camp présidentiel, pourtant arrivé derrière la gauche aux élections législatives, a remporté la présidence de l’Assemblée nationale, une victoire surtout symbolique qui ne préfigure pas forcément d’un futur gouvernement de coalition.

Yaël Braun-Pivet (Ensemble pour la République, EPR, ex-Renaissance) a été réélue au perchoir avec seulement 13 voix d’avance sur le candidat du Nouveau Front populaire, le communiste André Chassaigne qui, à l’unisson de son camp, a crié au « vol » des résultats des élections législatives.

Emmanuel Macron a félicité la gagnante qui veillera, selon lui, « à l’expression de la diversité des sensibilités », alors que l’Assemblée est divisée désormais en trois blocs (gauche, centre et extrême droite), dont aucun n’a la majorité absolue ni de majorité relative forte.

« Le gain est symbolique » pour la macronie, selon le constitutionnaliste Benjamin Morel, parce que le titulaire du perchoir « n’a pas autant de pouvoir qu’on le dit ». Par ailleurs, Mme Braun-Pivet sort « fragilisée », avec une majorité « très volatile » et sans chef de groupe majoritaire identifié sur lequel elle pourrait s’appuyer.

Les groupes du camp présidentiel (EPR, MoDem et Horizons) ne se sont cependant pas inscrits à l’Assemblée dans l’opposition, comme s’ils aspiraient à faire partie de la majorité, contrairement à la Droite républicaine (ex LR) et au groupe indépendant Liot.

Acte de décès

Dans l’entourage du chef de l’État, on rappelle vouloir attendre la structuration de la nouvelle Assemblée, qui s’achève samedi, mais aussi le travail « sur le fond » entamé par les groupes avant d’envisager de former un nouveau gouvernement.

Or l’entente présumée du camp présidentiel avec le groupe de Laurent Wauquiez, qui a retiré son candidat au second tour au profit de Mme Braun-Pivet, fait que les macronistes devront céder à la droite d’autres postes-clés à l’Assemblée. « On aura moins de choses », concède un député EPR.

Et même si « le Pacte législatif » proposé par Laurent Wauquier aboutissait à un pacte de gouvernement sans participation, ce dernier resterait loin numériquement de la majorité absolue (289 élus). Même en ajoutant les 21 députés Liot.

Une alliance avec la droite en outre « trahirait le projet du dépassement » de la macronie originelle, estime l’ancien ministre Clément Beaune, qui plaide pour une coalition allant de François Ruffin (ex-LFI) à Philippe Juvin (Droite républicaine).

L’élection au perchoir vise en fait à « acter l’acte de décès du Nouveau Front populaire à Matignon », analyse un conseiller de l’exécutif. « Il fallait d’abord montrer que la gauche n’avait pas gagné », renchérit un poids lourd de la majorité, sinon Emmanuel Macron, « aurait été obligé de nommer un NFP » au poste de Premier ministre.

Au scrutin pour la présidence de l’Assemblée, les macronistes, la droite et Liot ont réuni « plus de voix » que la gauche, a d’ailleurs pointé l’ex-Première ministre Élisabeth Borne vendredi sur RTL.

Mauvais esprit

En outre, le troisième tour de cette élection a montré que « l’abstention bienveillante du Rassemblement national n’est jamais acquise », puisque l’extrême droite s’est maintenue, et que l’alliance de gauche a « tenu malgré tout », voire s’est « solidifiée dans l’opposition » après son échec, analyse Benjamin Morel. « La perspective d’une dislocation du NFP et d’un rapprochement du PS » avec la macronie pour éventuellement gouverner ensemble « n’a pas fait de progrès » jeudi.

L’élection de Mme Braun-Pivet a aussi « enterré le front républicain », qui a pourtant permis à plusieurs macronistes d’être élus députés et aurait pu être la base d’une coalition gouvernementale, observe le politologue Vincent Martigny.

Un proche d’Emmanuel Macron assure « qu’on a déjà dialogué avec la droite républicaine pour la présidence de l’Assemblée et qu’on est ouvert (à d’autres) parmi les forces républicaines ».

Mais pour M. Martigny, « c’est le mauvais esprit du dépassement en disant : « Travaillons avec ceux qui veulent travailler avec nous » ».

La gauche s’est, elle, montrée « incapable d’élargir sa base » – André Chassaigne n’a gagné que 7 voix entre le premier et le troisième tour – pour éventuellement « nouer un partenariat » avec l’aile gauche de la macronie, observe ce professeur de sciences politiques.

Il faudra donc au final « des ministres moins politiques », ajoute une source gouvernementale. Voire de simples « personnalités ».

Anne RENAUT/AFP

Le camp présidentiel, pourtant arrivé derrière la gauche aux élections législatives, a remporté la présidence de l’Assemblée nationale, une victoire surtout symbolique qui ne préfigure pas forcément d’un futur gouvernement de coalition.Yaël Braun-Pivet (Ensemble pour la République, EPR, ex-Renaissance) a été réélue au perchoir avec seulement 13 voix d’avance sur le candidat du Nouveau Front populaire, le communiste André Chassaigne qui, à l’unisson de son camp, a crié au « vol » des résultats des élections législatives.Emmanuel Macron a félicité la gagnante qui veillera, selon lui, « à l’expression de la diversité des sensibilités », alors que l’Assemblée est divisée désormais en trois blocs (gauche, centre et extrême droite), dont aucun n’a la majorité absolue ni de majorité relative...
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