Des bacheliers libanais planchent sur l’épreuve de philosophie en 2019. Photo d'archives AFP
Les élèves du Liban ont l’habitude de briller au baccalauréat français. Et le cru 2024 ne déroge pas à la règle, affichant fièrement un taux de réussite de 98,80 %, un brin supérieur à l’année précédente (98,68 %). Sur 3 261 candidats en effet, 3 222 ont été reçus, dont 144 avec les félicitations du jury pour une moyenne générale supérieure ou égale à 18/20, et 614 avec la mention très bien et une moyenne générale à partir de 16/20, selon les chiffres communiqués par l’ambassade de France. Seuls 38 candidats ont été refusés après l’oral et une candidate absente a été admise à se présenter à la session de septembre.
« Les résultats sont très satisfaisants, cette année. Les chiffres en attestent », commente pour L’Orient-Le Jour Isabelle Picault, conseillère adjointe de coopération et d’action culturelle chargée de l’enseignement du français au Liban, auprès de l’ambassade de France. « Un(e) candidat(e) a même obtenu un 20/20 en philosophie », révèle-t-elle, éblouie. Dans un contexte d’élargissement de la guerre de Gaza au Liban-Sud depuis le 8 octobre 2023 et de crise multiforme sévère qui affecte le niveau de l’éducation du pays depuis 2019, le constat est rassurant.
Le bac français séduit davantage chaque année
Il est la preuve que l’enseignement français se porte encore bien au Liban, et continue de séduire malgré la baisse de l’engouement pour la langue de Molière à l’école au fil des années, au profit de l’anglais. Une baisse qui se concrétise par l’enrôlement durant l’année scolaire 2022-2023 de 493 737 élèves dans l’enseignement francophone et de 585 311 élèves dans l’enseignement anglophone, contre respectivement 557 233 et 508 257 en 2016-2017, selon les chiffres du Centre de recherche et de développement pédagogiques (CRDP) rattaché au ministère de l’Éducation.
À cela « s’ajoute une progression régulière de 10 % du nombre de passations au baccalauréat français, aux épreuves anticipées et au diplôme national du brevet, qui promet de s’accentuer encore plus l’année prochaine », révèle encore Isabelle Picault. Rien qu’au bac français, l’année scolaire 2022-2023 comptait 3 037 candidats et l’année précédente, 2 773.
Le nombre d’établissements à programme français demeure pourtant stable, avec « 64 établissements scolaires à programme français dont 34 sont homologués jusqu’à la terminale ». « Nous constatons cependant une augmentation du nombre de candidats libres, issus d’établissements non homologués », note la conseillère adjointe. Une réalité qui résulte très probablement de la baisse de confiance dans le diplôme libanais de fin d’études.
Première édition du BFI au Liban
L’édition 2024 du bac français au Liban se distingue par une approche innovante. Une première d’abord, l’introduction du baccalauréat français international (BFI), un diplôme de fin d’études scolaires délivré par l’État français et l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). « Le lancement au Liban de la première édition du BFI a encouragé cinq établissements homologués à présenter cette année leurs premiers candidats à ce diplôme d’une grande richesse, soit un total de 67 sur les 3 261 candidats », précise Isabelle Picault. (Il s’agit généralement d’élèves qui ont plus de facilités que d’autres, NDLR). Parmi eux, 8 ont obtenu les félicitations du jury et 25 la mention très bien. « L’année prochaine, quatre établissements scolaires supplémentaires rejoindront ce parcours », promet-elle.
L’intérêt du BFI pour l’élève réside dans « le parcours d’excellence » qu’il propose, un parcours trilingue ou quadrilingue qui favorise le plurilinguisme avec le français comme langue d’apprentissage, assorti d’un approfondissement culturel, de connaissance du monde, et de l’acquisition de disciplines non linguistiques comme les maths dans une autre langue que le français. Il est aussi une réponse au bac international (IB) qui attire chaque année davantage de candidats anglophones au Liban. « Ce parcours est une porte d’entrée garantie vers les universités internationales les plus prestigieuses », assure la conseillère adjointe, évoquant un « panel de possibles qui répondent à une demande sociétale ». Parmi les langues sélectionnées au Liban par les candidats, il y a certes l’arabe et l’anglais (ou l’américain), mais il y a aussi les langues dites « rares », comme le russe, l’arménien ou l’allemand.
Autre caractéristique du bac français, les aménagements dont peuvent disposer les candidats en situation de handicap. « Nous disposons de 270 dossiers de candidats en aménagement, cette année. Ces élèves présentent différentes formes de handicaps physiques ou de problèmes psychiques », affirme Isabelle Picault. Dès le début de l’année, des réunions sont conduites avec des médecins pour aménager les épreuves de terminale de chaque candidat à besoins spécifiques. Certains sont dispensés des épreuves sportives, d’autres autorisés à utiliser l’ascenseur, d’autres encore peuvent recourir aux services d’une secrétaire, bénéficier d’un temps supplémentaire ou être installés dans une salle isolée, toujours avec un(e) surveillant(e)… « Le processus est expertisé. Mais les conditions de passation restent les mêmes que les autres candidats », résume la responsable.
Dix-sept centres d’épreuves répartis sur l’ensemble du pays ont accueilli les 3 261 candidats du Liban cette année, dont deux au Liban-Sud, à Habbouche et à Tyr. « De plus, pour faciliter le travail de correction et éviter la fraude ou la perte de copies, cinq centres de numérisation des copies d’examen ont été aménagés sur le territoire libanais », souligne Mme Picault, évoquant un processus mis en place en 2015 qui permet la centralisation des données sur une plateforme nationale, l’accélération du fonctionnement et l’équité entre les élèves.




Félicitations pour ses excellents résultats Nous sommes fiers de vous et également vos parents Grâce aux étudiants qui vous ressemblent que le drapeau de la francophonie demeure brandit
00 h 54, le 07 juillet 2024