Rechercher
Rechercher

Société - Coopération

La France a investi 35 millions d’euros dans le secteur de l’éducation au Liban en 2023

Le programme d’urgence est en voie d’extinction. Paris accompagne désormais les autorités dans la réforme et les actions structurantes.

La France a investi 35 millions d’euros dans le secteur de l’éducation au Liban en 2023

De g. à dr. : Sabine Sciortino, Loubna Abi Khalil et Ludovic Zmitrowicz. Photo AMH

Profondément touché par la pandémie de Covid-19, par l’explosion au port le 4 août 2020 et par l’effondrement financier et économique du pays depuis cinq ans, le secteur de l'éducation au Liban n’a d’autre alternative que de se réformer pour former les citoyens de demain, et il ne doit plus compter sur les aides d’urgence versées par Paris et la communauté internationale. La France, elle, a la profonde conviction que, dans ce Liban en crise, il se passe des choses importantes au sein de ce secteur. 

Le soutien de la France à l’éducation au Liban était ainsi au cœur d’une rencontre informelle mercredi entre la presse et divers acteurs français au Liban, représentés par l’ambassade de France et l’Agence française de développement (AFD). En 2023, ce soutien à l’éducation et à la formation professionnelle a atteint 35 millions d’euros, soit 35 % de l’aide française au pays du Cèdre, selon les données fournies par l’ambassade de France.

« Nous soutenons le système éducatif dans sa globalité, qu’il soit public ou privé, sachant que le système privé qui scolarise les deux tiers des élèves exerce pour partie une mission de service public », explique Sabine Sciortino, directrice de l’Institut français du Liban et conseillère de coopération et d’action culturelle, qui évoque trois groupes de soutien : en sus des besoins d’urgence auxquels il a répondu au pic de la crise, cet appui se tourne désormais vers des actions durables (reconstruction, énergie solaire, par exemple), tout en privilégiant la francophonie et le plurilinguisme (réseau des établissements homologués).

Reconstruction des bâtiments scolaires détruits par l’explosion au port

Pour empêcher le secteur éducatif de s’effondrer, la France s’est d'abord engagée dans l’urgence et sur plusieurs fronts, face à la destruction de bâtiments scolaires le 4 août 2020, à l’exode des élèves et des enseignants et à la baisse du niveau de l’éducation. « Nous avons œuvré à améliorer les conditions d’accueil des écoles publiques pour garantir l’accès à l’éducation des élèves les plus vulnérables, note Henry Simonin, conseiller humanitaire auprès de l’ambassade », notamment à l'aide d'initiatives telles que « la contribution aux salaires des enseignants du public, la distribution de kits hygiéniques aux filles ou l’aide aux transports », note-t-il. Toujours à l’étude, l’aide à l’alimentation scolaire dans les écoles publiques, en collaboration avec le ministère de l’Éducation, le Programme alimentaire mondial (PAM), l’Unicef et les Organisations caritatives chrétiennes orthodoxes internationales (IOCC) devrait toucher 85 000 élèves dans 172 écoles.

Lire aussi

Au bac français édition 2024, les candidats du Liban « très satisfaisants » comme toujours

À travers l’AFD, « la France a de plus accordé des aides à 32 établissements scolaires publics et privés pour un total de 9 millions d’euros, afin de leur permettre de reconstruire leurs bâtiments détruits par l’explosion du port », détaille Loubna Abi Khalil, chargée de mission auprès de l’AFD. Paris a enfin accordé aux familles les plus paupérisées des aides à la scolarité leur permettant de maintenir leurs enfants dans les écoles privées, homologuées ou non. « Plus de 130 000 élèves ont bénéficié de cette aide d’un montant total de 25 millions d’euros », souligne Sabine Sciortino.

En parallèle, Paris accompagne les autorités dans les réformes de l’éducation qu’il s’agisse de missions d’expertise auprès du CRDP (Centre de recherche et de développement pédagogique) pour le développement des nouveaux curriculums, de la formation d’enseignants libanais ou du financement de filières techniques de qualité favorisant l’employabilité des jeunes Libanais. D’autant que le programme d’urgence est en voie d’extinction.

140 écoles équipées de panneaux photovoltaïques

De plus, l’aide à la solarisation des bâtiments scolaires touche désormais 140 institutions. Elle permet à la fois aux établissements de revoir leur modèle économique pour gagner en autonomie et aux apprentis techniciens de parfaire leur apprentissage dans le domaine des panneaux photovoltaïques. « L’installation de panneaux photovoltaïques devrait permettre notamment aux établissements de réaliser des économies de carburant et de mieux payer leurs enseignants », observe Sabine Sciortino. « L'installation de panneaux photovoltaïques à grande échelle permet aussi la création de nouvelles filières professionnelles pour les jeunes, favorisant leur insertion dans le marché du travail. Plusieurs programmes de la France, notamment sur le financement de l'AFD, y contribuent », ajoute-t-elle. 

Lire aussi

La France soutient 50 établissements scolaires libanais, dont 13 publics

C’est dans ce cadre que la France poursuit son soutien à la francophonie au Liban. Ludovic Zmitrowicz, attaché de coopération pour le français, rappelle que « le réseau des établissements homologués du Liban est le plus grand au monde, avec 64 établissements à programme français et 62 000 élèves, soit 6 % des élèves scolarisés au Liban ». Plus globalement, « 122 000 élèves sont scolarisés dans le réseau des écoles homologuées et labellisées (CELF et LFE) du Liban, soit 12 % des écoliers du pays ». 

Et pour encourager les institutions scolaires anglophones à enseigner le français, un nouveau label est en voie de développement, le CELF-A, avec pour vision de préserver le plurilinguisme. 

Profondément touché par la pandémie de Covid-19, par l’explosion au port le 4 août 2020 et par l’effondrement financier et économique du pays depuis cinq ans, le secteur de l'éducation au Liban n’a d’autre alternative que de se réformer pour former les citoyens de demain, et il ne doit plus compter sur les aides d’urgence versées par Paris et la communauté internationale. La France, elle, a la profonde conviction que, dans ce Liban en crise, il se passe des choses importantes au sein de ce secteur. Le soutien de la France à l’éducation au Liban était ainsi au cœur d’une rencontre informelle mercredi entre la presse et divers acteurs français au Liban, représentés par l’ambassade de France et l’Agence française de développement (AFD). En 2023, ce soutien à l’éducation et à la formation...
commentaires (2)

MERCI LA FRANCE!

Sissi zayyat

18 h 26, le 13 juillet 2024

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • MERCI LA FRANCE!

    Sissi zayyat

    18 h 26, le 13 juillet 2024

  • ERCI LA FRANCE!

    Sissi zayyat

    18 h 26, le 13 juillet 2024

Retour en haut