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Moyen-Orient - Conflit

Que sait-on sur la « Résistance syrienne pour la libération du Golan » ?

Le groupe, qui n'aurait pas de réel poids sur le terrain, aurait été dirigé à un moment par Samir Kantar, un ancien prisonnier en Israël ayant rejoint les rangs du Hezbollah.

Que sait-on sur la « Résistance syrienne pour la libération du Golan » ?

Des drapeaux syriens aperçus dans la localité de Aïn el-Tiné, non loin de la frontière avec le Golan annexé par Israël, le 26 mars 2019. Louai Bechara/AFP

Un groupe armé peu connu, la Résistance syrienne pour la libération du Golan, fait parler de lui depuis quelques jours. C'est l'assassinat lundi de Bara' Katerji, un homme d'affaires syrien proche du président Bachar el-Assad, qui a remis ce nom sur le tapis. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Katerji était responsable, depuis deux ans, du financement de ce groupuscule fondé par le Hezbollah et qui mène des opérations contre l’État hébreu depuis le sud de la Syrie, selon l'ONG basée au Royaume-Uni mais qui dispose d'un vaste réseau de sources sur le territoire syrien.

Qui est cette faction et pourquoi l'un de ses responsables a-t-il été visé par une frappe israélienne ? Selon des informations concordantes, le groupe aurait été créé par le Hezbollah en 2013, au moment où le mouvement reconnaissait officiellement sa participation à la guerre en Syrie auprès du régime. Son objectif : lancer des opérations sur le plateau du Golan occupé et annexé par Israël.

Mais selon un article du think tank Washington Institute for Near East policy, la naissance du groupe remonterait plutôt à 2006, quelques semaines après la guerre qui avait opposé le Hezbollah à Israël. L'annonce de sa création avait fait suite à un discours de Bachar el-Assad, le 15 août 2006, dans lequel le président syrien avait dit son admiration pour le parti chiite libanais, rapporte le Washington Institute. « Peu après ce discours, un membre du parti Baas (au pouvoir en Syrie) a annoncé que la Résistance syrienne pour la libération du Golan, qui est autorisée par l’État, se battra contre Israël en utilisant les tactiques du Hezbollah », explique le think tank dans un article publié en 2006.

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Sans réel pouvoir ni structure

Contacté par L'Orient-Le Jour, le politologue Makram Rabah minimise l'importance de cette faction, affirmant qu'il s'agit d'une « petite cellule qui n'arrive pas à recruter ». « Ce groupe est formé de dirigeants sans réel pouvoir ni structure. Le groupe est proche des gardiens de la révolution iraniens. Il tente de monter des cellules, mais sans succès », révèle-t-il. Le politologue estime par ailleurs que le seul but de cette faction « est de faire acte de présence face à Israël ». Le groupe serait formé de Syriens et de miliciens du Hezbollah rémunérés pour leurs services.

Pourquoi Israël aurait-il alors tué un responsable rattaché à une faction sans poids véritable sur le terrain ? « Les Israéliens tuent ceux qu'ils voient bouger pour tenter de monter quelque chose », explique Makram Rabah, tout en écartant toutefois la possibilité d'une ouverture d'un front au niveau du Golan. « Il y a toujours un certain danger au niveau du Golan, mais pas autant qu'au Liban. La Résistance syrienne pour la libération du Golan est présente sur place mais elle n'est pas sérieuse », estime-t-il, avant d'ajouter : « Ce qui est certain, c'est que les alliés de l'Iran sont infiltrés, ce qui a facilité l'assassinat de Katerji. »

Contactée par L'OLJ, une porte-parole du Hezbollah n'était pas disponible pour commenter. Un analyste proche du parti chiite n'était pas en mesure non plus de fournir plus d'informations au sujet de cette faction. 

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Sous la direction de Samir Kantar  

Ce n'est autre que Samir Kantar, le « doyen des prisonniers libanais en Israël », qui aurait dirigé à un moment la Résistance syrienne pour la libération du Golan, selon des informations de l'OSDH, et ce jusqu'à sa mort en 2015, dans un bombardement au sud-est de Damas. Peu de temps auparavant, les États-Unis avaient placé cette figure proche du parti chiite, qui avait passé 28 ans dans une prison israélienne, sur leur liste noire du terrorisme, soulignant que Kantar avait « joué un rôle opérationnel, avec l’aide de l’Iran et de la Syrie, dans la construction de l’infrastructure terroriste du Hezbollah sur le plateau du Golan ».

Dans un article publié quelques mois avant la mort de Samir Kantar, le quotidien panarabe al-Chark al-Awsat expliquait le rôle de Kantar au sein de cette faction, dont les membres auraient été formés au Liban et en Iran et dirigés par le Hezbollah. 

Samir Kantar, de confession druze, aurait été dépêché début 2014 dans certains villages druzes syriens du Golan, du Rif de Damas et de Soueida pour tenter de recruter des combattants, mais sans succès. Il aurait malgré tout réussi à l'époque à enrôler plus de 120 hommes parmi d'anciens « chabbiha » du régime Assad. Le groupe aurait participé à plusieurs opérations sous les ordres de Kantar, mais aucun leader d'envergure n'a été annoncé depuis la mort de ce dernier.

Un groupe armé peu connu, la Résistance syrienne pour la libération du Golan, fait parler de lui depuis quelques jours. C'est l'assassinat lundi de Bara' Katerji, un homme d'affaires syrien proche du président Bachar el-Assad, qui a remis ce nom sur le tapis. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Katerji était responsable, depuis deux ans, du financement de ce groupuscule fondé par le Hezbollah et qui mène des opérations contre l’État hébreu depuis le sud de la Syrie, selon l'ONG basée au Royaume-Uni mais qui dispose d'un vaste réseau de sources sur le territoire syrien.Qui est cette faction et pourquoi l'un de ses responsables a-t-il été visé par une frappe israélienne ? Selon des informations concordantes, le groupe aurait été créé par le Hezbollah en 2013, au moment où le mouvement...
commentaires (2)

Non, Lazare, en 1979 Kuntar a fracassé la tête de la petite Einat Haran avec la crosse de son fusil après avoir massacré son papa sous ses yeux. Cet acte héroïque a échappé à l'auteur de l'article. Il faudrait que l'OlJ choisisse entre le camp de l'humanité et celui de la barbarie et qu'il se tienne à son choix. Journaliste sur la frontière

Stephane Juffa

09 h 48, le 18 juillet 2024

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Commentaires (2)

  • Non, Lazare, en 1979 Kuntar a fracassé la tête de la petite Einat Haran avec la crosse de son fusil après avoir massacré son papa sous ses yeux. Cet acte héroïque a échappé à l'auteur de l'article. Il faudrait que l'OlJ choisisse entre le camp de l'humanité et celui de la barbarie et qu'il se tienne à son choix. Journaliste sur la frontière

    Stephane Juffa

    09 h 48, le 18 juillet 2024

  • Samir Kantar a été oblitéré par l'armée israélienne. Pour rappel en 1979, il a tué un civil israélien d'une balle dans la tête et a fracassé la tête de sa fille de 4 ans sur un Rocher.

    Dorfler lazare

    00 h 32, le 18 juillet 2024

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